PREFACE IMPORTANTE SUR LE CONTEXTE

 

Avant de vous lancer dans la première partie de la très, très... très longue histoire de Théodren, je dois vous faire comprendre le contexte de son histoire.

Tout d'abord, il me faut vous définir ce qu'est l'Héroic fantasy, si vous ne connaissez pas ce genre de roman (honte à vous !). C'est un genre de plus en plus répandu et sa notoriété s'est incroyablement développée depuis quelques années au sein de la jeunesse. Généralement, un roman d'Heroic fantasy se déroule dans un monde parallèle au notre, mais qui a pris une voie de développement différente à l'aube de la civilisation, comme par exemple à cause de la magie souvent présente dans ce genre. Du coup, des évènements différents se sont produits et vous pourrez voir des races extraordinaires, des paysages magnifiques, des armures et des machines incroyables, de la magie, etc.

Généralement encore, l'Heroic fantasy se situe durant une période qui correspondrait à notre moyen-âge. Mais l'histoire de Théodren commence vers ce qui correspond à l'antiquité. L'artisanat y est très évolué mais encore au stade expérimental : des idées incroyables sont souvent inventées mais rares sont celles qui tiennent debout !

Pas la peine de vous dire que dans ce genre, on y raconte des aventures héroïques et fantastiques, puisque c'est la raison pour laquelle on a donné ce nom au courant..

Au niveau de mon roman, l'histoire se déroule en l'an 216 du calendrier de Medivh, soit 416 ans après l'utilisation du fer par les hommes, ancêtres des Titans, après leur rencontre avec les elfes qui leur enseignèrent les fondations de la civilisation.  La civilisation humaine n'est donc pas encore très développée. Ce fut le seigneur Barback, le plus pacifiste des anciens seigneurs barbares humains qui fit la première rencontre paisible avec les Elfes. Son royaume se développa au Nord de Marivelnia, la seule terre que connaissent les hommes, et y répandit la civilisation. Avec le temps son territoire fut nommé "le royaume écarlate", en raison des planches de bois rouges qui étaient utilisées pour la construction des villes. La civilisation se répandit à travers la moitié de la population humaine, et ils se développèrent à une vitesse fulgurante, construisant des forteresses et créant des royaumes sur une grande partie de Marivelnia. Quelques royaumes barbares subsistent encore, mais le danger principal est le nombre inquiétant de groupes de bandits au sein des royaumes, avec notamment les deux grands clans rebelles localisés dans le royaume d'Eselphys : les Mérias et les Masques d'argent.

Théodren espère vivre des combats glorieux et épiques et compte bien commencer par prouver sa valeur contre ces bandits. Il est néanmoins inquiet au sujet de la magie, qui n'était alors limité qu'à un ordre chamanique elfique. Il y a une centaine d'années, la magie connut une progression fulgurante, et d'incroyables pouvoirs ont étés découverts chez certains individus, remettant en cause la puissance des simples guerriers, qui sont généralement contre la pratique de la magie.

Théodren est le fils d'un fermier et d'une couturière, vivant à Mentios, un petit village agricole. Assez riche, son père a accepté de payer une formation martiale à Théodren sous l'insistance de sa femme et de ses deux fils. Théodren rêve de devenir un héros depuis que son père lui raconte des histoires fantastiques mettant en valeur de braves guerriers se battant contre les créatures les plus hostiles. Il reçut une formation de deux ans dans la caserne du village de Lobon ou il se révéla extrêmement motivé et ou il devint un des meilleurs apprentis.

L'histoire débute au terme de ces deux années, le jour même de l'examen permettant aux jeunes novices de devenir des soldats du royaume d'Eselphys.

Vous connaissez maintenant tout ce que vous devez savoir avant de vous plonger dans le texte, mais pour finir, je vais vous présenter rapidement les personnages principaux.

-Théodren, 16 ans, courageux, vaillant mais prétentieux. Il veut à tout prix devenir un héros et être reconnu par tous. Il aime les combats et le sport. Il est plutôt petit et, et cela l'irrite.

-Philitus le Solitaire, 17 ans, est son meilleur ami. Ses parents artisans sont morts lors d'un incendie. C'est à partir de ce jour qu'il décida de vouer sa vie à la protection des citoyens. Ainsi, il suit la même formation que Théodren. Sa vie solitaire l'a rendu extrêmement cultivé. Sa sœur s'est à l'inverse réfugiée dans le vol, au sein d'un groupe de bandits.

-Faëlgins le Digne, 34 ans, capitaine de l'armée d'Eselphys et recruteur de l'armée. C'est lui qui va sélectionner les apprentis qui pourront rejoindre les rangs. Il est noble mais lassé par la guerre.

-Artor de Feu, 48 ans, ancien combattant passionné du combat. Après avoir été gravement brûlé lors du siège de la forteresse de Brillant, il s'est reconverti dans une activité plus calme : l'entrainement de novices pour la guerre dans la caserne du village Lobon. C'est le maitre de Théodren et de Philitus.

Voilà, j'ai essayé de faire le plus concis possible et le plus clair mais je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter quelques détails sur le monde (quand on aime on ne compte pas) ! Je créerais une annexe à la fin du roman pour vous raconter plus en profondeur l'histoire du monde de Marivelnia. Vous pouvez maintenant lire le roman la tête un peu plus au clair, en espérant que vous ayez une mémoire assez performante pour avoir enregistré un maximum d'éléments !

 

CHAPITRE I : L'EXAMEN


Théodren se levait dans le noir, pesant, du dortoir de la caserne. Il était rare qu'il se couche si tôt et il ressentait son corps de façon inhabituelle. Ses muscles correctement reposés lui conféraient l'impression d'être dramatiquement faible et sans énergie. La paille sèche de sa couche lui avait laissé des traces rouges dans le dos. Il se demanda si il avait bien fait d'écouter son maître d'armes Artor, qui l'avait incité a dormir et a reposer ses muscles avant l'examen. La lumière l'éblouissait comme jamais. Il fit une grimace pour faire claquer sa mâchoire tout en organisant intérieurement son emploi du temps de la matinée. Une fois s'être rappelé qu'aujourd'hui avait lieu son examen, et que c'était justement pour cela qu'il avait dormi comme jamais, il soupira et jeta un œil embué vers le rai de lumière qui s'infiltrait dans la pénombre, entre les volets de bois de la petite fenêtre au dessus de son lit. Il essaya de combattre l'éblouissement du réveil et entendit quelques apprentis commencer à s'agiter sur leur paillasse. le maitre d'armes Artor n'allait pas tarder à venir réveiller les retardataires. Théodren remit en place ses longs cheveux noirs et fins, puis fit jouer ses muscles pour les réveiller.

Avec sa vivacité retrouvée, Théodren sauta de son lit et sortit du dortoir à petits pas rapides. Il admira les pierres magnifiquement taillées des murs, blanches, aux surfaces polies et droites,  et se demanda comment l'homme pouvait faire un travail aussi sophistiqué. Son ventre émit un borborygme. Théodren ne dormait certes pas souvent, mais c'était un grand mangeur; aussi se dirigea t-il vers la salle des repas, qui conservait une odeur appétissante à toute heure grâce au manque d'aération. Par la porte entrouverte il aperçut Maëline, une autre apprentie châtain au style vaguement garçon et à la mâchoire forte, que Théodren admirait. Il calquait sa façon de vivre pour devenir comme elle. Elle se couchait tard, se levait tôt, pratiquait des exercices de musculation à chaque pause. Théodren tâchait d'en faire de même et en était très fier. Il pensait être plus fort qu'elle, mais n'arrivait pas à tenir un rythme de vie aussi rude que le sien.

Le maître d'armes Artor, comme à son habitude, vint d'abord saluer en silence les apprentis dans la salle des repas, avec sa moitié de crâne chauve et brûlée et ses nombreuses cicatrices qui effrayaient les futurs soldats, puis se dirigea vers ceux du dortoir. Pourtant ce n'était pas un jour habituel. Théodren s'assit à côté de Maëline, qui lui sourit. Elle n'était pas très belle avec ses muscles énormes et ses veines saillantes parcourant ses bras, mais elle s'en moquait. "Je me trouverai bien un gros paysan costaud qui fera vivre la ferme pendant que je serais au combat !" répétait-elle sans cesse. Théodren était sur qu'elle serait première à l'examen. Oui... l'examen commençait ce jour-là ! L'instant de vérité pour Théodren. S'il le réussissait, il allait devenir un soldat et enfin pouvoir prouver sa vaillance, et il comptait bien atteindre son rêve ultime : devenir un guerrier craint et respecté de tous. Maëline, voyant Théodren commencer à s'agiter, lui prit la main et lui dit :

"Serais-tu inquiet pour l'examen? Tu es l'un des meilleurs d'entre nous, il n'y a aucun risque que tu échoues ! Tu es le plus résistant, le plus rapide, un des plus forts des élèves! Toi qui es d'habitude si crâneur et fier, tu douterais de toi? Le visage de Théodren se transforma en grand sourire.

-Non ! mais si je réussis j'aurais la preuve que je suis un des meilleurs... c'est assez excitant ! Et puis je suis exalté de devoir me donner à fond, juste un jour, avec toutes les préparations nécessaires d'échauffement, de repos. Puis ça devrait être un tournant dans notre vie, on va enfin sortir de ce coin paumé pour vivre notre vie ! répondit-il.

-Il ne faut pas que tu envisages la journée comme ça ! Dis toi que ce n'est qu'un cours comme les autres où tu dois impressionner les autres. Penser que notre destin va se jouer aujourd'hui n'aura pour conséquence que de l'inquiétude." Cette réponse fit réfléchir Théodren quelques minutes et Maëlina reprit son repas en attendant que Théodren eut fini de réfléchir avant de reprendre la conversation.

C'est alors que Philitus, le meilleur ami de Théodren, déboula dans la salle des repas, ses cheveux blonds et épais encore plus mal coiffés qu'à l'ordinaire.

"Par les dieux !!! C'est l'examen ! Magnez vous on a plus qu'une heure pour se chauffer ! Mais dépêchez vous, arrêtez de manger vous allez vous alourdir ! Viiiiiiiiiiiiiite !!!" Théodren le regarda d'un air exaspéré, saisit quelques morceaux de nourriture et suivit son ami jusqu'à la cour de la caserne en promettant à Maëline de le calmer. Il se sentait las. C'était toujours comme ça aux grands examens, leur avait dit leur maitre d'armes  Artor. Il n'avait envie de rien. Il serait bien resté sur son lit dans le dortoir...

Il aurait d'ailleurs mieux fait d'y rester ce jour là.

Il se remémora le programme organisé par le maître d'armes Artor et le capitaine Faelgins. En premier, des exercices de musculation. En deuxième, une course très longue, avec peut être une épreuve de survie dans la forêt. En troisième, un duel contre le maître d'armes. Plus qu'une demi-heure maintenant et c'était le moment du rassemblement. Philitus frappait sans relâche de ses poings contre des pauvres mannequins de bois, et Théodren n'était pas sur que ce soit une bonne idée...

"Tu es en forme on dirait, Philitus le solitaire ! lança Théodren en s'appuyant sur un des mannequins.

-Heureusement ! Attends... Tu es encore en train de manger !" Philitus lança un violent coup de poing contre son mannequin qui se brisa, puis il s'esclaffa.

"Tu me surprendras toujours, Théodren de Mentios. On dirait que tu fais tout pour rendre les épreuves plus difficiles !

-Pas du tout, je prends juste de l'énergie avant de me dépenser.

-Au moins, tu as dormi", conclut Philitus en martelant un nouveau mannequin. Voyant que Philitus était très concentré, Théodren en profita pour avaler un morceau de pain.

 

***

 

"RASSEMBLEMENT ! C'EST L'HEURE !" Les apprentis se réunirent très vite devant le capitaine Faelgins et le maître d'armes Artor, juchés sur un promontoire en bois destiné à les rendre plus autoritaires. Maëline et son amie Aëlie murmurèrent quand Faelgins se présenta : il était fort bien fait et se tenait noblement, avec un regard perçant qui effrayait les hommes. Ses cheveux blonds tombaient en cascade ondulée jusqu'à son cou. Philitus étouffa un rire quand il entendit les deux amies faire l'éloge du capitaine; il aurait de quoi les embêter aprés l'examen. En attendant, les apprentis devaient rester sérieux et droits comme des piquets, sondés par le regard de fer de Faelgins, qui s'arrêta un instant sur Philitus qui avait du mal à ne pas sourire.

"Bien, commença le maître d'armes, je suppose que je vous ai assez répété le déroulement de l'examen pendant l'année, donc nous laissons immédiatement place aux épreuves, vous n'aurez que plus de temps pour faire la dernière ! Allez, courage, songez que si vous réussissez vous pourrez combattre vaillamment sous les couleurs de notre magnifique royaume d'Eselphys. Pratiquez avec honneur ce que je vous ai appris, mes fils." Théodren observa les treize autres disciples pour observer leur émotion. Certains commençaient déjà a suer d'inquiétude, d'autres se fichaient pas mal de l'examen et n'étaient là que pour s'endurcir, attendant les épreuves de l'an suivant, sachant qu'ils n'étaient pas encore assez doués pour réussir celles de cette année. Il avait toutes ses chances, en somme. Il observa ensuite Maëline, calme et sereine. Il fit craquer son cou, et commença les épreuves musculaires. Les candidats autour de lui commencèrent vite à souffler comme un troupeau de taureaux, mais lui s'imaginait qu'il était léger comme l'air, et son cerveau y croyait. Il se concentrait sur les herbes hautes qui glissaient sur son corps pendant ses mouvements, et essayait de ne pas écouter ses os craquer sous la pression de ses muscles.

Pompes, abdominaux,... tout cela sous le regard de fer de Faelgins et les encouragements de leur maitre Artor, dans l'odeur de la transpiration. Certains élèves avaient déjà arrêté, préférant se réserver pour les épreuves qui leur semblaient plus concrètes. Quand tout le monde fut épuisé, au bout d'une heure, les moniteurs notèrent les plus robustes. Faelgins nota que les élèves étaient plus forts que ceux des années précédentes, mais ils semblaient plus benêts aussi, et ce n'était pas une bonne chose. Théodren fut le deuxième derrière Hectron, l'apprenti le plus costaud, mais à vouloir bien faire il n'avait plus de force. "On a toujours de la force ! Il faut juste la trouver au sein de son corps." disait sa mère Orefine.

Mais maintenant, il y avait la course sur 10 lieues ! Plus le retour le lendemain matin... La traversée d'une contrée forestière jusqu'au guet écarlate, où le caporal Fenras noterait les premiers arrivés. Théodren se décontracta les muscles, ses articulations craquèrent et il vit avec horreur Faelgins lui remettre un sac à dos rempli de pierres lourdes. Les élèves se réunirent sur une ligne creusée dans la terre. Théodren se rendit compte que Philitus le regardait avec insistance.

"C'est le territoire des brigands aux masques d'argent, Théodren ! Tu te souviens? La grande mère Chantepierre nous avait dit que dans la forêt du renard d'argent, elle avait vu un camp de brigands. C'est la foret que l'on va traverser !" Il attrapa fermement le bras de Théodren, qui était en train de se faire des dreadlocks pour ne pas être gêné par ses longs cheveux noirs qui lui tombaient aux épaules.

"Mais mince, quoi ! J'ai pas envie de passer pour une lavette auprès des des maitres, mais il faudrait les prévenir !

-Garde ton souffle, Philitus, lui répondit Théodren avec un sourire amusé. Et cesse de t'inquiéter."

Faelgins cita tous les outils qu'ils trouveraient dans leurs sacs : un coutelas, une gourde, et quelques fruits. Si la gourde et la nourriture n'étaient pas utilisés avant leur arrivée, l'apprenti sera valorisé.

Comme signal de départ, Faelgins hurla de tous ses poumons comme un forcené. Les élèves commencèrent par partir lentement, sans trop savoir si ils devaient partir tout droit. Théodren était fort inquiet et il eut l'impression de ne pas avoir d'air dans les poumons. L'air froid du matin les prenaient à la gorge et ils n'avaient le droit qu'à une fine cuirasse de peaux. Ils arrivèrent vite a la lisière de la foret. Théodren avait chaud à la tête, alors que son corps était froid, et il avait l'impression d'avoir de la fièvre. Il n'était même pas premier; Philitus et Maëline étaient bien loin devant, certainement occupés a éviter les racines, les branches coupantes, et les feuilles urticantes un peu plus loin dans la foret...

C'est alors que Philitus surgit des feuillages devant Théodren, une tête de loup entre les mains.

"J'ai eu une super idée !"lança t-il d'un air exulté. Théodren s'arrêta.

-Gros menteur! lança une voix un peu plus loin derrière. Théodren comprit que c'était celle de Maëline. C'est moi qui l'ai eue, cette idée!

-Ouais enfin, voila! Donc, si on tue un animal, ça nous met en valeur aux yeux des maîtres ! Tu ne crois pas?

-Pas stupide", dis Théodren. Maëline apparut de derrière la végétation, s'échinant à se désempêtrer de lianes piquantes qui se plantaient dans sa tunique. Son  bras droit était couvert de griffures sanguinolentes. Philitus et Théodren l'attendirent et elle montra deux têtes de loups.

"Eh eh ! Y en a une pour toi,Théo ! Y avait trois loups. Théodren se frotta la tête d'un air gêné.

-Non. Je ne sais pas mentir. Ils vont voir tout de suite à ma tête que ce n'est pas moi qui l'ai tué...

-Ah. Bon bah, je la jette alors... Débrouille toi pour trouver un loup a raccourcir quand même !" En vérité, Théodren était contre le mensonge. Il comptait bien tuer une bête, mais seul, comme un héros. Ils repartirent au pas de course ensemble. Ils portaient des tuniques courtes et les ronces labouraient leurs mollets. Théodren n'arrivait plus a contrôler sa fatigue et ses pas étaient totalement inégaux. Même Maëline qui était encore en forme était obligée de prendre un rythme cassé à cause du sol forestier. Il faisait de plus en plus sombre sous les feuillages et Philitus était de plus en plus angoissé, ordonnant sans cesse de faire moins de bruit. Les branches étaient de plus en plus basses et Théodren, concentré sur sa fatigue, ne cessait de se prendre des branches dans le visage. Ils étaient comme perdus, ils ne pouvaient presque plus voir le soleil. Parfois Maëline grimpait en haut des immenses troncs pour observer le soleil, Théodren prétextant de l'attendre pour se donner un court repos. Puis ils repartaient, suant, soufflant.

Hectron, le colosse du groupe, les avait croisés et dépassés. Il avait l'air d'avoir très envie de réussir. Il déplaçait sa masse avec une rapidité incroyable. Les feuilles semblaient se retourner sur son passage, entraînées par le souffle de sa vitesse. Théodren doutait qu'il puisse tenir longtemps à ce rythme. Avec sa grande taille, il devait recevoir en pleine figure toutes les branches basses du chemin.

Au bout d'un moment, Théodren aperçut un ours  dormant à moitié et voulut en ramener en trophée. Cela lui reposerait les jambes en plus. Il laissa Philitus et Maëline partir devant, car il ne voulait aucune aide, et s'approcha de l'ours. C'était une jeune femelle apparemment seule et il pensait réussir facilement. Il déposa son sac au sol et en sortit un coutelas de secours. L'ours était allongé et grognait en le regardant droit dans les yeux. Théodren ne détourna pas le regard et chargea l'animal. Il lui donna un coup tranchant a la gorge qui mit l'animal en furie. L'ours se redressa lourdement et lança son énorme patte sur Théodren qui s'écrasa par terre pour l'éviter. le temps de se relever et il se prit une gauche phénoménale qui l'envoya dans les airs. il s'écrasa contre un tronc, sa tête cogna violemment contre le bois et il commença a douter de ses chances.

Il grimpa a l'arbre comme il put, légèrement sonné. Il prit appui sur une branche et sauta sur l'ours, la pointe de son poignard vers le bas. Du sang gicla, et Théodren n'en avait pas trop l'habitude. L'ours lança un grognement vibrant qui étourdit Théodren et il se prit une nouvelle raclée, suivi d'un coup de tête en plein estomac qui lui coupa le souffle et l'envoya contre tronc. Il se sentit comme un pantin désarticulé. Heureusement, il arrivait a s'imaginer qu'il n'avait pas mal. Mais il reçut alors une flèche dans l'épaule qui déstabilisa son esprit, et une vague de douleur se diffusa dans son corps. La douleur s'estompa et il commença à voir flou, les feuilles  semblant tournoyer au dessus de lui comme une volée d'oiseaux.

 CHAPITRE II : LE CAMP

 

Théodren se réveilla avec un mal de front terrible qui le fit presque  replonger dans l'inconscience, mais il réussit finalement à reprendre à peu près ses esprits, les tempes battantes et les mains tremblantes. Il s'efforça de retrouver sa respiration mais il sentit qu'il était bailloné et il commença à s'étouffer. Quelqu'un vint lui retirer son bâillon, mais il n'en vit que les bottes paysannes et les mains crasseuses. Son bâillon était un foulard noir brodé d'argent. Il avait un goût de sang dans la bouche et souffrait des coups donnés par l'ours, mais au moins la flèche avait étée retirée de son épaule. Théodren était allongé sur un plancher rudimentaire qui craquait à chaque pas de l'individu qui le retenait prisonnier.

Il réussit à rouler et à se mettre sur le dos et observa les lieux. Il était dans une sorte de cabane dans les arbres, faite en petits branchages et en paille pour combler les trous. La lumière perçait à travers les façades de bois et baignait Théodren dans un halo de lumière éblouissant. Théodren s'était déjà senti aussi mal, quand Maëline lui avait fait boire de l'alcool lors de la Célébration de la vie, en honneur à tous les dieux.

Il y avait deux personnes masquées d'un foulard noir brodé d'argent  qui le surveillaient. Ils étaient armés et portaient une tunique en cuir, l'empêchant d'oser tout geste offensif. De toute manière, Théodren n'arrivait pas à bouger, comme pétrifié, et ses gardes n'avaient pas pris la peine de l'attacher. La flèche avait dû être empoisonnée. Théodren pensa à Philitus.

"Il n'y a pas que les Mérias dans cette maudite foret ! Il y a aussi ces mécréants de la contrebanderie Masque d'argent..." Mais pourquoi le gardaient-ils en otage? Ils ne voyaient donc pas que ce n'était qu'un étudiant en armes? Théodren gémit, mais plus a cause de la douleur. Il venait de penser à l'examen qu'il avait raté pour le coup. Un garde ricana.

"Tu as mal, hein ! C'est idiot aussi de s'attaquer à un ours dressé par des bandits de la Contrebanderie !" Théodren le regarda d'un œil noir et imagina qu'il était en train de lui écraser le nez avec sa tête dans un magistral coup de boule. Le garde allait continuer à monologuer quand une jeune femme brune à la coiffure très sophistiquée et habillée d'une robe noire très aguichante rentra dans la cabane. Elle était très belle mais Théodren pensa que ce n'était pas son genre, peut-être à cause de la tristesse et de la colère que reflétait son visage légèrement anguleux. Ses cheveux étaient d'un brun ténébreux et ses iris ressemblaient à deux trous noirs. Elle se dirigea immédiatement vers Théodren.

"Lève-toi" lui dit-elle sèchement. Il n'essaya même pas de bouger, ni de parler, mais il se contenta de la regarder droit dans les yeux avec le regard le plus haineux qu'il savait faire.

"Bon. Tu n'a pas l'air très bavard. Je suis Lania, la dirigeante de ces brigands. Au départ, je voulais te tuer, puis je me suis dit que vu que tu te battais contre un ours à ton jeune âge... tu dois avoir seize ans? Tu as peut-être une chance auprès de nous." Elle le regarda longuement pour vérifier qu'il l'écoutait bien. Elle lui sourit, découvrant des dents parfaites.

"Ça te dirait, n'est ce pas, de nous rejoindre et de devenir un bandit, riche et puissant !

-... Urrrr... Imbécile... je suis sous le... le service du Roi ! " réussit-il à articuler, avant de recommencer à gémir. Elle le regarda avec de grands yeux et fit un geste pour renvoyer le garde.

"Alors, tu es irrécupérable?" Elle sourit et tira lentement un court trident de sous sa robe.

Alors, Théodren sentit son sang bouillonner et se leva lentement. Son visage était rouge vif et ses veines palpitaient. Ils ne sentait plus rien en lui. Elle regretta de ne pas avoir demandé de l'attacher, juste avant de recevoir un coup de boule magistral et de chuter de l'arbre où était construite la cabane. A terre et le nez en sang, elle cria aux gardes postés aux alentours :

"Attention ! C'est un berserk ! Il ne se contrôle plus !!! Écartez vous de son chemin et prenez vos arcs !" Théodren se jeta du haut de la cabane prés de Lania et se retrouva au milieu d'un campement. Il courut jusqu'à une palissade en bois, qui était recouvertes de lianes et de feuillages auxquelles il put prendre prise et l'escalada. Il entendit une flèche s'enfoncer dans le bois tout près de sa tête. Il arriva en haut de la palissade et se laissa tomber lourdement de l'autre coté, dans les ronces. Une flèche vola au-dessus de la palissade.

Il s'enfuit à travers la forêt, tant courbé de souffrance que ses mains frôlaient la terre. Il finira bien par arriver à la lisière de la forêt ! Il revint petit à petit à la conscience et s'écroula de douleur. Il se mit a quatre pattes, souffrant, et continua d'avancer ainsi. "Heureusement que personne ne me voit" songea t-il. Il fallait qu'il prévienne l'armée que des bandits se trouvaient dans la forêt. Des bandits forts bien organisés ! Avec un véritable petit fort camouflé par des feuillages...

Etait-il vraiment un berserk? Théodren avait déjà entendu parler de ce genre de surhommes. Il ne savait pas trop si un tel caractère était extraordinaire mais les bandits avaient l'air anxieux. En tous cas, même s'il arrivait en retard pour la course, il avait une bonne excuse. S'il ne rentrait pas avant la nuit au Guet Ecarlate, les maîtres s'inquiéteraient, surtout qu'à l'ordinaire Théodren arrivait dans les premiers. Théodren aimait être le centre de l'attention. Il fut coupé dans ses pensés lorsque sa main rencontra un buisson de Larcks, un végétal provoquant de fortes démangeaisons. Il se releva subitement dans un cri de souffrance.

Il aperçut un sentier un peu plus loin, avant de s'écrouler de nouveau.

"Le sentier du renard perdu ! s'écria t-il. Mais oui ! Pourquoi n'y avaient ils pas pensé plus tôt? Les élèves auraient du d'abord chercher ce sentier, au lieu de courir en ligne droite dans les ronces et les branches basses ! Il mène au Guet Écarlate !" Théodren fut tellement enchanté d'avoir un avantage sur les autres élèves qu'il se releva et se remit à courir, les bras ballants. Et puis, il n'avait plus de sac. Il se demandait quelle tête feraient les maîtres en le voyant arriver, le corps couvert de griffures d'ours et de terre.

D'après la course du Soleil, Théodren arriva au pied du guet des faucons en fin d'après midi, qui était situé environ aux trois quarts de la course. Il était donc sûrement a peine en retard par rapport aux autres. Du moins il le pensait.

 

CHAPITRE III : PANIQUE AU GUET DES FAUCONS

 

La première chose que vit le guetteur fut une sorte de mort-vivant entraînant dans sa course un nuage de poussière, courant comme si il était possédé. Puis il comprit que c'était l'élève recherché depuis la veille. "Aie" se dit-il. "Il n'y a plus aucune provision ici, il va être mal reçu, le pauvre !" Il descendit de la tourelle a la rencontre du jeune homme tombé au sol. Et lui tapota les joues. Il était fiévreux.

"Eh! Oh! Tu vas bien?" Aucune réponse. Le guetteur prit sa gourde remplie de vin chaud et en versa le contenu dans la bouche de Théodren, qui faillit s'étouffer et tourna la tête pour recracher une partie du liquide.

"Je suis dans les temps?" dit enfin Théodren dans un souffle. Le guetteur grimaça.

"Oula. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé mais je vais avoir des choses à raconter au capitaine Faelgins !" murmura le guetteur pour lui même. Il le mit sur ses épaules et le déposa à l'ombre dans la tourelle.

"Que s'est-il passé? Tu t'es fait attaqué? Tu es tombé dans une crevasse?" Théodren lui raconta tout, et comme il voulait des explications sur les berserks, il ajouta :

"Ils ont dit que j'étais un berserk.

-Non... ça m'étonnerait. Le capitaine Faelgins est un berserk. Mais il faut savoir rentrer dans une rage intense ou une peur, pour pouvoir devenir berserk.

-J'avais peur.

-Parles en a Faelgins. Moi de mon coté je vais avertir mes supérieurs pour les brigands. C'est d'accord?

-Voui. Je dois repartir le voir maintenant si je veux réussir l'examen.

-L'examen est fini, Théodren." il y eut un grand silence pendant lequel Théodren se demandait comment il avait pu rester inconscient si longtemps. La flèche qu'il avait pris dans l'épaule devait être enduite de somnifère.

"Bon, bah, je retourne guetter moi. Repose toi, je te ramènerais en ville quand je serais relevé, ce soir ou demain matin, et que tu seras un peu reposé et réparé. Si ma femme me le permet, je te ramènerai à ton camp d'entrainement.

-Attendez ! Vous... vous n'auriez pas des soins? demanda Théodren un peu gêné.

-Bien sûr que si ! Excuse moi, je ne pense à rien... Je pense que les bandits t'ont un peu soigné de façon à ce que tu sois hors de danger de mort. Voyons voir ça... Ah, ils t'ont bandé, tu vois. Et ça sent les herbes. Je ne pense pas pouvoir te donner quelque chose de plus, à part une prière pour ta santé. Repose toi."

***

 

Faelgins observait les vautours qui tournoyaient non loin de la tour. Il avait l'impression qu'ils le regardaient, et cela l'amusait. Il eut un sursaut soudain quand un des vautours s'élança dans sa direction, suivi de prés par les deux autres en poussant de terribles cris. Théodren se réveilla d'un coup en entendant ces cris. Il avait dormi tellement profondément qu'il n'avait fait aucun rêve. Il voulut voir d'où le bruit provenait et monta les escaliers en bois du guet. Ils grinçaient dangereusement. Une planche céda et il s'accrocha à la marche supérieure qui s'effondra à son tour. Il parvint a s'accrocher à une pierre qui dépassait légèrement sur le mur. Il eut l'impression que son corps se déchirait et il lâcha un cri de douleur. L'escalier était moisi de l'intérieur. Les pierres du guet, irrégulières, offraient de bons appuis et il s'accrocha ainsi pour monter. Théodren s'inquiéta de ne voir le guetteur au sommet. Le guetteur avait bel et bien disparu. Il se prit un corps sur la tête et s'effondra, réveillant ses douleurs.

"Sacrés vautours, pas vrai?" c'était la voix du guetteur. Théodren se releva et vit le guetteur à ses pieds. Il comprit alors que les vautours avaient réussi a soulever le guetteur dans les airs comme une proie avant de le relâcher a cause de son poids. Il était retombé sur Théodren. Ce dernier fut pris d'un fou rire et le guetteur ne tarda pas à l'accompagner. Mais les vautours continuaient de tournoyer autour de la tour, accompagnés. De nombreux autres avaient étés attirés par les cris de guerres de leurs semblables et Théodren en compta une dizaine. Un véritable clan. Leurs hurlement criards étaient pénibles, et résonnaient dans la tête de Théodren.

"Guetteur, tu n'aurais pas une arme à me donner?

-Si, bien sur ! Mais appelle moi Ferenis." il ouvrit un coffre grinçant prés des créneaux et en tira un arc et des flèches qui avaient certainement déjà servi de nombreuses fois.

"Tu sais te servir de ça?" Théodren le prit. Oui, il avait eu des cours de tir. Mais cet arc était bien plus grand et bien plus raffiné que les arcs avec lesquels ils s'entrainait et n'était pas sûr de savoir le maitriser. C'est le moment que choisirent les vautours pour attaquer. Théodren s'imagina volant dans les airs dans les serres de ces maudits oiseaux puis s'écraser au sol. Il avait déjà vécu ça avec l'ours, il n'avait aucune envie de recommencer, mais il devait se battre, pour l'honneur. Il vit un vautour s'élancer vers lui. Il se sentait bien faible sans épée. Tremblant, il banda son arc en grimaçant de douleur. Sa flèche vint se ficher en plein dans le thorax de la bête qui émit un cri strident avant de disparaître derrière les créneaux. Le guetteur prit a son tour un arc et tira trois flèches d'affilées sans même prendre le temps de viser. Deux vautours tombèrent.

Les vautours attaquèrent alors en masse, criant comme des diables. Le guetteur sortit son épée et la fit tourbillonner pour se protéger, faisant voler des plumes ensanglantées. Théodren lâcha son arc et serra les poings. Les vautours étaient attirés par les reflets sanglants de la lame du guetteur, mais il en restait deux sur Théodren. Il reçut un coup de bec dans la joue droit et du sang coula dans sa bouche. Sa joue le lança. Il frappa un vautour a la tête et le vautour se posa sur la tour, sonné. le deuxième restait en hauteur au dessus de lui. Théodren attrapa une des pattes de la bête qui se débattit furieusement et il compressa la patte dans sa main. La patte se brisa et le vautour s'enfuit.

Des bouts de patte craquants encore dans sa main, Théodren vomit, car sans le vouloir il imaginait la souffrance de sa victime. C'était d'autant plus douloureux qu'il n'avait pas mangé depuis longtemps. Il n'avait plus envie de se battre et il sauta du haut des escaliers pour revenir à l'intérieur. Il était habitué a cet exercice et se réceptionna avec une roulade. Toutefois ses blessures qu'il avait oublié de prendre en compte l'empêchèrent de la faire correctement et il ne réussit pas à se relever. Il espérait que le guetteur n'avait pas besoin d'aide.

 

***

 

Le guetteur réapparut, le visage et les bras couverts de coupures et de bleus. Sa cuirasse ne lui protégeait que le torse. Il sourit. Théodren était toujours sur le sol, et le guetteur l'aida à se relever.

"Sacré baston, hein? J'aurais pas du te faire monter avec moi, avec toutes tes blessures. Je comprends que tu te sois enfui ! Vivement que la relève arrive, en tout cas." 

Il n'eut pas le temps d'en dire plus. Des hommes masqués de foulards noirs brodés d'argent firent irruption du haut de la tour en criant comme des sauvages. Ils sautèrent au milieu de la pièce. Ferenis resta dans une position figée, le regard dans le vide, avant de s'écrouler raide mort la face contre terre, une dague dans la gorge. Les bandits s'apprêtèrent a entourer Théodren. Un des hommes avait sorti une dague. Mais Théodren s'élança dans les escaliers, se râpant les mains en s'accrochant aux pierres. Les bandits se lancèrent a sa poursuite mais une partie de l'escalier s'effondra de nouveau. Ils jurèrent. Théodren arriva en haut de la tour. Voir le ciel le rassura. Il voulut prendre des armes dans le coffre, mais il avait été vidé. Les bandits l'avaient volé, et avaient aussi dépecés les vautours, laissant les cadavres de chairs ensanglantés. Théodren eut le tournis en imaginant des corps humains à la place et se dit qu'il avait choisi une voie immorale.

Ferenis était mort, et Théodren commença a paniquer, coincé en haut d'une tour, seul avec des bandits décidés a le tuer, sûrement pour voler ce qu'il avait. Et il n'avait même pas de richesse sur lui. "Ce serait vraiment idiot d'être tué pour rien". Il lui faudrait soit se battre, soit sauter de la tour qui faisait au moins cinq mètres, en sachant qu'il allait encore rater sa réception et ne pas réussir à se relever. Pourrait-il de nouveau devenir berserk?

Oui, il aurait vraiment mieux fait de rester au lit au lieu de faire cet examen.

 

CHAPITRE IV : LA DECISION

 

Théodren sentit la fureur lui prendre le corps alors qu'il aperçut la tête d'un des trois bandits passer par la trappe et lui lancer un regard amusé, avec ses yeux de fouine. Le cœur de Théodren battit plus fort et il pensa :

"Ça y est ! Je vais redevenir berserk, si j'en suis vraiment un !" cette pensée le fit totalement revenir a la réalité. La prochaine fois, il faudrait faire le vide dans sa tête, si il voulait se mettre en furie. Toutefois il élança son poing vers le visage du bandit qui était occupé a sortir de la tour sans toucher les escaliers. Il y eut un craquement et Théodren repensa à la patte du vautour qu'il avait brisée. Cette fois il ne vomit pas son ventre était vide aussi) et la détermination figea son visage dans une expression de colère. Il pensa au cadavre de Ferenis.

Il avait crié, et les bandits hésitèrent un seul instant. Théodren profita du court moment pour sauter sur un des deux derniers bandits, lui écrasa la tête sur les pierres irrégulières du mur dans une explosion de sang, puis il trébucha et chut des escaliers, emportant dans sa course son dernier adversaire, qui ne réussit pas à se rattraper aux pierres du mur. Alors que Théodren roulait au sol en gémissant le plus discrètement possible pour ne pas dévoiler sa faiblesse, le bandit  survivant prit très calmement un sac rempli d'armes qu'il avait sans doute volé dans le coffre de la tour et s'en alla tranquillement en sifflotant. Théodren se sentit plus en sécurité et redevint calme. Voyant que Théodren ne voulait pas continuer le combat, le bandit s'enfuit de toutes ses jambes.

Théodren rampa et se mit à genoux auprès de Ferenis et observa sa blessure. Il n'y avait plus rien a faire, ces salauds avaient bien visé... Il serra les poings.

"Je tuerai ces infâmes criminels un a un et jusqu'au dernier !" cria t-il. Comme il ne savait pas quand la relève de Ferenis viendrait, il décida de ne pas attendre plus longtemps et quitta le guet et ses cadavres vers le village de Lobon pour rejoindre ses maîtres. Que pourrait-il bien raconter, alors qu'il ne savait même pas ou était situé le camp de bandits? Mince, il allait encore devoir sauter un jour de repas. Il sentait bien la faim lui tenailler l'estomac au cœur de son corps abîmé. Au moins, les maîtres ne pourront jamais refuser son passage au rang de soldat, après ce qu'il avait vécu ! Théodren était courbaturé dans chacun de ses membres, et pour continuer à courir tout le long du chemin, il imaginait qu'une armée de bandits du clan Masqués d'argent se trouvaient a l'horizon et qu'il devait les intercepter avant qu'ils ne massacrent des villages. Le fantôme du guetteur Ferenis courait à ses côtés de son sourire amical.

Théodren aura combattu des bandits armés, couru le trajet de l'examen blessé, survivant plusieurs jours sans manger, buvant si peu que chacune de ses respirations lui brûlaient la gorge. C'était a peu près les différents exercices de l'examen; Théodren était sur que tout irait bien maintenant, du moment qu'il ne croisait pas d'autres bandits sur son chemin... mais il avait bien survécut à un ours dressé, une femme assassine, une attaque de vautours, trois bandits... Il était finalement comblé par ce qui lui était arrivé et du fait d'avoir survécu, et il se sentait fort. Il l'était sûrement. Mais ceci n'est que le tout début du commencement de ses aventures.

 

***

 

Les apprentis étaient réunis devant le capitaine Faelgins et leur maitre d'armes Artor, pour savoir qui deviendrait soldat.

"En raison des événements que Théodren a vécut, car ils me paraissent tout à fait plausibles, vu que Théodren était sur de réussir l'examen et qu'il n'avait donc aucune raison d'inventer cela, votre maître d'armes Artor et moi avons décidé de l'accepter dans l'armée après qu'il ait passé le rituel habituel ! Avec tous nos hommages pour tes aventures, soldat."

Théodren qui s'était efforcé de rester éveillé jusqu'aux résultats, malgré sa fatigue causée par ses déboires, s'affaissa sur lui même d'épuisement et s'endormit, un bol de soupe à la main. Le contenu coula sur sa jambe et les élèves rigolèrent. Il pouvait bien se permettre de dormir un peu, maintenant que rien ne pourrait le déranger, en sécurité dans la caserne. Maëline le prit sur son épaule et l' emmena vers sa paillasse.

Artor avait eu du mal a convaincre Faelgins d'accepter Théodren. Ce dernier, dans son lit, imaginait des stratégies pour tuer tous les Masqués d'argent. Le problème c'est qu'alors il pensait qu'ils n'étaient que la plus grande communauté de brigands du royaume d'Eselphys, avec peut-être une centaine de membres... ( ce qui était déjà énorme, pour une troupe de bandits, vous ne croyez pas? )

Il aurait bien rigolé si on lui avait dit alors qu'en réalité il étaient des dizaines de milliers de toutes races...

***

 

Toute la caserne était réunie pour participer au rituel. Théodren regardait ses mains sans cesse et se rappelait ce que lui répétait sa mère quand son père refusait de lui payer un entrainement de soldat : "Va au bout de tes rêves. Surmonter les obstacles qui t'en empêchent prouve que tu tiens à ce qu'ils se réalisent." Au début du rituel, on coupait les nageoires des mains des apprentis. 

"Comment ?!" me direz vous. Effectivement, les hommes venant des poissons, ils gardèrent des fines membranes entre les doigts originaires de leurs ancêtres, trés pratiques pour nager. Mais les guerriers doivent porter des gants, inutilisables avec ces nageoires. Les gants permettent d'amortir les chocs des armes et de les tenir plus fermement lorsque les mains sont en sueur.

Théodren était très angoissé à l'idée de perdre une partie de son corps utile, et ce à jamais. Il grimaça lorsqu'Artor les coupa. Selon les coutumes, cela portait malchance ou déloyauté au combat d'avoir une telle réaction lors du rituel. Artor soupira, mais savait au fond de lui même que Théodren survivrait aux nombreux obstacles que lui promettait le destin. Il lui remit ensuite des gants de soldat et le recensa sur un parchemin. Théodren était alors officiellement un soldat.

"Théodren, tu es désormais un soldat d'Eselphys et tu dois au royaume la loyauté la plus extrême, même devant la mort.

-Je serai loyal et me battrai à chaque appel au combat, et je protégerai le village de Mentios depuis la caserne qui lui est affectée, et participerais à la défense du royaume en cas de grand danger. Tel est mon destin."

Il retourna dans le rang des apprentis, et ce fut au tour de Philitus, qui s'était coiffé pour l'occasion, ce qui ne lui allait finalement pas du tout.

 

CHAPITRE V : EN PERMISSION



« Viens voir. » Le soldat Bardeck avait trouvé un dispositif qui ressemblait fort à un piège. Son compagnon était plus doué que lui dans ce domaine mais seul le silence répondis à l'appel de Bardeck.

« Calvuuuus ! Ou es tu? » Bardeck observa tout autour de lui, les mains prêtes à dégainer, et la sueur au front. La végétation était trop dense et il ne voyait pas assez loin.

« Calvus, ce genre de blague n'est pas drôle ! » Bardeck dégaina et se précipita vers un buisson, puis ne fit plus aucun bruit. Il entendit la corde d'un arc grincer, et fit sa dernière prière.

***



Philitus et Théodren marchaient cote a cote avec un lourd sac sur les épaules, au milieu d'un mince sentier forestier. Ils partaient visiter la contrée pendant leur première permission pour ais mieux connaître leur terrain d'action. Une sorte de voyage de vacances entre amis, en somme.

Mais Théodren espérait surtout pouvoir s'éloigner un peu de la rigidité de l'armée pour commencer son investigation sur les masques d'argent. Un petit pont en bois apparut dans un tournant surplombant un cours d'eau, nommé le pont de l'embouchure. Un homme âgé a la barbe hirsute et portant une armure d'officier de l'armée d'Eselphys dorée s'accrochait aux barrières du pont de telle façon que l'on aurait dit qu'il souhaitait les briser. Il semblait nerveux.

Philitus vint à sa rencontre. L'officier les stoppa d'un geste.

"Ne passez pas par là, malheureux... deux soldats sous mon commandement ont disparu alors qu'ils étaient en reconnaissance.

-Mais vous êtes tout seul désormais? demanda Philitus. L'officier sourit d'un seul côté de son visage, l'autre semblant souhaiter rester en deuil.

-Non, bien sur que non. Je n'aurais pas envoyé deux soldats en reconnaissance alors que nous ne sommes que trois. Les autres sont en embuscade. Le capitaine Faelgins nous a informés que des brigands rôdaient dans la région...

-Ah oui. Nous vous le confirmons... Les paysans ne cessent d'en parler, et mon ami s'est battu contre eux. Nous passerons quand même, nous n'avons pas grand chose de précieux et si nous croisons des bandits, ils ne vont pas nous chercher trop de noises. Théodren a combattu ces bandits a trois contre un et j'ai aussi de quoi me vanter. J'espère que vos soldats reviendront. Nous allons voir si ils nous ne les croisons pas.

-Bon eh bien... bonne route, jeunes gens téméraires. Que le soleil vous guide." ils s'éloignèrent du sentier pour éviter une éventuelle embuscade. Philitus demanda à Théodren d'aller voir le lac du reflet d'argent. Théodren blêmit au mot "argent", qui lui rappelait les bandits Masqués d'argent, mais ne dit rien, souhaitant ne pas passer pour une lavette auprès de son ami. Ils suivirent donc le cours d'eau, et Théodren se heurta a une minuscule cabane en bois et en roseaux. Elle ne lui arrivait même pas a la taille. Un petit cri en sortit. Une trappe s'ouvrit dans le sol de la cabane.

"Roaaaragrouglouglou!" Une bête bleue trés amusante a la crinière rouge en forme de Crête s'en extirpa. Le cri de la la créature fit rigoler Théodren. Sa peau émettait des reflets alors que le soleil perçait a peine a travers les feuillages. Il se jeta sur Philitus, ses petites griffes sorties.

"Heeeey !" Philitus dégaina son glaive et trancha l'animal d'un réflexe impressionnant avant même qu'il ne l'atteigne.

"Bien, dit Philitus, si il y a des Eaucrins, il y a un lac. On est arrivés." Théodren était toujours étonné quand Philitus dévoilait sa grande culture. Il y avait vraiment des choses émanant de son cerveau pour lesquelles on se demandait bien ou il avait pu les apprendre ! Des dizaines d'Eaucrins accoururent pour venger leur compagnon. Philitus fit tourbillonner son épée et tua vite la moitié des Eaucrins, tandis que Théodren qui n'avait pas eu le temps de dégainer les repoussait dans les airs en les frappant avec ses pieds. Les deux camarades continuèrent d'avancer, suivant les survivants qui s'enfuyaient, et tombèrent sur le lac qui était caché par d'immenses roseaux et herbes hautes. Au milieu de celui-ci se trouvait un ilot où était construit un village de ces animaux. les deux amis se couchèrent derrière un buisson.

"Théodren, je crois que nous avons retrouvé un des soldats disparu." D'abord Théodren ne vit rien, puis il aperçut un buisson ensanglanté de l'autre coté du lac, et enfin il vit un cadavre ensanglanté en armure de soldat.

"Par l'enclume de Saphros, il se passe des choses étranges par ici, dit Philitus. Un garde ne peut pas être assez maladroit pour se faire tuer par ces ridicules Eaucrins !" Philitus se rendit compte qu'il s'enfonçait dans le sol marécageux de l'endroit et il dut se relever. Ils entendirent alors au loin le nom de Philitus. Ils se regardèrent étonnés, puis une femme magnifique apparut. Théodren en resta bouché bée, allongé derrière son buisson, tant sa beauté était frappante. Avec ses cheveux blonds-or, ses yeux bleus immenses, sa taille fine, son port gracieux, sa peau lisse reflétant le soleil malgré les arbres, ses yeux éclatants et ses lèvres boudeuses, Théodren avait l'impression de voir la femme parfaite... Un rayon de lumière perçait à travers les feuillages illuminer son visage. Philitus aussi semblait pétrifié. 

"Aïlina, que fais-tu ici, par les dieux? demanda Philitus, la voix rauque.

-Et toi mon frère? Que fais tu ici tout seul, à ramper dans la boue et à déranger ces pauvres bêtes au lieu de servir l'armée? Ne devrais tu pas être à Lobons?" Théodren s'écarta pour ne pas les déranger, et resta caché. Il était amoureux, c'était sur, et il avait un peu honte de se montrer. Il avait l'impression de n'être qu'un moins que rien devant une telle beauté. Il entendit des murmures, puis un "Quoi?!" et la jeune femme apparut devant lui.

"Si j'avais su que Phil n'était pas seul... Pourquoi te caches tu? J'espère que Phil a raison et que tu ne diras rien sur ce que tu as entendu. Tu ne me connais pas, d'accord? 

-Bah, c'est vrai, je ne sais pas qui vous êtes!" dit-il, espérant connaitre son identité. Mais elle soupira et se volatilisa dans la végétation dans un saut. Théodren rampa jusqu'à Phil en vérifiant que les Eaucrins ne rappliquaient pas.

"Elle est belle n'est ce pas? Je ne peux pas dire que nous partageons ce lien familial, dit Philitus.

-C'est ta sœur?" Philitus aquiesca. Théodren eut un moment de réflexion et de rêverie avant de rire.

"Ca, vous ne vous ressemblez pas ! On ne peut pas dire que tu es mon genre de femme, au contraire d'elle ! C'est vraiment ta sœur?

-Oui, et malheureusement, c'est une voleuse. Depuis la mort des mes parents dans l'incendie du fort de Chêne en l'an 201, elle a décidé de s'enfuir et de subvenir à ses besoins en rejoignant un clan bandit. Tu connais le clan Mérias?

-Oui, les pires adversaires des Masqués d'argent. Dis donc, je ferais bien de rejoindre les Mérias si je veux exterminer les Masqués d'argent !" Théodren resta pensif, se remémorant la beauté de la sœur de son ami. Philitus dit soudain :

"Bon c'est pas tout ça, mais si on traîne on aura jamais le temps de visiter toute la contrée en deux semaines ! Allons d'abord aider ce pauvre officier." Théodren comprit que le passé de son ami lui était difficile et qu'il ne voulait plus y penser. Ils allèrent chercher le médaillon du cadavre, et Théodren nota qu'un lambeau de foulard noir brodé d'argent se trouvait à ses pieds...

 

CHAPITRE VI : MORRIE OEIL PERCANT

 

"Je ne pourrais jamais vous permettre de réaliser cette mission, Théodren. Il faudrait que vous passiez un an d’entraînement en espionnage, pour survivre d'abord, et pour nous être utile ensuite. Depuis quand avez vous cette idée, de... d'espionner les Masqués d'argent? J'avoue que certains officiers ont déjà pensé à l'espionnage, mais... c'est légèrement... comment dire? Si c'était réalisable et fructueux, ce serait trop beau, en réalité... les bandits seraient déjà tous en prison..." Théodren et le capitaine Faelgins se trouvaient dans la salle de travail des officiers de Lobon.

"J'ai cette idée en tête depuis que j'ai vu les Masqués d'argent causer la mort de personnes.

-C'est fréquent en effet. Je devrais plutôt envoyer un professionnel, non?

-Oui, mais emmenez moi avec lui... Je ne demanderais pas à être payé durant la mission, a part bien sur si je réussis un grand coup... En quoi ça vous gênerait alors?

-Ca nous gênerait d'avoir un homme en moins dans nos rangs pour défendre le royaume contre de vraies menaces ! Bon, écoutez Théodren. J'étais comme vous à votre âge et je suis frustré de ne jamais être parti à l'aventure tout seul. Toutefois, j'aurais eu beaucoup de chances d'y laisser ma peau, et je suis bien content d'être en vie aujourd'hui. Mais j'ai l'impression que vous en avez vraiment besoin, vous. Le goût de l'aventure vous passera très vite, du moins je l'espère. Pourquoi n'iriez vous pas venger vos amis pendant une permission?

-Je suis peu expérimenté, je risque de mettre du temps. Je voudrais que ma quête soit considérée comme une mission donnée par l'armée.

-Je vois. Ce que vous voulez, c'est de la reconnaissance en vérité. Être un héros. S'engager dans l'armée n'est pas la meilleure idée pour devenir un héros. Je vous permettrais bien de partir, mais cela risque d'être considéré tôt ou tard comme une désertion dans les papiers. Alors... votre retour sera compliqué. Mais si vous y tenez vraiment, je vais vous envoyer vers l'homme le plus intelligent du royaume, Morrie Œil Perçant. C'est un espion enquêteur au service de l'armée. Il parait que vous avez visité la contrée durant votre permission? Belle initiative. Vous saurez donc comment rejoindre le lac au reflet d'argent. Je ne sais pas trop ce qu'il y fait actuellement. Il cache toujours bien ce qu'il mijote !" Théodren remercia Faelgins et lui serra la main, sans vraiment comprendre pourquoi ce dernier avait accepté sa requête. Il s'apprêtait à partir quand l'officier le rappela.

"Théodren ! Rappelez vous que je vous laisse partir car je sais que si j'avais dit non, vous seriez partis tout de même, et tout seul, avec les problèmes que cela entraînera. J'espère que ce sera la première et dernière fois, et que vous ne ferez pas d'action absurde, jeune homme. De toute façon, vous n'aurez pas envie de recommencer une telle expérience. En tout cas, ne soyez pas surpris de toutes les horreurs que vous allez voir dans la vie quotidienne des bandits. Je vous aurais prévenu.

-Merci, capitaine. Vous devez être l'officier le plus compréhensif d'Eselphys."

***

 

"Eh bien, Théodren, ce que vous me dites sur le cadavre que vous avez trouvé dans le buisson est du plus haut intérêt." Morrie était un géant a la voix caverneuse, aussi épais que grand. Ses yeux minces étaient surmontés d'un monosourcil épais et noir qui lui donnait un regard incroyablement fort et pénétrant, accentué par ses minuscules pupilles ténébreuses qui se déplaçaient prestement vers chaque source de bruit, que parfois Théodren ne percevait même pas.

Ils marchèrent autour du lac et aperçurent un cadavre sur le sol.

"Théodren, je croyais que l'officier que vous avez rencontré sur le pont avait offert une sépulture au soldat.

-J'y étais. Ce doit être le deuxième soldat disparu." Le géant s'approcha du cadavre et récupéra le médaillon d'un geste adroit.

"Rien a voir d'intéressant, on voit juste qu'il a été à moitié mangé par les Eaucrins." Théodren jeta un regard dégoûté vers le corps ensanglanté, puis il suivit Morrie qui se dirigeait vers le buisson où Théodren avait découvert le premier cadavre. Il vit le foulard noir.

"Bon, et bien ce sont les Masqués d'argent qui l'ont mit ici. Ils voulaient faire disparaître les traces de ce crime, et comme les Eaucrins sont attirés par les objets brillants, les passants auraient pensé que ce sont les animaux qui ont pris les bijoux et l'argent. Ces bandits ont donc changé de tactique. D'habitude, ils ne cachent pas leurs coups, au contraire... Maintenant, on va essayer de trouver leur camp pour les espionner, et essayer de comprendre pourquoi ils font ça." Il partit et Théodren le suivit. Des traces de pas s'enfonçaient dans la foret. Théodren ne les avait pas vues.

"Ne te fais pas de faux espoirs, mon ami, les pas seront brouillés au bout d'un moment. Ils ont l'habitude. Mais moi aussi." Au bout de quelques minutes Théodren ne vit effectivement plus de traces mais Morrie continua dans la même direction. Au bout d'une longue marche, ils trouvèrent une palissade.

"Théodren, on va commencer l'espionnage.

-Eh, oui, mais comment s'y prend -on?

-Nous allons devenir des bandits Masqués d'argent pour les infiltrer. C'est la meilleure manière, et en fait la seule vraiment utile, d'espionner un groupe. Il est toujours plus facile de s'infiltrer à deux, surtout pour le moral. Ne t'en fais pas, tout a été calculé. Je veux dire, j'ai tout prévu pour notre survie. Tu vas te demander pourquoi j'ai accepté de t'emmener, hein? Je peux lire la vie d'un homme rien qu'en le regardant." Sur ce, Morrie escalada la palissade en invitant d'un geste Théodren à le suivre. Théodren le suivit, se demandant si Morrie était fou ou si il savait vraiment ce qu'il faisait. Théodren était heureux de pouvoir agir aussi vite, mais il était tout de même terriblement inquiet, et n'avait absolument aucune idée de ce qu'il devait faire. Morrie y allait un peu vite... En même temps, si Morrie était un espion encore en vie apres plusieurs missions, Théodren pouvait compter sur lui.

Il se laissa pesamment retomber de l'autre coté. Morrie avait l'épée dégainée et était entouré de bandits qui le visaient de leurs arcs. Il cria :

"Donnez nous votre or ou nous vous tuerons !" Les bandits éclatèrent de rire.

"Vous êtes fous ! Ils vont nous tuer sans scrupules !" gémit Théodren. Morrie  se pencha vers lui et lui chuchota :

"Chut... vous avez l'air d'un bandit avec votre vieille tunique d'apprenti délavée et votre barbe naissante et, moi aussi, à force de me déguiser pour mes espionnages, j'ai gardé des marques qui me donnent l'air d'un vieux bandit. Je veux leur montrer que l'on a une trempe de criminels un peu fêlés. Tiens donc, ils ramènent leur chef." Théodren blêmit. C'était la femme, Lania. La femme qui avait voulu le tuer lors de sa première rencontre avec les bandits. Ils avaient donc déplacés leur camp !

"Tiens donc, dit-elle en approchant. Le petit berserk !" elle lui passa tendrement un doigt sous le menton. La délicatesse de son geste surprit Théodren.

"Alors, tu es devenu un bandit? Tu n'aimes plus ton cher, bon, riche et gros roi?" elle partit dans un rire dément qui déforma son visage dans des rides cruelles. Une fois calmée et son visage redevenu normal, elle dit :

"Toi et ton ami, au lieu de vous lancer dans des pillages suicides, vous feriez mieux de nous rejoindre... après avoir passé un examen mental. Car je n'ai pas oublié ton précédent refus, jeune homme !

-J'ai changé d'avis, grommela Théodren."

Théodren doutait fort de ce qui allait se produire à l'"examen mental". Morrie donna un coup de coude à Théodren et lui adressa un clin d'oeil amusé, que Théodren ne comprit pas. Il supposa que cela signifiait que tout se passait bien.

C'est ainsi que la première aventure de Théodren commença.

 

CHAPITRE VII : THEODREN S'ENCANAILLE

 

"Tu sais que la chef de ces bandits t'aime? dit Morrie subitement alors qu'ils étaient en train de mettre sur pieds leur cabane dans le camp des bandits.

-Quoi? Tu racontes n'importe quoi ma parole ! J'ai été son ennemi !

-Ah, tu n'as pas compris mon clin d'œil alors. Sais tu qui je suis Théodren? Je t'ai déjà dit que je sais lire la vie d'un homme rien qu'en le regardant. Mes compétences s'étendent aussi aux femmes.

-Par les manuscrits de Nascritur ! Voila qui nous permettra de nous intégrer aux bandits en sécurité, si vous dites vrai ! C'est peut être pour cela qu'elle nous a intégrés au clan !" Théodren était fier mais embêté, et ne savait pas comment réagir face à l'amour de Lania. Il regarda les autres bandits pour vérifier qu'ils n'écoutaient pas. Il oublia soudainement Lania et observa le camp. Il avait l'impression que quelque chose ne tournait pas rond...

"Tu es vraiment berserk? demanda Morrie pour continuer la conversation.

-Apparemment, répondit Théodren en haussant les épaules.

-Voila une chose que je n'aurais su voir en toi. Cela fait de toi un bon compagnon ! " C'est alors que Théodren aperçut a l'autre bout du camp, discutant avec la chef, Aïlina.

"Apparemment les échanges diplomatiques avec les Mérias sont au programme !" lança Théodren rougissant à Morrie. C'est alors qu'il comprit ce qu'il trouvait étrange : aucun des bandits Masqués d'argent ne portait le foulard ! Théodren vit Aïlina sourire puis rentrer dans une des cabanes. Morrie aperçut Théodren bouche bée, et lui lança un regard interrogateur.

"Morrie, on est dans un camp Mérias ici !

-Pas du tout. A mon avis, ils n'ont pas mis leurs masques pour paraitre pacifique avec la diplomate.

-Vous avez raison. Lania, la chef, est bien une Masquée d'argent.

-Ah? Mais enfin comment le sais tu?" Le visage de Morrie se figea soudain dans une expression de vide intense, mais ses yeux fixaient avec attention un point derrière Théodren. Interloqué, ce dernier se retourna et sursauta en découvrant Lania juste derrière lui. Il pria pour qu'elle n'ait rien entendu de compromettant. Il ferait bien attention la prochaine fois.

"Faites comme si je n'étais pas là, dit-elle. Continuez votre discussion." Comme Théodren ne voulait pas la continuer, il chercha le moyen de dévier le sujet. Il ouvrit trois fois la bouche sans rien dire, puis il posa une question qui lui brulait la langue :

"Dans quel clan bandit sommes nous ici?

-Tu fais bien de poser cette question. Nous sommes en train de nous allier au clan Mérias, pour fusionner et créer un clan bien plus grand. Nous, les Masqués d'argent, sommes en train d'essayer de convaincre les Mérias de porter notre masque noir pour se reconnaitre. C'est quand même bien pratique !

-C'est sur, vous etes bien organisés !" dit Théodren avec un ton faussement enthousiaste. Il vit Aïlina venir vers eux, et Lania partit la rejoindre. Il eut soudain une inquiétude. Il vérifia que Lania était loin et murmura à Morrie : 

"Tu as aussi prévu notre départ du clan?

-Bien sur, tu verras quand il sera temps. En tout cas, il faut continuer la mission. Lania est venu nous écouter en cachette pour voir nos réactions. Il faut que tu gardes un air neutre en toutes circonstances et les yeux fixes. Tu as quelque chose à me demander avant que je me couche?

-Déjà? Mais on a pas encore mis de toit à notre logement...

-Est-ce si important?" Théodren admit que non, mais il était étonné de voir quelqu'un se moquer d'avoir un toit. Morrie s'allongea et rappela à Théodren qu'il lui avait accordé le droit de lui poser une question.

"Ah oui. Toi qui peux deviner la vie des gens, pourquoi la dirigeante de ces bandits m'aime t-elle?

-Ahhh, il faut que tu me racontes comment vous vous êtes rencontrés !

-Et bien, elle m'a emprisonné dans un autre camp de bandits et j'ai réussi à m'enfuir par la force. A part la colère je n'ai rien vu sur son visage quand je lui ai asséné un coup de tête dans le nez !

-Dans ce cas, c'est clair. C'est une femme forte. A mon avis, tu es le premier adversaire qu'elle rencontre et qui lui échappe ou lui survit. Pourtant, tu n'es pas extraordinairement costaud, ni grand. Elle doit aimer ta mentalité de fer.

-Ma mentalité de fer?

-Tu sais très bien ce que c'est... tu sais très bien que tu es solide mentalement. Faelgins a noté dans ses carnets que tu utilisais des techniques mentales pour moins ressentir la fatigue. Bon, si tu ne veux pas te reposer comme moi, nous avons un agent allié prés du pont de l'Embouchure. Il nous fournit des faux butins quand on en a besoin, mais il ne faut pas trop abuser non plus, nous avons un budget limité pour notre mission. Ne t'inquiète pas, j'ai malheureusement l'habitude de devoir gérer un manque d'argent à chaque mission. Bon, et bien prépare toi pour son "examen mental". A mon avis, elle va surtout essayer de te séduire." Sur ce, il s'allongea sous leur cabane et s'endormit. Théodren se pinça le nez. Morrie était la personne la moins inquiétée par les problèmes qu'il avait vu de toute sa vie. Il n'osa pas réveiller Morrie pour lui demander comment ils s'y prendraient pour renverser le camp. Théodren décida qu'il était temps de faire semblant d'être un bandit, et il s'apprêta a partir récupérer un butin au pont de l'embouchure. Cela l'éloignerait du camp, et il espérait bien y rester le moins de temps possible, à part pour tuer des bandits. Il s'apprêtait a passer l'enceinte du camp quand des bandits qui gardaient l'entrée le stoppèrent :

"Il est interdit de quitter le camp sans la permission de Lania.

-C'est bien la chef?

-Oui, mais elle a dit qu'elle ne voulait pas qu'on la dérange actuellement, elle doit se reposer. Enfin, d'après moi, ça ne la gênerait pas trop de se faire surprendre dans son lit !"Les bandits ricanèrent. Théodren se dirigea d'un pas décidé vers la hutte de Lania, juchée sur un tronc sans échelle. Il pensait qu'il verrait bien si sa visite allait la déranger par la porte. Il grimpa comme il put en s'accrochant à l'écorce, mais c'était pour lui un exercice inconnu, et des bandits se moquèrent. Il était si concentré qu'il ne s'en rendit pas compte. Il s'accrocha à une planche qui dépassait et jeta un oeil par dessus le plancher pour voir ce que faisait Lania. Elle était en train d' écraser des mures dans un bol en bois pour en faire un rouge a lèvres. Elle sourit en voyant Théodren arriver.

"Me permettez vous de partir voler? J'ai envie de m'entrainer à ces nouvelles pratiques. Enfin, ce n'est pas la première fois, que je... euh... chaparde." Lania tendit sa main et l'aida à monter. Sa main était froide et sèche.

-Bien sur. Mais d'abord je dois t'enseigner notre technique. Il faudra que tu répètes tout ça à ton ami. Premièrement, vous devez être discrets. Ensuite, dés que vous êtes vus, prenez un otage." Elle l'attira contre lui, le bras autour du cou, pour illustrer ses propos.

"Puis vous demandez armes, bijoux et argent. Vous revenez me les donner et on partage avec le camp. J'ai envoyé un messager pour appeler le maître berserk. Il viendra t'apprendre a te contrôler." Elle le relâcha et il s'esquiva sans un mot, un peu confus. Cette fois, les bandits le laissèrent passer, sans lui demander si il avait eu finalement la permission.

Il s'approchait du pont où il avait rencontré l'officier aux sentinelles assassinées, quand il entendit un craquement derrière lui. Il lança un regard en arrière et remarqua que l'un des bandits le suivait en titubant, ivre apparemment. "Il doit surveiller ma première mission, pour vérifier que je ne rencontre pas de problèmes. Mais pourquoi lui?" . L'agent pourvoyeur Léonas se trouvait sur le pont avec deux soldats. Il allait faire un grand signe a Théodren, mais comme celui-ci faisait semblant de s'embusquer derrière un buisson, l'agent informa plutôt ses collègues que Théodren semblait surveillé. Théodren s'élança alors sur eux et cria :

"Filez moi votre or ou je vous tue !" les soldats dégainèrent leurs glaives et chargèrent Théodren. Ils firent semblant de se faire vaincre et donnèrent leurs bourses, vraiment peu remplies. Ils coururent ensuite vers les profondeurs du bois. Léonas cracha sur Théodren avant de partir a son tour, pour faire plus réaliste.

"Nous reviendrons te prendre avec toute une armée, chien !" Le bandit s'approcha alors de Théodren. Le jeune homme fit semblant d'être surpris, et il fit un sursaut ridicule. Théodren fut rassuré en voyant que le bandit était réellement ivre.

"Ne t'inquiète pas, je suis dans ton camp. J'ai été nommé pour vérifier que tout se passait bien lors de ton premier vol. Tu t'en tires bien, pourtant tu as enfreint les règles : tu n'as pas fait d'otage, tu n'as pas tué les soldats après le vol et tu ne leur a volé que leur argent. Mais je suis sur que tu apprendras vite le métier... A mon avis tu vas avoir droit à un bel avis de recherche ! Urh ! Urh ! Euh... au fait, ne dis pas à Lania que c'est moi qui t'es surveillé, mais Boltor. Il est parti voir sa femme en cachette aujourd'hui et je lui ai proposé de le remplacer... tu comprends? Pour une petite somme... En tout cas tu t'es bien battu !" Théodren réfléchit à ce qu'un bandit répondrait à sa place.

"Alors, t'es muet, le nouveau? Tu pourrais me confirmer que tu ne diras rien !

-Excuse moi, je réfléchissait à la somme que tu devrais me donner en échange de mon silence.

-Uh ! Uh ! Uh ! Je vais te donner une vingtaine de pièces de cuivre parce que tu es nouveau et que je suis bourré... mais la prochaine fois, tu devras m' tuer pour me prendre une seule pièce ! Uh ! Uh !" 

 

CHAPITRE VIII : LE BERSERK

 

Théodren fut congratulé à son retour par les bandits et eut le droit de garder le butin entier. Il montra fièrement les bourses peu remplies à travers le camp, dans lesquelles il avait rajouté les vingt pièces de cuivre données par le bandit. Les bandits l'incitèrent à rentrer dans chaque tente en peaux et chaque cabane montrer sa première réussite. Il revint vers Morrie, toujours endormi, et le secoua. 

"Qu'est ce qu'on fait maintenant pour espionner? chuchota Théodren. Je suis encore plein d'énergie, et j'ai envie de renverser ce camp au plus vite.

-Mpfff... Obligé de me réveillé? Bon... d'abord... tu vas voir Lania, ou un bandit ivre, c'est plus facile pour toi... tu lui demandes les prochains événements et la cache de nourriture, et voila Les bandits ne prennent pas la peine de classer leurs biens, donc tu y trouveras les plans de bataille, les lettres, les armes... Maintenant si tu veux bien me laisser dormir... Les gros cerveaux ont besoin de plus de sommeil." Théodren courut voir Lania, essayant de s'essouffler pour ne pas laisser transparaitre d'autres émotions que la fatigue, lui évitant d'avoir à jouer la comédie.

"J'ai faim, annonça Théodren en se tenant courbé et appuyé sur ses cuisses. 

-Je vais t'emmener dans la réserve. Tu pourras manger ce que tu veux." Elle ouvrit une trappe dans le plancher de sa cabane et la referma derrière Théodren. Ils s'enfoncèrent dans des boyaux sinueux et sombres, humides et malsains au possible, sans aucune torche pour éclairer. Théodren utilisait ses mains pour détecter les parois, mais le sol aussi était inégal. Il pensa à Philitus qui était claustrophobe, et se demanda si il le reverrait avant longtemps. Ils arrivèrent dans une vaste pièce taillée grossièrement dans la roche; on y voyait encore les coups de piolets sur les parois. Théodren découvrit qu'étaient effectivement entreposés des armures, des feuilles et des biens de consommation courante. On pouvait surement y trouver des documents et des plans de bataille... Comment Morrie l'avait-il deviné? Théodren avait du mal à imaginer que cet homme passait sa vie à côtoyer des bandits.

Théodren s'assit sur une chaise bancale et attrapa une assiette de fer. Il prit les premiers morceaux de viandes qu'il trouva, un pain et quelques légumes, évitant ceux qui étaient entièrement pourris. Il mangea sous le regard angoissant de Lania et dans un silence angoissant. Il se sentait écrasé par sa présence. Il se resservit et Lania eut un hoquet de surprise. Elle s'assit devant lui et lui demanda :

"Tu viens d'une famille riche?

-Pas du tout. Mon père était paysan et ma mère tisseuse. Pourquoi donc?

-La quantité de nourriture que tu avales est impressionnante, expliqua t-elle, confuse. Nous venons tous de familles pauvres chez les bandits et nous sommes habitués a manger peu...

-Oh, je vois. J'essaierai de trouver ma propre nourriture. C'est que, lors de notre apprentissage à l'armée, on nous nourrit fort bien pour être en forme." Il pensa soudainement qu'il n'aurait pas dû parler de sa formation dans l'armée et lança un regard anxieux à Lania pour voir sa réaction. Elle lui sourit, et Théodren reposa la moitié du repas qu'il avait prévu.

"Pourquoi as tu changé soudainement de camp?

-Cela ne vous regarde pas. Enfin... je... je n'ai jamais vraiment aimé avoir une vie stricte et sans liberté, sous les ordres de quelqu'un. Il y a de meilleurs moyens d'être un héros et de servir les gens, mais j'avais besoin d'une formation guerrière pour maitriser les armes." Théodren comprit qu'il n'était pas obligé de mentir pour répondre aux questions. Il sentit ses jambes trembler. Lania le regardait avec insistance, comme pour lire en lui. Il décida de changer de sujet au plus vite.

"D'ailleurs, je n'ai d'autres vêtements que cette tunique de novice... C'est gênant?

-Non, c'est parfait, cela surprendra nos ennemis. Sinon, quand tu deviendras réputé dans notre clan, nous te donnerons des équipements.

"Comment passe t'on le temps ici? Vous prévoyez des choses? J'ai du mal à rester sans rien faire, je veux vivre des aventures, gagner de l'argent, être connu...

-Nous sommes parfois contactés par des gens pauvres qui convoitent la richesse d'un voisin, que nous leur volons en échange de quelques pièces. Sinon, c'est la capitale des Rebelles qui décide de ce que l'on doit faire. Quant à toi, tu as quartier libre tant que l'on ne te demande rien. Si tu es doué, tu seras très vite connu et craint. En attendant, je demanderai à des bandits de te prendre sous leur aile.

-Les rebelles? Une capitale?

-Par Craor, tu ne connais vraiment rien, toi. Remarque, tous ces faits sont cachés par la propagande royale... Les Masqués d'argent et les Mérias font parti d'un corps d'armée rebelle voulant renverser la monarchie tyrannique du pays en république." Théodren commençait a percevoir le danger que cela représentait pour le royaume et la raison pourquoi le royaume cachait qu'il était en grand danger.

-Bien, et que prévoit la "capitale"?

-Nous voulons montrer aux civils qu'il est temps de se rallier à nous. Nous allons réunir nos hommes pour créer de grandes assemblées et recruter des hommes dans les villages miséreux touchés par l'autorité du roi. Dans une semaine nous lancerons de grands raids sur tout le continent.

-Vous pourriez prévenir un peu avant, que l'on se prépare avec mon ami...

-Tu rêves, mon jeune ami. Je sais très bien que n'importe qui peut être un espion, et nous ne prévenons les novices que quelques jours avant. En tout cas, tu auras l'occasion de prouver ta valeur et de devenir un héros. Je te vois bien en jeune chef rebelle... " Théodren se demanda comment gagner la confiance complète de Lania. "Quelle est la chose la plus importante pour un bandit? L'argent, sans doute. Le confier reviendrait alors à dire que l'on est entièrement dévoué à la personne."

"Lania, j'aimerai vous confier mon argent, pour le bien de notre clan. Il réflechit un instant. En fait, nous devrions tous partager notre argent dans un pécule commun !"Il était content de son idée puis il pensa qu'il ne devait pas aider l'ennemi, mais il était trop tard. Lania aquiesca et trouva l'idée excellente, elle en parlerait à ses hommes le soir même autour du feu. Il se leva pour partir. Lania le suivit de très près, le collant même, et il eut l'impression d'avoir des jambes en paille. Il se sentit mieux quand il quitta sa cabane, les yeux de Lania toujours rivés sur lui. Il eut envie de s’entraîner comme a la caserne pour se détendre et oublier un peu qu'il était dans un environnement hostile. Il commença a faire des moulinets avec son glaive sous les yeux étonnés des bandits, qui trouvèrent l'idée bonne et se mirent a faire des duels.

Théodren fit des exercices de musculation, et quand il se releva, il se retrouva face a un nain poilu dont la peau était bleutée et parsemée de veines saillantes violettes. Il portait une armure épaisse et magnifiquement gravée de symboles que Théodren n'avait jamais vus.

"Tu te vantes, ptit vaurien ! Tu fais le beau devant tout le monde, bravo ! Tu vas voir qui est le numéro un ici !"lança t'il d'une voix aiguë et criarde. Théodren se mit en posture de combat, amusé de pouvoir montrer sa force à ce prétentieux, et le nain saisit une hache se trouvant dans son dos. Il la brandit au dessus de sa tête et Théodren prépara sa parade. Le choc fut puissant. Théodren se retrouva dans les airs, la garde de son glaive a la main, sans la lame. Il retomba lourdement contre un mur. Il se saisit le poignet droit en grimaçant. Le nain ricana grassement et s'approcha de Théodren :

"Tu ne me voleras pas pas ma réputation... Dis bonjour a ton nouveau maître berserk ! Je m'appelle Brenn Ventreloup." Théodren sourit même s'il avait peur, car il espérait ainsi faire cesser le ton hostile du nain. Le nain le souleva et le remit debout.

"Hop ! On commence devant Lania, pour montrer que c'est MOI le plus fort et que je mérite tous les honneurs, l'argent et tout ça." sur ce il prit une profonde inspiration, et ses yeux devinrent rouges, injectés de sang. Des veines saillirent de son front et de ses mains bleutées.

"C'est ainsi qu'on est quand on devient berserk. On est plus fort, on ne ressent pas la douleur, on est plus rapide et on fait peur. Écarte toi de moi quand je suis comme ça, ne reste pas pétrifié comme un idiot ! Et ne m'énerve surtout pas." Il prit sa hache et la lança contre la palissade du camp. Elle décrit une ligne droite et s'enfonça profondément dans le bois. Lania sortit et s'arrêta regarder les deux individus. Aïlina s'approcha également.

"Pour contrôler ta fureur et rester conscient, tu dois bloquer ton cerveau a la transformation berserk. Quand tu te mets en colère, tu dois penser a rester éveillé tout en restant passif. Je sais pas si tu m'as compris. En gros, tu dois essayer de devenir ce monstre mais en le contrôlant. Pour rentrer en colère maintenant, tu ne dois plus penser a rien, et tu dois penser que tu es un héros surpuissant qui va se transformer en monstre. Théodren essaya, mais n'y arriva pas. Il essaya plutôt d'imaginer qu'Aïlina se faisant attaquer par les bandits. Il enragea et eut du mal a penser a rester conscient. Il crut qu'il ne se contrôlait plus, il semblait comme hors de son corps mais Brenn le félicita.

"Tu vois, en cinq minutes tu as tout appris. Aprés, tout est une histoire de contrôle qui ne dépend que de toi. Mais je vais quand même rester ici quelques temps pour t'apprendre quelques techniques de combat." Il s'écarta et vint saluer Lania, qui lui donna un peu d'argent. Le soir, Théodren vint se coucher, la journée saturée de tant de dangers l'ayant épuisé, et trouva Morrie les yeux mi-clos sur sa paillasse.

"Toi le jour, moi la nuit. J'aurais aimé te prendre sous mon aile les premiers jours mais je n'ai pas de temps à perdre avec un apprenti." dit-il. Il se leva et partit sans un bruit.

Théodren essaya de s'endormir mais les bandits chantaient autour d'un feu. Finalement, il décida de se lever pour aller sympathiser avec eux, mais il entendit le sol craquer et resta couché, les sens en alerte. Il ne vit rien dans l'encadrement de la porte, mais aperçut bientôt la tête de l'affreux nain au dessus de lui. Théodren le saisit et un couteau tomba a plat sur son ventre.

"Pleutre ! Tu attends mon sommeil pour me tuer ! cria Théodren.

-Ferme-la, je sais très bien que tu es un grain pourri de royaliste, et comme le raisin, un grain pourri fait pourrir toute la grappe..." Théodren projeta le nain a l'autre bout de la pièce. Il était plus lourd qu'un homme normal avec son armure ! Théodren pensait que Brenn voulait lui faire un exercice et qu'il jouait la comédie. Il tenta donc de se transformer en berserk. Brenn, qui était venu pour le tuer, comprit qu'il pouvait récupérer son assassinat manqué en faisant croire a Théodren que c'était un exercice. Il resta impassible, se cachant dans la pénombre, attendant que Théodren cesse de frapper dans le vide devant lui en grognant. Il mit du temps à reprendre son état normal. Et Brenn s'impatienta. Il lança en vitesse :

"Bien, Théodren. Tu es un expert maintenant. Allez, je te laisse te reposer... » Il s'apprêta à partir.


CHAPITRE IX : BOLTOR

 

C'est alors qu'un drôle de jeune homme apparut dans l'encadrure de la porte, barrant le chemin au nain. Il avait les cheveux bouclés et une barbe très stylisée. Il saisit Brenn par sa longue barbe.

« Aaaah pas la barbe ! Pas la barbe ! » se mit a crier désespérément le nain en gigotant dans tous les sens.

« Mais c'est que tu es lourd ! » gémit le nouveau venu en le lâchant. Le nain s'écrasa par terre puis s'enfuit en criant en langage nain. L'homme s'approcha de Théodren en souriant .

« Si tu as des problèmes avec le nain, appelle moi, je le connais bien. Je te le dois bien ! Les autres m'ont envoyé voir ce qu'il se passait ici.

-Ah bon ? Mais qui es tu ?

-Je suis Boltor. Je ne sais pas si mon ami t'en a parlé, mais je devais te surveiller et je ne l'ai pas fait pour aller voir ma femme. Tu ne vas pas le répéter hein ?

-Bien sur que non. J'ai besoins d'amis et pas d'ennemis ici .» Théodren imaginait déjà la couverture qu'il allait avoir en se faisant des amis bandits. Le jeune homme tendit un foulard noir brodé d'argent à Théodren.

"Notre tisseuse Aïlina vient de finir ton foulard ! 

-Oh, elle travaille la nuit aussi?

-Je ne sais pas trop, elle avait l'air d'avoir très envie de les finir et s'est donné beaucoup de mal pour faire les broderies argentés de ton foulard et de celui de ton ami. C'est une des rares de notre groupe à dormir longtemps la nuit, mais elle veut toujours bien faire pour aider les autres.

-D'accord. Euh... pourrais-je connaitre ton nom?

-Je suis Boltor, surnommé le bienheureux. Je n'ai pas de nom car je trouve que devoir se présenter a chaque fois avec un prénom, un nom et un surnom est un peu long... et en tant que bandit un nom ne sert à rien, crois moi ! Je suis en quelque sorte celui qui encourage les troupes en chantant et en racontant des histoires … pas très réfléchies pour faire rire les autres. Théodren serra sa main et l'observa avec attention. C'était le premier bandit qui n'avait pas l'air malveillant, avec Aïlina bien sûr. Il avait des rides de sourire, l'air franc et sympathique, avec ses cheveux longs et frisés sa moustache aux pointes retroussées.

-Et moi je me nomme Théodren. Je n'ai pas encore de nom qui m'est propre donc j'utilise celui de mon père, "De Mentios". Je n'ai pas de surnom officiel mais on me surnomme par de multiples surnoms dans la vie courante, le plus répandu est « le coureur ».

-Tu viens donc du village Mentios ? Demanda Boltor avec un étrange sourire de satisfaction.

-Oui. Cela a l'air de te réjouir fort !

-Tu ne me reconnais donc pas ! J'ai pourtant essayé de te donner un maximum d'indices pour que tu me reconnaisses ! Tu as toujours une mémoire aussi courte à ce que je vois...» Théodren réfléchit aux enfants avec lesquels il jouait quand il habitait encore au village de son père. Mais il se rendit compte avec tristesse qu'il n'avait aucun souvenir de ses bons moments d'enfance. Seulement le moment ou son père lui avait permis de devenir soldat, et sa première épée en bois. » Théodren fit semblant d'avoir une illumination.

« Ah ! Oui ! » Boltor rigola et demanda sur le ton de la confidence :

« Tu te rappelle quand on s’était battu avec les faux du père de Theogek ? » Les souvenirs d'enfance revinrent petit à petit. Théodren pensa : "Suis je un guerrier complètement idiot et sans mémoire, qui se contente de foncer dans le tas? Il faudra que je retourne voir Artor pour en parler."

Les deux anciens amis discutèrent jusqu'au matin sous la respiration paisible d'Armeno. Théodren se rendit compte qu'il avait oublié de nombreux passages de son enfance, que Boltor pouvait raconter en détails. Théodren en oublia même sa présence chez les bandits. Il pensait, nostalgique, à l'innocence de leur enfance.


CHAPITRE X : THEODREN LE MOUCHARD



Théodren se réveilla en sursaut : Morrie était en train de le secouer violemment.

"Réveille toi ! J'ai besoin de savoir ce que tu as appris hier ! En tout cas, ça m'a fait bien rire de voir que tu avais déjà créé une loi pour le clan ! Ça nous permettra d'être moins regardant au niveau de l'argent je pense.

-Heyeyey, calme... Moi aussi j'ai besoin de dormir, hein ! 

-Non, tu es peu intelligent, pas comme moi. Et tu ne sais pas mentir. j'ai écouté ta discussion hier soir et je me suis délecté de la façon dont tu as fait croire que tu te rappelais de Boltor." Il avait dit cela d'un ton blasé comme à son habitude et Théodren fut surpris de le voir soudainement éclater de rire, devenir rouge vif, puis reprendre une expression normale d'un seul coup. Morrie regarda Théodren, semblant attendre quelque chose.

-Et bien, Théodren, je crois t'avoir posé une question.

-Euh, bon, euh... Ah oui, ce que j'ai appris hier. Et bien... J'ai appris une chose d'importance capitale. Enfin je crois !

-Accouche!

-Et bien... dés la semaine prochaine, des rebelles se trouvant un peu partout dans le royaume et dont les Merias et les Masqués d'argent font parti, organiseront des raids pour renverser la monarchie et instaurer des républiques.

-Oula. On est arrivés ici juste à temps ! Et on est les seuls a pouvoir arrêter ça pour l'instant. Aha, personne n'est assez doué de toute façon ! Heureusement que je suis là ! Suis moi, on doit passer a l'action immédiatement. Toutes mes félicitations au fait, je ne pensais pas que l'on puisse récupérer des informations capitales aussi rapidement !" Théodren le suivit et ils partirent loin hors du camp, sous prétexte de parler à leur famille de leur longue absence. Stupéfait, Théodren aperçut Philitus caché dans une fougère.

"Salutations !" lança jovialement Philitus. Il vint serrer la main de Morrie et prit Théodren dans ses bras.

"Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te laisser partir en mission spéciale sans moi ! Je joue le rôle du messager. Alors? Que dois je dire aux autorités du royaume aujourd'hui? demanda Philitus.

-Il faut que tu leur dises EXACTEMENT ceci, dit Morrie : Un bandit vole, mais deux tuent, une couronne a coulée.

-C'est tout? Bon j'ai retenu. C'était court ! J'espère que ça leur servira... A bientôt! Faites attention ou vous mettez les pieds ! Je dois rester le moins longtemps possible ici. Et Théodren... fais attention à toi, tu as déjà eu assez de problèmes avec les bandits comme ça." Il les quitta en courant.

"Pourquoi ne lui as tu pas simplement dit la vérité plutôt qu'un message "codé"? demanda Théodren, une fois que Philitus fut hors de vision.

-Tu sais bien que personne ne doit être courant que le royaume est en grand danger. Et en plus, ce n'est pas moi qui ai créé ce code et n'importe qui un minimum intelligent peut le comprendre facilement...

-Mais comment le royaume d' Eselphys pourrait se préparer au combat si personne n'est au courant? Morrie se pinça le nez.

-Tu n'est pas vraiment très vif, mon jeune ami. Comment le royaume pourrait se préparer si tout le monde est au courant que la défaite est quasi certaine? Il y aura désertions, traîtrises... seuls les hauts placés sont mis au courant pour adapter leurs tactiques. Quand les soldats vont au combat, ils croient se battre contre une menace minime. Après, je ne peux pas t'en dire plus, je n'ai jamais participé aux conseils de guerre.

-Vous pensez toujours a tout ! Mais vous voulez dire que le royaume est fichu?» C'est alors qu'il trouva une bourse contenant des bijoux et des pièces sur le sol, bien en vue. Philitus avait apparemment laissé ce butin pour que les deux compagnons puissent justifier leur disparition. Morrie semblait réfléchir. Il ouvrit deux fois la bouche sans rien dire. Théodren le regardait en attendant le verdict.

"Théodren, dit-il enfin, nous allons devoir déserter le camp dés que possible, nous avons déjà été assez utiles pour l'armée en la prévenant de l'attaque prochaine, et si nous restons nous allons être contraints d'attaquer nos collègues ! Ce fut une de mes missions les plus rapides, et c'est un peu grâce à ta coopération. Bon, par contre pour quitter les bandits je ne vois pas d'autre solution que de partir pendant les raids, en faisant semblant d'avoir peur. Et le problème, c'est que Lania te connaît. Elle sait que tu ne te replierai jamais. Mais c'est le seul moyen que je vois pour éviter que les rebelles ne nous poursuivent pour trahison... Vu leur nombre, ils ont les moyens de nous poursuivre. Moi, je peux me cacher, mais toi...

-Ça dépend. Je me suis déjà replié lors d'une attaque de faucons. Ou d'aigles, je ne sais pas trop. Mais j'étais très blessé.

-Il faut trouver autre chose.

-On a qu'a se retourner contre les bandits en plein combat. Comme ça je réponds a mes devoirs de soldat. Il faut que le royaume est le plus d'hommes possibles dans son camp. Et puis j'en ai déjà marre de l'espionnage, je veux me battre, moi !

-D'accord. De toute façon nous n'avons plus le choix. Essaie juste de survivre pour ta part, ce sera déjà très fort, crois moi. Tu n'as jamais participé à une grande bataille, n'est ce pas?

-Oui. Je suis heureux de me battre pour le royaume d'Eselphys ! Et pour les autres royaumes monarchiques !

-Non, ceux la peuvent crever. Si je survis, je pourrais ainsi m'occuper de ceux la au nom d'Eselphys, ça me divertira !" Ils retournèrent au camp un peu maussades. Leur mission s'était avérée utile très vite, mais ils allaient devoir revenir dans leur vrai camp au pire moment... Ils marchaient côte a côte, pensifs, quand Morrie prit soudainement Théodren par les épaules .

"Si nous perdons la première bataille, nous perdrons toutes les autres. Il faudrait... des renforts. Il faut essayer de corrompre des bandits sans se faire remarquer. Moi je vais essayer de prévenir mes amis enquêteurs en infiltration dans le désert de l'ouest. Il faudrait aussi assassiner les chefs, mais nous n'avons pas le temps." une flèche vint soudain s'enfoncer dans un tronc proche. Les deux compagnons se baissèrent et rampèrent jusqu'au camp.

"Ils ne nous ont pas reconnu ! Ce n'est rien, suis moi." murmura Morrie. La discussion était donc close. Théodren allait devoir tout risquer pour corrompre des bandits, mais il n'était pas sûr d'avoir vraiment le courage d'essayer. Il arriverait déjà plus facilement à assassiner Lania que d'utiliser son éloquence faible pour convaincre des gens. Pour lui, c'était relativement impossible. Morrie suivit une trajectoire inatteignable par les archers, rampant au milieu des fougères et herbes hautes.

Une fois au camp, Lania s'approcha d'eux en courant.

"L'organisation du raid a commencé. Soyez discrets. Nous devons nous regrouper en vastes armées. On part pour édifier un fort sur la colline aux corbeaux, a la frontière du royaume d'Eselphys et d'Alvin. Vous y trouverez mes frères et ma sœur, chefs comme moi de la confrérie.

-Vous êtes une dirigeante de l'opération? Demanda Théodren surpris.

-Oui... Je suis la créatrice de la confrérie Masquée d'argent, et des alliances rebelles. J'ai vu mourir mon père, tué par Namian le Loup en personne, alors qu'il n'avait qu'effectué des rassemblements ou il faisait l'éloge de la République. Assez discuté. Nous partons dés demain. Préparez vos affaires." Théodren entendit des cris d'agonie qui venaient du centre du camp et il sentit ses cheveux se dresser sur sa tête.

"Ça... nous sommes en train de torturer un soldat pour savoir si l'armée est au courant de ce que nous mijotons. Dépêchez vous si vous voulez regarder le spectacle, il n'est pas très solide." 

Il le fut assez pour gâcher de ses cris l'après midi entière de Théodren, qui ne voulait pas partir du camp pour ne pas passer pour un faible qui s'enfuie a la moindre vision de souffrance. Armeno dormait tranquillement à ses côtés.


CHAPITRE XI : CORRUPTION



La marche fut longue jusqu'au nouveau camp. Théodren regardait désespéré l'immense armée qui avait été réunie. Théodren ne s'était jamais senti aussi étouffé et oppressé dans cette masse de gens. Même à la capitale un jour de fête. Au moins dix mille hommes et femmes étaient rassemblés. Théodren aperçut même un elfe entouré d'une aura magique. Un des premiers mages du monde. Les personnes les plus puissantes du monde de Maridelnia étaient donc alliées aux rebelles... Théodren voulut le faire remarquer a Morrie mais ce dernier semblait occupé avec un groupe d'hommes. Peut être ses amis espions. Il y avait de plus en plus d'agitation et Théodren était sans cesse bousculé. On érigea des tentes et des palissades dans la musique et la bonne humeur. Théodren se rongeait les ongles , assis près d'un brasero, quand une flèche vint se planter dans la tête d'un bandit devant lui, qui s'effondra dans un gargouillement sur le brasero. Théodren pensait de plus en plus fort qu'il ne devrait pas être ici. Une deuxième flèche atteint un bandit a la poitrine. La zone se vida rapidement, mais Théodren restait figé. Il n'y eut pas d'autre flèche. Un bandit grommela :

"Qui est l'imbécile qui s'amuse a tirer au milieu du camp?" Une ombre se faufila derrière lui, filant entre les jambes des bandits qui  poussèrent de exclamations. l'ombre trancha la gorge du bandit. Théodren vit alors les yeux de l'assassin. C'était une femme, qui semblait vouloir tuer l'armée rebelle entière a elle toute seule. Elle portait un arc et une dague. Les bandits reculèrent et formèrent un cercle autour d'elle. Elle cria :

"Imbéciles ! Les héros du royaume ont étés rappelés pour vous combattre ! Notre loyauté vous vaincra !" Elle effectua un salto vers l'avant et décapita un rebelle en plein vol. Elle disparut derrière une rangée de tentes. Quelques hommes se lancèrent à sa poursuite. Théodren se demandait tout de même comment le royaume allait se débrouiller avec son armée mobile de deux mille hommes et ses quatre mille gardes pour vaincre un camp de dix mille bandits, sous la menace de raids venant d'autres camps... D'ailleurs les bandits se moquèrent bien des quatre morts causés par l'assassine.

 ***

 

Le jour du premier raid est arrivé. Théodren n'a pas retrouvé Morrie et se sent pris dans un terrible cauchemar. Et si ses parents étaient tués dans un raid? Il a très mauvaise mine : il a passé la nuit a vomir...

Le matin, Théodren découvre que tous les rebelles s'appliquent des peintures de guerre et mangent en rigolant et en jouant de la musique. Un rebelle le tape sur l'épaule et lui dit de se dépêcher de se préparer. Il lui donna un pot de terre cuite rempli de raisin noir écrasé mélangé a de la farine. Cela amusa Théodren et il chercha un point d'eau pour voir son reflet. Il croisa Boltor qui lui proposa de lui faire sa peinture. Théodren se sentit soulagé de trouver un ami.

"Non ! Je veux le faire moi même ! Présente moi un point d'eau !" Boltor était presque parvenu a se faire une mine antipathique par rapport à son visage souriant habituel, car on aurait dit un psychopathe déguisé en bouffon, et il aurait très bien pu jouer le rôle d'un ennemi public. Il l'emmena vers une écuelle d'eau. Théodren s'amusa à renforcer ses traits et se peindre une barbe. Boltor rigola quand Théodren lui montra son travail.

"Tu es beau mais pas impressionnant ! Il faut que tu peignes des sourcils froncés et que tu noircisse le contour de tes yeux. Il faut aussi que tu ombre les bords de ta bouche pour que l'ennemi est l'impression que tu es en colère. Théodren se remit au travail. Il se regardait, satisfait, quand il aperçut Aïlina assise, avec une amie lui appliquant de la peinture sur le visage. Boltor suivit son regard et comprit. Il prit Théodren par le bras et lui chuchota :

"Je la connais bien, alors je sais qu'elle ne t'aime pas, pas encore en tout cas. Alors voici ce qu'on va faire..."

***

 

Boltor appela l'amie d'Aïlina qui s'excusa et rejoint Boltor. Aïlina commençait à se peindre a l'aveuglette et Théodren prit une grande inspiration pour se diriger vers elle.

"Bonjour ! Vous avez besoin d'aide?

-Je crois. Je ne suis pas très douée... Et vous avez bien réussi votre visage !" Théodren sourit. Il allait pouvoir la toucher ! Théodren prit le pot, et commença a appliquer la peinture sur le visage de la jeune femme. Sa main tremblait un peu. Boltor lui avait déclaré que pour séduire une femme, il fallait la regarder intensément dans les yeux en y mettant tout l'amour possible. 

Après que Théodren ai utilisé cette technique, laissant sa main en l'air un instant, Aïlina rougit et baissa le regard. "Ça marche?" Théodren chercha quelque chose d'intelligent à lui dire.

"... J'ai du mal à vous peindre. Vous êtes bien mieux naturellement...

-Oh,... n'ayez pas peur de faire de moi un monstre, si la guerre le veut.

-Par contre faire de vous un monstre sera difficile." Ne trouvant aucun compliment de plus a lui dire de façon naturelle, il continua de la peindre en silence, le plus délicatement qu'il le pouvait. Il regardait sa peau délicate répondre gracieusement à la pression de ses doigts.

"En parlant de la guerre... vous allez vous battre?

-Pourquoi, vous ne m'en croyez pas capable?

-Oh non, c'est juste que vous semblez si délicate...

Une fois terminé, il s'esquiva en lui faisant un petit salut et en la regardant de nouveau dans les yeux. Mais elle ne détourna pas son regard cette fois. Elle semblait lire en lui. Il eut un frisson en se retournant, il n'avait jamais été aussi tendu. La guerre et la mort n'étaient rien à côté de l'amour. 

***

 

Comme un seul homme, la masse de bandits s'était mise en marche pour le royaume d'Eselphys. Plusieurs villages avaient déjà cédés, et même la cité des Trois chemins était tombée dans le royaume écarlate, au Nord. Jusque là, Théodren n'avait pas vraiment songé que la rébellion pourrait prendre une telle ampleur. L'armée rebelle arrivait maintenant dans le village natal de Théodren, Mentios.

***

« Caelle ! Ils sont là mon amour !

-Tante avait donc raison? Tu crois qu'ils ont vraiment brûlé tous ces villages?

-Je ne sais pas, mais j'ai comme l'impression qu'ils ne vont pas épargner le nôtre... regroupe les enfants, on va charger le mulet de nos biens les plus précieux !

-Pour aller ou? Par les dieux, mon amour, le sol tremble ! ». Des cors de guerre résonnèrent au loin et les deux parents se mirent tout de suite à la tâche. Un homme en armure rentra soudainement dans la maison et la mère cria de terreur.

« Ma chérie, c'est un soldat ! » la femme s'appuya contre le mur pour reprendre ses esprits. Le soldat s'excusa et expliqua sa venue.

« On a besoin de volontaires pour finir les barricades, puis défendre le village.

-Mon chéri n'y vas pas ! Tu as déjà eut assez de blessures quand tu étais soldat !

-Écoutez mon gaillard, dit le père, j'ai déjà fait la guerre contre des bandits et je ne peux pas abandonner ma famille. Ma mission est de retrouver mon fils qui est soldat et qui a disparu il y a peu. Lui, il vous sera utile. » Le soldat les quitta sans dire un mot de plus.

***



Théodren courait devant, porté par les ailes de la peur, voulant vérifier que sa famille avait quitté le village avant l'arrivée de l'armée; ils sont sur une carriole avec son frère et ses deux sœurs, et le mulet de la ferme les tire hors de danger. Le petit frère aperçoit Théodren.

« Théodren ! Fuis ! » cria son père, sans savoir qu'il était théoriquement avec l'armée rebelle. Voyant qu'ils étaient en sécurité, Théodren s'arrêta de courir, et repartit en arrière rejoindre les bandits, tout en faisant signe à son père que tout irait bien. Le père comprit alors dans quelle galère Théodren s'était embarqué.

Une fois le village capturé, et malgré les protestations de Lania, il fut ensuite incendié et pillé. Théodren regarda pas sa maison brûler. Il en avait gardé si peu de souvenirs de son enfance qu'il ne pleura que deux larmes. Les prisonniers furent amenés devant Lania sur la place principale, et elle les contraints de rejoindre les rebelles. Les opposants sont tués. Théodren eut l'idée d'aller parler aux nouveaux venus ayant accepté de se joindre aux rebelles pour sauver leurs vies, dans le but de leur parler comme Morrie lui avait demandé auparavant. Il les réunit sous le prétexte de leur expliquer les plans de batailles, dans une tente légèrement éloignée du campement. Il ne savait pas trop comment commencer et avait l'impression de jouer sa vie. Son visage luisait de sueur.

"Écoutez moi. Je sais que vous avez étés forcés a rejoindre les rebelles. Voila ce que je vous propose : quand une bataille aura lieue entre les rebelles et le royaume, sauvez vous vers l'armée, et aidez les. Ou bien fuyez pendant la nuit en sécurité, à Brisevent par exemple..." Il y eut un silence attentif, puis des murmures. Théodren observa la réaction des hommes. Dites le à tous vos amis, et ne restez pas passifs ici ! Je comprends que vous soyez encore hébétés, mais il faut réagir maintenant. "Voilà, c'est fait, je ne peux pas revenir en arrière. Si il y en a un qui me dénonce, je n'ai plus qu'à quitter le royaume ! Voire même à découvrir une ile inconnue de tous au milieu de l'océan..."

-Laissez tomber. Vous ne voyez pas que nous avons perdu ? lança un paysan. Le royaume d'Eselphys va tomber très bientôt, et le royaume Ecarlate suivra. Rien ne peut plus les arrêter !" Théodren le prit par la gorge, les larmes aux yeux.

"Vous n'avez donc aucun honneur? Aucune loyauté? Vous allez laisser ces chiens détruire notre vie? Nous devons les arrêter. On obtient les choses qu'en les voulant.

-Jeune homme, je comprends bien votre haine. Mais ce n'est pas notre guerre. Nous ne sommes pas politiciens. Si ceux qui nous ont vaincus veulent nous utiliser pour remporter des victoires politiques, nous devons nous soumettre. Ils nous ont vaincus, je vous rappelle. Lâchez moi maintenant !

-Faites ce qui vous semble juste, mais ne répétez jamais ce que je viens de vous dire. Vous avez compris vous autres?

-Oui.

-Nous vous aiderons, par l'épée d'Isenldar !" Theodren remercia celui qui avait lancé cela et s'esquiva au plus vite.

La troupe marchait déjà vers une des forteresses les plus importantes d'Eselphys. A chaque village capturé, le nombre d'hommes augmentait, mais Théodren réussit a en persuader une majorité de rester loyaux au royaume, ou du moins de s'enfuir. personne ne semblait le dénoncer. Théodren reçut un jour une lettre d'un de ces hommes. Il lui annonçait que le Royaume écarlate accueillait les familles de fuyards au nom de l'alliance entre le royaume écarlate et le royaume d'Eselphys. Il se sentit utile pour la première fois de sa vie et se dit qu'il pouvait désormais mourir en paix, avant de se dire que c'était de la faiblesse de mourir sans essayer de servir le plus possible aux autres.

L'armée royale s'était réunie devant la forteresse de Brillant, juchée en haut d'une falaise fleurie. Les remparts reflétaient le Soleil comme un miroir, éblouissant de sa splendeur les assaillants. Des deux cotés, des camps furent construits. La bataille allait commencer. Celle qui choisirait la destinée du royaume.


CHAPITRE XII : LA PREMIERE BATAILLE



Les deux camps s'étaient réunis en masse, sans aucune discipline. La stratégie était de foncer dans le tas adverse. Le combat promettait d'être violent et désordonné. Si l'armée royale perdait une seule bataille, le royaume s'effondrerait. C'est l'armée royale qui s'élança la première, bien en rangs et serrée, malgré leur charge rapide et soudaine. Les rebelles se mirent en marche à leur tour et le pauvre Théodren, bien que très musclé, n'était pas très grand et était étouffé par les corps de ses voisins. Il peinait a respirer, écrasé dans la masse. Le sol tremblait et il luttait pour ne pas tomber.

Le contact fut si violent que des hommes s'envolèrent par dessus les lances. Théodren choisit ce moment pour retourner sa veste. Il savait qu'il ne pourrait se contrôler si il était berserk, mais au moins si Lania le voyait, elle mettrait ses attaques contre les bandits au compte de son coté berserk. Il écrasa sa lame contre le casque d'un bandit. Celui-ci s'effondra sans bruit et personne n'y prêta attention dans la cohue. Mais le deuxième qu'il tua cria et un rebelle attaqua Théodren. L'armée royale se rapprochait insensiblement de Théodren, et il devait s'être complètement retourné contre les rebelles avant d'être prix entre les deux armées. Il pensa soudainement à sa peinture, et comprit que c'était un signe distinctif qui permettait aux deux armées de repérer leurs ennemis, ainsi que le foulard noir brodé d'argent. Il essuya son visage trempé de sueur et fut soulagé en voyant toute la peinture qu'il avait essuyé sur son bras. Il fit passer le foulard sous sa tunique. Il lança du plus fort qu'il put ses bras vers la gauche et découpa deux rebelles. Il pare. Transperce, découpe. L'armée royale passe a ses cotés. "Ouf" pensa t'il. Il avait réussi a changer de camp sans mourir. Il tailladait comme il pouvait devant lui mais il était écrasé a l'épicentre de la mêlée, poussé par l'arrière et par l'avant.

Il était en première ligne, et alors qu'il avançait dans la masse rebelle il vit Boltor qui lui faisait signe. Théodren pria pour qu'il n'ait pas vu sa traitrise. Il trouva que se battre devenait dangereux et il fit brusquement des coups violents dans les deux camps pour se faire de la place. Boltor réussit a le rejoindre en grimpant sur les épaules d'un rebelle costaud qui semblait être son ami.

« Théodren ! Oh ! Ça va ? Tu tues tout le monde ! » Théodren pâlit. «  Il a remarqué que j'attaquais les deux camps.» Il eut soudain une idée.

« Hein ? Ah, Boltor c'est toi. J’étais berserk. Oui, je suis un berserk. C'est pour ça que Brenn était venu me chercher pendant la nuit. Pour m'entrainer.

-Je ne vais pas plus longtemps rester près de toi dans ce cas, mon frère, mais calme toi par pitié ! Au fait, tu transpire tellement que la peinture est...» Théodren espéra être tiré d'affaire quand un soldat donna un violent coup de bouclier a Boltor qui s'envola un peu plus loin.

Théodren se fit alors soulever par un colosse. Ce dernier l'envoya sur le sol, au milieu des cadavres. Théodren envoya son épée vers lui en criant mais l'homme l' arreta d'un geste souple et la renvoya dans un mouvement gracieux. Il était clair que Théodren était beaucoup moins expérimenté que lui. Théodren essaya de l'avoir par la vitesse, mais l'homme rabattit le glaive de Théodren avec un réflexe foudroyant, et le coinca sous son épée. Théodren était franchement touché dans son amour propre et il commençait à devenir berserk lorsque son adversaire, coinçant toujours l'épée, asséna un formidable coup de pied dans le ventre de Théodren qui lâcha son glaive et vint s'écrouler au pied d'un rebelle, qui s'apprêta à planter sa lance sur lui. Théodren effectua une roulade arrière et la lance passa entre ses jambes. Une fois debout, Théodren s'empara de la lance et réussit à la retirer des mains du rebelle en lui assénant un coup de tête. Il transperça le rebelle. Le colosse revenait vers lui. Théodren n'arrivait pas à retirer la lance du corps, et chercha une arme au sol parmi les cadavres, ce qu'il trouva fort malsain. Le colosse se jeta soudainement vers lui, pour le prendre par surprise, mais Théodren appuya avec son pied sur une lance en équilibre sur un mort. La pointe se releva sur le colosse qui se fit embrocher. Ce dernier regarda la lance avec étonnement et baissa les bras, vaincu. Un soldat ne tarda pas à lui trancher la gorge. Le tumulte était tel que Théodren était obligé de ramper pour éviter les coups, dans une poussière étouffante. Il cherchait son glaive.

Il aperçut Aïlina qui le regardait en pleurant, à quelques mètres de lui. Sa peinture de guerre coulait avec ses larmes. Son cœur battit alors violemment et il maudit les dieux de la lui montrer ainsi malheureuse. Il essaya de la rejoindre mais des brutes rebelles barraient le passage. Il essaya de passer entre leurs jambes mais il reçut un coup de hache dans le dos. Théodren se rappela le corps de son maitre d'armes Artor couvert de cicatrices et il grimaça. Un grand froid l'envahit.

Alors que Théodren rampait par terre pour éviter les pieds d'un rebelle costaud qui avait pris d’assaut le soldat qui avait attaqué Théodren par derrière, une grande flamme traversa le mêlée et des dizaines d'hommes de l'armée royale s'écroulèrent. Théodren aperçut aussi Lania, a genoux, semblant épuisée. De petits éclairs, jaunes comme des étincelles, sortaient de ses mains. Quelqu'un lui dit alors a l'oreille :

"Elle aussi ! Une magicienne?" Théodren reconnut la voix de Morrie. Lania vit Théodren et lui sourit. L'armée royale n'osait plus trop avancer vers ce point et la défaite semblait se définir. Théodren et Morrie ne pouvaient plus aider les soldats. Ils revinrent vers les rebelles, Morrie soutenant Théodren. Aïlina pleurait encore. Il se demandait qu'est ce qui pouvait bien la faire pleurer ainsi !


Aïlina le regardait toujours. Théodren était blanc comme un linge et se demandait si elle n'avait pas vu son double jeu. Surtout que désormais, ils devraient sans doute devenir des rebelles. Il ne fallait pas qu'il y ait des informations compromettantes à son sujet si il voulait survivre. Le royaume allait perdre sans aucun doute. Morrie était maussade. Il avait la main a la garde de son épée. Théodren était inquiet pour lui.

C'est alors que Morrie prit une flèche dans son large torse. Il lâcha Théodren et recula de trois pas sous le choc avant de déclarer sur un ton de médecin :

"Je suis touché mortellement. Je sens mon poumon percé." Théodren focalisa un soldat qui voulait achever Morrie par derrière, et il se releva dans un cri de désespoir, sans vouloir croire à ce que venait de dire Morrie. Il réussit à retenir le bras du soldat, puis le tordit vers le bas. Le soldat lui asséna un coup de poing dans la tête puis l'envoya valser d'un coup de pied, avant de se faire pourfendre par la lance d'un bandit. Théodren voulut porter secours à Morrie, mais celui ci avançait d'un pas décidé vers un groupe de rebelles. Il se jeta dans le tas et on ne vit plus qu'un tourbillon de lames et de poussière. Une dizaine de bandits tombèrent, puis le cadavre de Morrie apparut au sol, complétement ensanglanté. Théodren sentit le monde s'écrouler autour de lui et s'évanouit.

 

***

 

Théodren émergea doucement de sa torpeur et entendit des voix lointaines. Au bout d'un long moment, il réussit à distinguer des mots, puis il vit l'image floue de Lania, avant de sombrer de nouveau dans l'inconscience.



Il se réveilla de nouveau le lendemain et Lania était toujours, à monologuer des banalités.

"Je suis désolée pour ton ami. Tu le croyait fidèle n'est ce pas? demanda Lania, penchée sur lui, lui caressant les cheveux.

-Ou suis-je? Nous avons capturé le château? J'ai l'impression d'être dans le dortoir d'une caserne. Lania sourit en entendant enfin une réponse de Théodren.

-Oui, tu es a l'infirmerie. Je voulais te demander comment la bataille s'était passée pour toi. J'ai vu que tu avais une blessure au dos. Je ne comprends pas comment tu fais pour ne jamais mourir.

-La bataille s'est mal passée ! Très mal ! sanglota t-il.

-Je sais comme la mort d'un ami fait souffrir. Tu sais, peut-etre est-il juste devenu fou lorsqu'il a senti la mort l'envahir. Il nous était peut etre fidèle.  En tous les cas, demain, tu devras être remis, car nous partons vers la capitale. Pour ton dos ... Boltor et Nemus te porteront sur une civière. Ne t'occupes plus de ton ami, nous venons de remporter une grande victoire !" Théodren soupira et se mit en boule. Il laissa échapper un gémissement de douleur. Il s'endormit le cœur serré. Lania resta près de lui, lui caressant la joue comme une mère. Dans ses rêves, Théodren essayait de trouver un moyen d'arrêter tout ça. Mais plus il pensait, plus il se rendait compte que tout seul, il n'arriverait a rien... Puis il rêva d'Aïlina. Dans son rêve, il l'emmenait loin des bandits, et ils étaient heureux. Théodren rencontrait des monstres de plus en plus terribles à abattre pour la protéger.

Il aurait mieux fait de rester éveillé, car une fois endormi, Aïlina vint vérifier qu'il était bien dans un sommeil profond avant de prendre Lania par le bras.

"Que se passe t-il ma chère?

-Théodren... il ... il... il s'est retourné contre nous durant le combat!

-Etait-il berserk?

-Non... je ne crois pas. Il était en première ligne dans l'armée royale. Il a effacé sa peinture de guerre avec son bras.
Aïlina aperçut des larmes dans les yeux de Lania.

-Non ! Ce n'est pas possible ! Ou... Ou alors, ça explique que son ami se soit rebellé contre nous. C'étaient peut être deux espions. Je n'ai pourtant rien vu d'étrange dans leur comportement !

-Qu'allons nous faire, maîtresse?

-On le garde. Quand nous aurons vaincus le royaume, il sera bien obligé de rester de notre coté. Je sais qu'il est raisonnable.

-Mais il est courageux et loyal. Il ira peut être jusqu'au bout de ses idées.

-Nous verrons bien. Nous tuerons tous les opposants, de toute façon." La voix de Lania était tremblante. Aïlina semblait regretter d'avoir dénoncé Théodren : cela contrariait tout le monde.

Lania quitta le chevet de Théodren, s'enferma dans une pièce et se mit à hurler, avant de trouver mille et une excuses pouvant expliquer le comportement de son aimé.



CHAPITRE XIII : BATAILLE POUR BRISEVENT



L'armée rebelle marchait vers la capitale assurée de sa victoire, chantant des insultes envers la royauté. Théodren avait fait en sorte de se trouver a l’arrière cette fois ci pour ne pas participer à la bataille. De toute façon, il ne pourrait rien y changer. Il se rendit compte que les hommes de l'arrière étaient maussades comme lui. Boltor l'accompagnait et le soutenait car Théodren ne s'était pas totalement remis de sa blessure.

On apercevait déjà la capitale a cinq lieues, juchée sur une immense montagne noire ou le vent s’écrasait dans un roulement ténébreux, exactement comme la forteresse de Brillant. Eselphys était réputé pour ses forteresses protégées naturellement. Théodren avait appris par des rebelles que des centaines de soldats du royaume s'étaient réfugiés dans un royaume fantôme désertique à l'ouest, abandonné depuis longtemps par son roi, et où la misère et le banditisme s'était développé de façon inquiétante. Théodren rigola. La situation ne devait pas être bien pire qu'ici.

Théodren avait bien fait de rester a l’arrière, car dés que les premières lignes se furent approchées a une centaine de mètres, des tireurs d’élites a l’arc leur décochèrent une pluie de flèches dévastatrice. Les rebelles érigèrent alors des palissades sous les volées de flèches des défenseurs. L'entrée semblait infranchissable : des portes de 10 mètres de haut armaturées de métal étaient encadrés par des tours énormes garnies d'archers. Les murs étaient faits en pierres taillées avec tant de précision et étaient si épais -au moins une dizaine de mètres d'épaisseur !- que lorsque les rebelles tirèrent avec leurs catapultes sur les remparts, les boulets explosèrent en mille morceaux sans abîmer les murs sérieusement. Les rebelles avaient fabriqué des échelles et décidèrent de capturer les remparts au corps a corps. Les remparts portaient des centaines de soldats si serrés qu'ils risquaient de tomber. Les rebelles qui réussirent a grimper sur les remparts sous la pluie de flèches furent incapables de franchir cette masse de métal et de piques et ce fut la débandade. Théodren soupira de soulagement. "Les rebelles abandonneront sûrement leurs espoirs de conquêtes après une telle résistance!" Lania vint alors le voir, l'air furieuse, et lui dit :

"Est ce toi qui a aidé l'armée a gagner? Théodren blêmit et se sentit défaillir.

-Quoi? Non ! Comme si j'avais pu... je me sens tout le temps observé, je n'y ai jamais songé ! Écoutez, Lania. Il semble juste que nous n'avons pas les moyens de capturer la capitale. Je ne vois pas comment franchir ce mur de roche et d'acier ! Lania fronça les sourcils.

-Alors nous allons les chercher, ces moyens. J'ai appris que des centaines d'hommes se sont réfugiés dans le désert de l'ouest. Et si nous allions la bas questionner ces hommes sur les failles de cette citadelle? Mais sachez qu'au moindre faux pas que vous ferez, je vous tuerai.

-Que... je m'en doute ! Seriez vous soudainement inconfiante envers moi?

-Oh, j'ai... des informateurs." Leur discussion fut coupée par le nain berserk.

"Laniaaaaa, venez avec moi, je dois vous parler..." Ils quittèrent Théodren. Lania lui lâcha sa future localisation dans le désert de l'ouest avant d'être hors de portée.

Théodren soupçonna Brenn de raconter n'importe quoi a son sujet pour se faire remarquer. A moins qu'il l'ait espionné pour trouver des défauts. Quoi qu'il en soit, Théodren devait trouver un moyen de l'éliminer au plus vite. Théodren entendit un choc lourd : les portes de Brisevent s'étaient ouvertes et des milliers de cavaliers en sortaient. La masse de rebelles s'éparpillait en direction des forets. Théodren se retourna et suivit la masse rebelle fuyant la charge. Mais il avait beau courir, les cavaliers se rapprochaient. Il n'osait pas regarder derrière lui, et tentait de s'enfoncer dans la foret, mais il sentit un museau se coller derrière lui. Il mit ses mains dans son dos et s'accrocha a la bride du cheval empoignant furieusement la bride. Il s'envola, tenant toujours la bride, et le cheval s'effondra. Ses épaules sous la contrainte craquèrent et il hurla. Le cavalier tombé s'approcha de Théodren, la lance a la main. Il faillit être renversé par un autre cavalier, et c'est alors que Théodren le reconnut.

"Faelgins ! C'est Théodren, je suis avec vous !

-Par les dieux mon enfant ! Venez avec moi, nous rentrons. Je ne vous avait pas reconnu ! Etes vous toujours avec nous?

-Bien sûr ! Mais je ne suis plus très utile..." Ils montèrent sur la croupe du cheval qui refusa de partir, allongé sur le sol et ils revinrent aux portes de Brisevent a pieds. Théodren se sentait flotter dans l'air après avoir ainsi craqué ses épaules. Il avait rarement l'occasion d’étirer ses membres aussi bien.

L'avant garde de la capitale était immense. Des arbres géant entouraient le pont traversant le fossé de la ville. Théodren se sentait écrasé entre ces constructions imposantes. Des soldats en armure bleue couraient en tous sens.

Théodren se croyait dans un rêve, mais l'arrivée a la caserne le rendit a la réalité. Il lui semblait avoir pratiqué une vie sauvage très longtemps et enfin revenir a la civilisation. Il avait vécu et dormit sur la terre et la boue durant son séjour chez les bandits, et il était tout étonné de ne pas voir apparaitre de terre sous ses pieds. La terre était recouverte de ce que la capitale appelait : "les dalles de la civilisation".

Cet espace fermé était mois imposant qu'a l’extérieur. Faelgins s'assit tranquillement sur une chaise en bois, et regarda Théodren longuement. Philitus était là aussi, et adressa un clin d'oeil à Théodren, avant de continuer à aiguiser son épée.

"Merci Théodren. Vous nous avez sauvé la mise avec vos informations. Grâce a vous, nous avons réussi a établir une défense.

-Ce n'est pas fini, ce n'est pas fini. Vous croyez que des milliers d'hommes dont l'idéologie est fixe vont abandonner comme cela leur désir? Les fuyards vont essayer de conquérir le désert de l'ouest pour se renforcer.

-Des miséreux... Le désert de l'ouest en regorge. Ils accepteront avec plaisir de partir conquérir notre belle contrée. Vous parliez d'idéologie? Qui sait ce qui se passe dans la tête de ces criminels?" Théodren se passa la main sous le menton et trouva une surface piquante et hirsute.

"Vous avez bien changé Théodren. Revenez parmi nous avant de devenir sombre comme eux. 

-Il est trop tard. Je me dois de les tuer jusqu'au dernier. Aprés ce que j'ai vu et vécu... Je suis au final plus en sécurité avec eux, alors qu'en combattant directement dans l'armée, je m'expose clairement en tant qu'ennemi." Une larme apparue sur sa joue et il se retira. Les grands bâtiments ne lui inspiraient plus rien. Faelgins soupira.

"Théodren... revenez je vous prie... au moins reposez vous dans la cité quelques jours !" Mais Théodren ne se retourna pas et partit.

"Voila comment je perds mes meilleurs hommes. Il faut toujours qu'ils partent dans leur coin." Un soldat posa la main sur son épaule.

"Chef, vous souvenez vous d'Iliar Tannepeau?

-Certes. Comment pourrais-je l'oublier? Ce fut mon meilleur soldat.

-Et bien, il est parti tout seul de son coté, nous a sauvé de l'invasion des kobolds, puis est parti les finir dans les mines et a disparu.

-C'est ce qu'est en train de faire Théodren, n'est ce pas? Je dois éviter sa mort a tout prix. Je ne vivrai pas la même erreur deux fois. Décurion Willam, allez le retrouver et protégez le." Philitus releva la tête. Il avait participé a la défense de la capitale et comptait bien devenir réputé comme Théodren. Il fallait qu'il suive Willam pour lui aussi protéger Théodren. Il s'enfonçait dans des ennuis dont il ne sortirait pas seul.

"Shayana ! appela Faelgins. Une ombre venant du plafond atterrit devant lui.

"Allez immédiatement dans le désert de l'ouest. Le commandant Maxus étant mort, je prends le contrôle de l'armée du royaume et vous donne le contrôle de l'armée de raid. Allez immédiatement avec cette armée dans le désert de l'ouest. Si vous réussissez a y établir une sécurité, nous l'annexerons pour le royaume. Je vous fais confiance pour éradiquer une partie des rebelles et libérer puis tenir un territoire, aussi petit soit il... Nous avons besoin d'une base dns le désert, ou la capitale n'aura aucun échappatoire."


CHAPITRE XIV : THEODREN LE TRAITRE



Théodren allait traverser une grande arche indiquant la limite du territoire entre le royaume d'Eselphys et l'ancien royaume de l'ouest, quand un homme essoufflé vint se mettre a ses cotés. Il était très grand et faisait légèrement penser a Morrie par son regard aiguisé et pénétrant, ainsi que son sourire narquois.

"Salutations, l'ami. Morrie m'a parlé de vous. Je suis Armeno. Il tendit sa main que Théodren serra un peu distant. Je viens pour vous aider. La mort de mon ami... notre ami m'a beaucoup affligé. Je souhaite venir a vos cotés, pour avoir de la bonne compagnie et pour vous aider. Morrie m'a dit que vous auriez un futur honorable si vous vous preniez la peine de prendre une voie raisonnable.

-C'est bien, je ne refuse pas un peu d'aide. Je me sens seul ces temps ci, mais je me sens assez fort pour tuer tous les rebelles seul. Armeno éclata de rire.

-Et bien ! En voila de la conviction ! Avez vous seulement déjà rencontré la fratrie des chefs rebelles? En voila quelques uns que vous ne pourrez neutraliser seul. Deux mages, deux guerriers plus forts que des berserks, avec leurs adjoints surentraînés..."

Ils continuèrent de marcher pensifs. Théodren se demanda si Armeno était un ami ou un ennemi, et un soldat ou un rebelle, puis il songea que cela ne changeait pas grand chose. Il imaginait que si il tuait tous les rebelles, les chefs rebelles s'enfuiraient loin d'ici. Il commençait sans doute a sombrer dans la folie, et Armeno ne savait pas trop comment le ramener a la réalité. Ils passèrent sous l'imposante arche. Théodren s'attendait à voir un désert d'or doré de sable comme lui avait raconté son père, mais il ne vit au loin que des dunes de poussières grises ou des mottes de terre sèches. Ce n'était pas un désert de sable, mais une lande infertile et assoiffée.

"Hmmm? quelle est cette haine qui vous hante? demanda Armeno.

-Les Mérias et les Masqués d'argent comptent parmi leurs rangs la demoiselle que j'aime, et que j'aimerais tirer de cette bassesse, et tué deux de mes amis.

-Il est temps d'arrêter votre double jeu, Théodren. Ça vous va mal. Ce n'est pas votre métier, vous n'êtes pas entraîné pour résister moralement. J'ai failli me suicider dans une mission de ce genre. Théodren releva le visage vers la grande arche.

-Vous avez raison. Sûrement. Mais je dois y rester encore un peu pour aider les hommes de l'armée royale se trouvant dans le désert." De toute façon, il verrait bien selon les événements futurs ce qu'il devrait faire.

 

 ***

 

Un groupe rebelle d'élite avait été organisé par Lania et elle décida de faire confiance en Théodren. Une fois qu'il eut trouvé leur abri, Lania l'accueuilla à bras ouverts, voyant son retour comme la preuve de sa loyauté, et Théodren vit pour la première fois de la joie et de la paisibilité dans son visage. Armeno préféra quant à lui éviter le camp et il partit chercher un village. Théodren en conclut que ce devait être un ami soldat enquêteur de Morrie.

Théodren semblait ne pas avoir trahi les rebelles, même s'il la mort de son ami traître semblait beaucoup altérer son humeur. Lania l'amena dans une pièce où étaient assis Brenn, un homme imposant possédant une tête étrangement petite, un très jeune garçon avec de très grands yeux et une femme ressemblant a Lania. 

"Voici mes frères et sœurs, dirigeants de la confrérie rebelle. Je te fais l'honneur de les rencontrer car j'aimerai qu' Hervor te donne une mission spéciale." Théodren crut qu'il allait s'évanouir de peur. L'homme a la petite tête se leva et prit Théodren par le col.

"C'est un traitre ! Ça se voit tout de suite que c'est un traître !

-Calme toi Hervor. C'est un de nos meilleurs guerriers. Meme si c'est un espion, que peut il bien faire contre nous, désormais que notre puissance est assise?" Il relâcha Théodren dans un grognement. Brenn s'approcha de Lania et assura qu'il était d'accord avec Hervor. Lania emmena alors Théodren un peu plus loin en soupirant. Elle semblait triste et Théodren se surprit à voir dans ses yeux son histoire. Elle avait élevée à la mort de son père ses frères et sœurs en mendiant, volant, jour et nuit, et à aider son petit frère handicapé mental. Elle avait tout donné pour eux, s'était fait mettre sous les verrous, torturée par des gardes, et désespérée de l'injustice de sa vie, voulut continuer la quête de son père qui prônait l'égalité. Théodren se demanda si c'était ainsi qu'Armeno lisait la vie des gens.

"Je suis désolé." murmura Théodren. Lania sursauta et le regarda d'un air interloqué.

"Je suis désolé pour votre histoire et je vous comprend. Tout ce que vous faites." Lania sauta sur Théodren et s'accrocha à son cou en sanglotant et en enfouissant sa tête dans son épaule. Théodren eut trés peur que cela n'aille plus loin, mais il la serra tout de même pour la réconforter. Elle releva la tête. Son maquillage coulait, et elle dit d'une petite voix enrouée :

"Je ne peux pas te garder Théodren. Tout le monde est jaloux de toi, je crois. Il faut que tu t'éloignes d'ici. Je suis désolée. Tu peux toujours essayer d'assassiner les généraux de l'armée royale. Quand nous gagnerons, tu auras une place de choix parmi nous.

-Merci Lania. Mais je ne partirai pas. Ce n'est pas eux qui vont me faire peur." et il s’éloigna. Lania était fortement tourmentée. Elle ne savait pas trop quoi faire...

"Écoute, Théodren. Si tu veux nous rendre service, j'aimerai que tu ailles dans les mines perdues, plus au Sud. Il y a du travail pour les hommes solides là-bas. Tu n'as qu'à y attendre notre victoire.

-Je verrais. Mais seul le combat est fait pour moi... Je ne me vois pas travailler dans les mines."

-C'est dommage, car cela endurcit les hommes... Enfin, nous sommes désormais tant de rebelles que nous pouvons nous permettre de laisser un homme faire ce qui lui plait. Mais reviens nous vite quand nous lancerons l'assaut décisif à Brisevent. » Il sentit qu'elle s'approchait de lui, et il vit l'amour qu'elle lui portait dans ses yeux.

« J'y serais. » Lança t-il pour couper la situation, et il fit demi tour. Il quitta la caverne un peu nerveux. Les dirigeants des bandits étaient là, tous à sa portée ! Mais il avait peur. Il continua de marcher sans but. Il était étonné que Lania pense encore qu'il était de son côté. L'amour rend aveugle. Il ne pouvait pas lui en vouloir.

***

 

Théodren avait vu un village au loin. Il courut dans le sable avec difficulté, il n'en pouvait plus de la chaleur et de la soif. Il fallait qu'il prévienne toute la région de l'arrivée des rebelles. Le village était miséreux, avec des murs défoncés et des débris sur les chemins. Et on ne voyait pas beaucoup d'habitants arpenter ces rues difficiles. Les champs étaient secs et ensablés. Théodren s'approchait des cultures quand une forme s'éleva du sol, emportant la poussière sèche du sol. En fait, c'était une créature faite de poussière. Il crut d'abord à une sorte de tempête de sable, mais il entendit crier "Les golems de sable reviennent !"

Le golem émettait un sifflement aigu. Il volait dans les airs comme par magie, secoué de spasmes, des éclairs parcourant son corps, et et son corps de terre sèche tourbillonait comme un cyclone. Un puissant sorcier était obligatoirement a l'origine de ce dernier. D'autres golems apparurent. Théodren se prit un poing de terre et de cailloux dans le ventre, provoquant une explosion de terre et de cailloux, et il s'envola dans les airs, le souffle coupé. Il commençait a avoir l'habitude le pauvre. Il se releva vite. Il ne sentait plus son ventre et avait envie de vomir. Un golem s'approcha. Son épée semblait inutile contre eux. Il frappa le corps de pierre et se prit une sorte d'éclair bleu. Il s'évanouit.

***

 

Un soldat royal était penché sur lui. Un paysan derrière criait :

"Il faut nous sauver ! Vite ! Les golems reviennent !

-Relevez vous et aidez nous, jeune homme. On est en train de se faire décimer. Il peuvent se déplacer plus vite que nous, vous n'avez pas le choix !"
Théodren tremblait sans le vouloir. Il sentait un picotement dans ses cheveux et ses doigts. Il eut une grande difficulté à tenir debout. Le soldat tendait une masse a Théodren. Comme un golem approchait, Théodren testa la masse d'un coup circulaire violent. L'impact provoqua une nuage de poussière et une explosion de foudre, et le golem se dissipa. "Excellent" pensa Théodren voyant qu'il l'avait fait disparaître. Il n'avait jamais vu de créature semblable, et il regretta son ami Philitus qui, si il avait été la, lui aurait sans doute expliqué ce qu'étaient ces nommés Golems.

Un homme a la coiffure digne d'un lion s'approchait en courant. C’était Willam, le soldat envoyé par Faelgins pour retrouver et protéger Théodren.

"Théodren ! Je dois vous protéger !

-Il est vrai que l'endroit est plus hostile que ce que j'avais prédit. Qui vous envoie?"

 

CHAPITRE XV : UNE GUERRE A 4



Alors que Willam tendait sa main à Théodren au milieu de la bataille contre les golems en criant de fuir, ce dernier fut aplati au sol par Armeno.

"Qui êtes vous? Laissez moi tranquille ! Hurla Willam.

-Ne tentez aucun geste agressif sur Théodren ou je vous coupe la gorge !

-Mais je suis la pour le protéger... Qui êtes vous, par les dieux ?" Philitus arriva a son tour en courant comme un démon en faisant tournoyer son glaive. Il l'abattit contre un golem juste derrière Théodren. Il fut éjecté a plusieurs mètres dans un éclair bleu.

"Phil !" Il avait lâché son glaive avant que la décharge électrique ne le parcoure et semblait juste très énervé de s'être fait si facilement vaincre. Théodren lui montra sa masse en bois. Pendant ce temps Willam et Armeno roulaient a terre en se serrant la gorge. Armeno semblait avoir le dessus. Théodren les sépara.

« Armeno, nous ne savons même  pas qui il est, laissez le donc tranquille !

-C'est un décurion royal, assura Philitus. A mon avis il est digne de confiance, il est envoyé par Faelgins.

-Excusez moi Willam, dit Armeno en baissant la tête. Mais je ne dois rien laisser laisser passer qui pourrait compromettre la vie de Théodren.

-Suis-je si important ? s'étonna Théodren.

-Je t'expliquerai. En attendant, je crois que nous sommes en plein champ de bataille. »

La situation semblait critique : il ne restait que deux soldats pour les aider contre environ cinq golems. Un des soldats s'enfuit soudainement en criant :

"Ils sont contrôlés par un mage surpuissant ! Il faut le trouver ! Il fait apparaître d'autres golems !" L'autre soldat partit a sa suite et Théodren aperçut effectivement des golems s'extirper du sol poussiéreux. Un courant électrique le traversa et il pensait devenir berserk, mais a la place un éclair en jaillit et foudroya deux golems.

"Incroyable ! Tu es un maudit chanceux !» s'exclama Philitus. Théodren semblait vraiment spécial. Était-ce un pouvoir venant de son coté berserk? Il y réfléchirait plus tard, il fallait fuir. Le mage semblait très puissant et déjà une quinzaine de golems étaient réapparus. Les quatre compagnons s'enfuirent donc les golems au train et ainsi les golems s'éloignèrent du village. Un paysan rapporta leur bravoure, et le village organisa un banquet au cas où ils reviendraient un jour.

En attendant, Théodren et Philitus n'avaient jamais courus dans le "sable", et Théodren se foula la cheville. Il tenta de passer outre la douleur mais il n'arrêtait pas de trébucher dans le sable. Philitus ne supportait pas la chaleur et il ne cessait de s'agiter. Ses bras étaient pris de convulsions et et des filets de sueur coulaient le long de son corps.

Les golems s'arrêtèrent tous ensembles, comme frappés par un mur magique, et ils disparurent dans un nuage de poussière. Armeno soupira et dit :

"Ici le mage a l'origine de ces monstres semble trop loin pour continuer a contrôler les golems. Il n'empêche qu'il est très puissant pour contrôler plusieurs choses en même temps...

-Puisque tu t'y connais tant, quel était l'éclair bleu qui est sorti de ma main? demanda Théodren.

-C'est clairement de la magie. Cela signifie que tu pourras devenir mage. Tu as du emmagasiner une telle dose d'électricité que ton corps l'a rejeté. Seuls les mages peuvent emmagasiner des énergies puis les rejeter.

Théodren rayonnait devant tout ce que la vie lui accordait. Armeno annonça :

"Maintenant qu'on a un héros avec nous, on va pouvoir écraser ces bandits. Je t'avais dit que tu avais de la valeur. Sinon pourquoi Faelgins enverrait un décurion pour te protéger ?

-Mouais." répondit Willam. C'est ainsi qu'un quatuor de deux vétérans et deux recrues au service de l'armée royale d' Eselphys se mirent en route contre les bandits.

-Mais toi, pourquoi veux tu me protéger ?

-Je suis ton oncle, et je me dois te protéger au nom de la famille, étant le seul guerrier.

- Vous n'auriez pas pu vous présenter comme mon oncle et non comme un ami de mes amis ? s'exclama Théodren, abasourdi.

-C'était pour le Secret professionnel.

-Bien ! Je suppose que je ne vous avais jamais vu pour la même raison ?

-Non, j’étais juste en espionnage treize ans, quelques mois après ta naissance. Je suis revenu a Eselphys il y a 3 ans pour prendre ma retraite. J'attendais que tu devienne mature pour te rencontrer.

-Merci...

-Que va t-on faire maintenant? coupa subitement Willam. Moi je dois protéger Théodren, et ce sera plus facile si on trouve une citadelle. Je propose le Fort de sable, qui ne devrait pas être trop loin.

-Moi, dit Théodren, je ne sais plus quoi faire. Je veux me battre.

-Et bien nous irons d'abord au Fort de sable, décida Armeno. On pourra peut-être y trouver des compagnons et des armes.


CHAPITRE XVI : IL EST TEMPS D'AGIR

 

Les quatre compagnons avaient dressé "un camp", ce qui consistait à creuser un trou dans le sable pour se coucher, et a dresser un petit muret de sable pour se protéger des grains volatiles. La nuit tombait et Théodren s'apprêtait a profiter de sa fraîcheur mais il se rendit vite compte que le sol restait brûlant et que l'air gardait une sécheresse chaude... Aucune humidité n'était là pour rafraichir l'environnement. Et il avait utilisé toute son eau. Il avait espéré trouver de l'eau au village mais il n'avait pas eu cette chance, avec les golems. Et maintenant, il ne pouvait plus laver sa bouche de tous les grains de poussières volatiles qu'il respirait.


La chaleur provoqua un cauchemar dans son esprit, une fois qu'il se fut décidé à se coucher sous les ordres de Willam qui restait éveillé pour surveiller les créatures qui pourraient venir troubler leur sommeil. Dans ce cauchemar, il était dans un village sans défenses, incendié. Des villageois couraient dans tous les sens, certains les habits en feu. Et lui était enfoncé dans le sol. Il était coincé dans la terre et se sentait tout petit.

Le soleil, extrêmement fort, les réveilla. Théodren aperçut avec étonnement Philitus se frapper la tête contre le sol.

"Et bien ! Que t'arrive t-il?!

-Il y a une ville a moins d'une lieue... nous aurions pu dormir sur de vrais lits cette nuit..." Théodren vit effectivement une muraille derrière les dunes, semblant être à moitié ensevelie sous la poussière.

"Ah, le Fort de sable !" s'exclama Willam. Alors ils se mirent en marche, espérant trouver des gens accueillants. Après un trajet qui leur sembla interminable, ils arrivèrent aux portes et virent une hordes de mendiants qui assaillaient les gardes, ou qui essayaient de grimper aux murailles.

"Laissez-nous entrer, gardes sans cœurs ! Le roi devrait avoir pitié de ses anciens sujets ! Les Masques d'argent vont vous faire changer d'avis !" criaient les pauvres. Les quatre compagnons tentèrent de rentrer mais un garde les arrêta. Il les jaugea mais la traversée du désert les avaient un peu fatigués et leur barbe avait poussé. Alors le garde les prit pour des mendiants... Armeno eut alors un éclair de génie et distribua le peu de nourriture qu'il avait dans son sac aux mendiants au nom du roi d'Eselphys. Les mendiants partirent sans rien demander, serrant les mets avec avarerie. Certains crachèrent sur la nourriture mais au final tous les mendiants partirent.

"Les rebelles ont la bonne idée de corrompre les faibles en leur désignant leur pauvreté. Il leur font croire que c'est la faute du roi d'Eselphys." expliqua Armeno. Les trois autres acquiescèrent. Les gardes, étonnés, laissèrent passer les quatre compagnons. Un gradé, d'après son armure aux bords dorés, s'avança vers eux. Il était mal coiffé et le visage poussiéreux, la peau sèche et craquelée.

"Enfin des amis ! Du moins je l'espère... Que venez vous faire dans le bastion principal de la résistance royale?

-Nous voulons rejoindre vos forces. Nous faisons tous les quatre partis de l'armée.

-Et si vous connaissiez toutes les aventures qui nous ont fait obstacle, vous nous mettriez sur le champ un grade de valeur !" lança joyeusement Théodren. Willam lui lança un regard réprobateur.

-Montrez moi vos insignes." Théodren dut expliquer que pour une mission d'espionnage il avait laissé son insigne aux mains de son officier.

-Bon je suppose que comme les trois autres ont le leur, je peux vous faire confiance. Armeno prit subitement la parole :

-Nous sommes sous vos ordres désormais, mais vous comprendrez qu'en tel cas de crise, nous nous permettrons d'agir seuls.
 Théodren le regarda avec étonnement.

-On vient enfin de retrouver des forces armées et tu veux vraiment rester avec deux novices pour battre les rebelles?

-Je veux juste dire que les soldats d'ici ne vont pas nous suivre dans notre mission. Et je te rappelle que lors de notre rencontre tu voulais partir tout seul. Nous allons même être contraint d'agir maintenant malgré notre fatigue." dit-il en regardant au loin. Théodren ne vit rien mais entendit une cloche sonner. Deux coups rapides. Un silence. Deux coups rapides... "Le signal d'alarme ! On est attaqué ! s'écria Théodren.

-C'est à peu pres ce que je viens de dire...", fit remarquer Armeno avec un sourire. Théodren soupira devant l'humour désespérant de son oncle, du même niveau que celui de Morrie. Ils devaient être d'excellents amis. Théodren prit sa masse et se retourna. Une horde de sangliers humanoïdes se précipitaient sur les portes du bastion, que des soldats eurent tôt fait de fermer.
"Nous allons voir ce que vous valez." dit l'officier, l'air sombre.


Les hommes sangliers firent rouler avec grande difficulté aux portes une sorte de bélier en flammes peu efficace. Finalement ils l'utilisèrent pour grimper sur les murailles depuis le toit de la machine. Théodren et ses compagnons les attendaient en haut avec une dizaine de soldats. Les hurlements de ces êtres furent les pires souffrances de Théodren. Les hommes sangliers étaient forts peu agiles et beaucoup plus petits que les hommes.

Quand il n'y eut plus un seul homme sanglier a l'horizon, Armeno se pencha sur un cadavre d'homme sanglier et ramassa... un foulard noir brodé d'argent.

"Bien. Il est temps de frapper au cœur des rebelles avant qu'ils ne retournent la terre entière contre nous."

 

 CHAPITRE XVII : INSTANT CRITIQUE



Dans le dortoir du bastion, Théodren cherchait désespérément le sommeil. Mais une question l'empêchait d'y sombrer : etait-il impuissant contre le destin? Son maître lui avait souvent répété "Quand on veut on peut", mais cette fois il avait beau faire, les rebelles pouvaient déjà être considérés comme les vainqueurs. Leur puissance de corruption pourrait lever une armée immense. Peut être même la plus nombreuse de tous les temps...

 

***

 

Théodren finit par s'endormir, en rêvant qu'il protégeait un village d'un dragon. Il n'arrivait pas à le tuer avec son épée, et il finit par le tuer avec un éclair magique. Cela ne lui plut pas vraiment et il se réveilla en poussant un grognement qui se transforma en grognement de contentement quand il sentit un rayon de soleil chaud sur son visage. Tous les soldats étaient partis et Théodren se sentit un peu honteux d'avoir tant dormi. Sa cheville ne le lançait plus, au moins.

Dehors, Philitus courait vers le dortoir.

"Théodren ! Dépêche toi ! Tu es devenu sourd comme un pot ou...

-Hein ? bafouilla Théodren.

-La cloche d'alerte sonne depuis plus d'une heure ! Des éclaireurs ont repéré une armée de rebelles marchant dans notre direction ! Heureusement qu'ils avancent lentement, sinon tu aurais déjà été égorgé pendant ton sommeil !" L'officier du bastion vint a grands pas vers eux.

"Comme je le craignais, les hommes sangliers étaient juste là pour tester nos défenses.

-Ce sont des Sanglanars, rectifia Armeno.

-Que va t-on faire? Nous sommes la dernière chance de la capitale, fit remarquer Philitus.

-Pas vraiment. Sa dernière chance, c'est elle-même. Mais si nous mourons, je ne vois pas comment la royauté pourra continuer d'exister en ce monde, il restera tellement peu de royalistes... expliqua l'officier. J'espère que les rebelles ne prévoient pas de s'attaquer aux autres royaumes ! Nous verrons bien. Peut être que ce sont les dieux qui ont décidé de transformer le système de direction du monde." Un soldat sans armure vint informer l'officier que les rebelles étaient en vue. Théodren courut chercher ses armes et armures mais il se rappela qu'il n'avait plus qu'une masse et sa tunique en cuir.

***

 

Cette fois, les rebelles avaient apportés toutes sortes de machines de guerre, malgré les roues des machines s'enfonçant profondément dans le sol. C'était des engins que les soldats n'avaient jamais vus, comme des balistes a grappin pour tirer les murs et les faire s'effondrer. Et ils étaient plusieurs milliers de miséreux ou de bandits, avec des hommes sangliers et des eaucrins. Tous étaient couverts d'un foulard noir brodé d'argent, ce qui donnait un air impressionnant et professionnel a cette troupe. Théodren se sentait tout petit sans arme valable.

Alors qu'il se concentrait pour le combat et soufflait un peu, un point noir grossit devant lui dans les airs. Il se sentit tiré sur la droite et ses jambes ne le soutinrent soudainement plus. Il se sentit voler sans comprendre et vit le ciel défiler. Puis il s'évanouit.

***

 

Théodren reprit ses esprits très longtemps plus tard. Lania était penchée sur lui et il crut qu'il rêvait, ou plutôt qu'il se trouvait dans un cauchemar. Il voulut se relever et s'enfuir mais il était ligoté.

"Nous n'aurions jamais du en venir la Théodren. Mais comme tu t'obstines a nous trahir, je vais devoir tuer tes amis un par un devant toi. Ensuite je verrais si tu te résignes à nous rejoindre. Tu vois, je suis gentille, je ne te tuerais pas si tu es raisonnable." Il essaya de crier mais il sentit ses cotes remuer étrangement dans sa poitrine et il ne poussa qu'un râle.

"Oh, n'essaie pas de bouger, tu viens de te prendre un boulet de catapulte... Une petite invention de notre crû... Tu as eu de la chance apparemment. Observe maintenant la puissance de la justice." Elle prit la torche qu'un rebelle lui tendait et l'envoya vers les bâtiments du bastion. Une grande explosion ébranla tout le monde et un grand brasier s'alluma. Puis elle s'approcha d'une dizaine d'hommes ligotés dont ses camarades et l'officier principal du bastion. Théodren pleura devant son impuissance puis il fut soulevé du sol a une vitesse incroyable. Il cria de douleur. Il s'étonna d'avancer dans les airs a une vitesse vertigineuse et il vit les restes de la muraille de la forteresse se rapprocher à toute vitesse vers lui. Il passa au dessus puis il entendit une voix murmurante :

"Ne t'inquiète pas, nous sommes hors de danger, je t'emmène a cheval.

-Aïlina", murmura Théodren avant d'être lâché sur le sol mou. Aïlina sauta de son cheval et caressa avec douceur la joue de Théodren.

"J'ai bien réfléchi, dit-elle. Je vais me battre pour toi. Mais s'il te plaît, monte toi-même sur le cheval, tu es bien trop lourd ! Je crois que je me suis tordu le poignet en t'attrapant ! » Théodren la regardait sans comprendre, son doux visage si près du sien. Il voulut lui expliquer qu'il était dans cette citadelle pour assassiner son dirigeant, mais rien ne sortit. Il vit une flèche voler juste au dessus d'eux.

« Hai ! Dépêche toi ! »

CHAPITRE XVIII : LE COEUR REBELLE



De nombreuses semaines ont passées. Aïlina et Théodren se cachent dans la maison d'un paysan. Théodren se rétablit en observant Aïlina qui le soigne.

"Tu m'aimes?" Aïlina rougit et embrassa Théodren sur la joue.

"Je ne sais pas... Si t'aimer signifie que j'ai envie que tu m'emmènes loin et que tu me protèges de tous les dangers en me prenant dans tes bras, alors oui."  Théodren  se releva de sa paillasse. Il s'était beaucoup « démusclé » comme il disait et il entreprit quelques exercices de musculation. Ailina continuait de l'observer.

"Je vais te donner une chance de tuer les chefs rebelles.

-Vraiment?

-Je sais ou ils se cachent en ce moment.

-Tu ne m'accompagneras pas, n'est-ce pas?" Il y eut un long silence. Ailina détourna son regard vers le mur et soupira.

"Je ne ferai pas le poids, même pas toi, je le crains. Et puis... Lania fut comme une mère pour moi... Boltor m'a longtemps accompagné comme une princesse... Les rebelles, c'est ma famille. Tu comprends?" Théodren serra ses mâchoires à l'idée de tuer des individus aimés par Aïlina mais il était décidé. Il allait en finir une fois pour toutes. Le paysan qui les logeait lui offrit une cuirasse épaisse. Théodren fut heureux de pouvoir échanger sa vieille cuirasse sale et abîmée.

La nuit même, Aïlina et Théodren partirent dans les profondeurs du désert main dans la main, et il pensait au plus profond de lui même qu'il n'aura pas profité de l'amour de sa vie longtemps. Ils arrivèrent le lendemain matin en face d'une sort de caverne en pierre de sable. Aïlina lâcha la main de Théodren et lui fit un clin d'œil. Il pleura.

« Tu ne mérite pas cela. » murmura Aïlina avant de s'esquiver. 

 

***

 

En marchant, Théodren imaginait qu'Aïlina l'avait emmené dans un piège, car il ne voyait aucun signe de vie. Il avait soif et chaud. Il reçut un coup sur le crane et s'écroula par terre. Toutefois le coup avait été raté et il ne perdit pas conscience. Il regarda les visages au dessus de lui et crut distinguer les visages de ses trois anciens compagnons.

"Salut ! lança Philitus en chuchotant.

-Et ouais, on s'en est tous tirés. On a même deux nouveaux hommes avec nous : l'officier du bastion royal et un de ses soldats !

-Comment vous en êtes  vous tirés ?

-Bah, nous aussi on avait une petite amie, dit Willam en ricanant, enfin, c'était l'exécutrice royale, tu sais, Shayana. D'abord Armeno a défait ses liens tout seul et il a prit ses jambes a son cou, alors la moitié des rebelles l'ont coursé. Ensuite une pluie de flèches s'est abattue sur eux, c'étaient les hommes d'élite de Shayana, et elle a coupé nos liens dans un bond, c'était beau !

-Ouais, en gros on a fuit et Shayana nous a conduit ici. Nous avons donc deux types de plus a nos cotés, mais aussi une donzelle ! s'exclama Armeno.

-Deux", dit alors une petite voix derrière eux. Aïlina avait vu la petite troupe s'engouffrer dans la caverne et elle avait eu peur que Théodren soit tué par derriere.

Alors les huit derniers combattants pour la royauté, enfin Aïlina n'en faisait pas vraiment partie, s'engouffrèrent dans le profond tunnel, de plus en plus obscur et étouffant. Philitus, claustrophobe, s'accrochait au bras d'Armeno en tremblant. Aïlina arrêta la petite troupe d'un geste. La caverne semblait se terminer par un cul de sac mais elle poussa la paroi et apparut une grande salle de banquet.

Hervor, Lania, le petit garçon aux grands yeux innocents et la sœur de Lania étaient assis bien tranquillement en face d'eux a l'autre bout de la salle sur des trônes en or. L'ambiance était électrique.

"Tiens donc, nous ne vous attendions pas du tout !" ricana Hervor. Il cracha une énorme filet de bave sur le sol. 

"Vous n'avez absolument aucune chance contre les rebelles, pauvres fous.

-C'est ce qu'on va voir !" cria Philitus.


CHAPITRE XIX : LE COMBAT DU DESTIN



Théodren fut si excité de pouvoir enfin écraser la tête de ses ennemis qu'il devint immédiatement berserk et envoya dans les airs le pauvre soldat qui s'écrasa contre un mur. Philitus s'écarta de Théodren qui fonça sur Lania et l'écrasa sur son trône. Seulement il n'était plus très musclé et Lania s'en tira avec un simple craquement de dos et une entorse au poignet. Hervor se leva et prit une énorme arme au dessus de sa tête. Une sorte de lance avec des pointes partout. L'arme ultime contre un berserk. Philitus chargeait lui aussi mais il fut intercepté par Brenn le nain armé d'une hache courte et protégé par plusieurs couches de métal. Lania un peu étourdie s'apprêtait a lancer un sort sur Ailina qui en faisait de même. Alors que des gardes rebelles sortaient de tous les coins et assaillaient Armeno et Willam, Shayana bondit sur la sœur de Lania. Restons en cet instant critique ou la seule question qui passe dans notre tête est : qui va survivre a la fin de ce premier assaut?

Mais si nous regardons bien, il y a quelqu'un que nous n'avions pas vu. Derrière Willam et Armeno, il y a un très grand homme. Avec une armure énorme et brillante. La mâchoire carrée et ferme et le regard pénétrant. Et derrière lui, le père de Théodren.

L'homme, suivi de peu par le père de Théodren, tire une lance d'une sorte de carquois géant et touche Hervor a la poitrine. Il meurt sur le coup et Théodren se met a frapper son cadavre avec fureur. Le père touche Lania a la tête. Elle meurt aussi. Shayana réussit a exécuter sa sœur. Le soldat étourdi se relève et attaque le garçon aux grands yeux. Philitus prend le dessus sur le nain qui devient berserk et Willam et l'officier défendent Armeno de la horde de rebelles qui afflue de nulle part.

Pour l'officier, la fin du fléau se profile et il sourit. Un rebelle enragé lui plante trois coups de poignards avant de s'effondrer tué par Willam. L'officier s'effondre avec une expression de béatitude. Son soldat est tué par le petit garçon qui se bat comme un fauve. Shayana réussit a tuer ce dernier alors qu'il crachait sur le cadavre de son adversaire.

L'homme a la grosse armure dégaina une épée immense et cette dernière ramena Théodren a  la réalité. Son père tira lui aussi une magnifique arme de sa vieille tunique de fermier et les deux hommes se lancèrent dans la masse du combat. Au final, Théodren ne comprenait plus rien. Il était au milieu d'une véritable cohue ou personne ne s'intéressait a lui et il voyait son père combattre avec un géant en armure. Il voit Brenn le nain s'incliner devant Philitus avant de prendre ses jambes a son cou vers une pièce secrète. Philitus ne comprend pas et s'approche de Théodren en enjambant un banc renversé.

Voyant tous leurs chefs morts, les rebelles se décident enfin a s'enfuir.

Mais un vieillard reste, portant une grande cape grise et un bâton de sorcier, c'est-a dire avec une pierre canalisatrice d'énergie. il murmure:

"Voila comment se finissent les rêves. Les travaux de tant d'années. sa voix se fit chevrotante. Il faut toujours être brisé par une bataille. Notre cause était-elle injuste? En quoi représentions nous une menace pour la vie future? Vous méritez tous de mourir, mais pour que la chaine de la haine cesse, il faut qu'il y ait un volontaire pour la briser. Et cette personne sera moi. Souvenez vous de ce vieillard a cape grise qui a sauvé le monde d'une guerre stupide qui n'aurait jamais eu de fin. Vous croyez avoir anéanti les rebelles? Il ne le seront jamais; vous vivrez avec. Ils tourneront peut-être en purs bandits, mais ce seront les Rebelles. Maintenant, je m'en vais. J'ai dirigé tout car j'espérais un monde meilleur et plus juste. Si vous vous obstinez dans votre vision du monde, tant pis pour vous." Son bâton crépita, et les cadavres se décomposèrent en nuages de minuscules particules qui se déplacèrent vers le vieil homme. Il ouvrit la bouche et les aspira sous le regard heberlué de Théodren. Son bâton crépita une nouvelle fois et c'est son propre corps qui se volatilisa en poussière. Théodren prit un gobelet au sol et essaya d'en enferma une partie. Le vieillard réapparut, en colère. Théodren ne lui laissa pas le temps de s'exprimer.

"Je veux que vous m'expliquiez quelques petites choses... le vieillard soupira.

-Ce n'est pas une raison pour embêter un vieillard sénile, tenta le vieil homme.

-Les vieux doivent transmettre leur savoir, non?

-Faisons la paix, vieil homme, coupa l'homme a l'épaisse armure. La meilleure chose que nous puissions faire pour la paix est de partager notre savoir.

-Voila qui est bien dit, la paix avant tout. Alors quelles sont vos questions? Théodren refléchit un instant.

-Comment devient-on magicien comme vous?

-Il faut aller voir les elfes. Et donc etre pur et sain d'esprit. Ce n'est pas gagné pour vous je le crains, sans aucune méchanceté.

-Comment cela se fait-il que des mages puissants aient rejoint une rebellion? Et si vous etes si sains d'esprits, pourquoi participer à la guerre?

-Car je crois en la République. La Monarchie délaisse de nombreuses personnes, comme les elfes l'ont fait il y a longtemps." Il y eut un silence, et Iliar en profita pour poser une question plus en rapport avec le contexte actuel :

"Qu'avez vous fait des cadavres?" Le vieil homme commençait de nouveau à se volatiliser, et son interlocuteur ne voulut pas insister. Si il ne voulait pas répondre, c'était son droit.

"Surement a t'il déplacé les cadavres par magie pour leur offrir une sépulture." espéra Théodren.


CHAPITRE XX : ILIAR TANNEPEAU



Willam et Shayana se tournèrent vers l'homme en armure et dirent d'une même voix :

"Vous n'êtes donc pas mort , Iliar Tannepeau !

-Non. J'ai remarqué que j'étais légèrement au dessus de la moyenne et j'ai mis cette force a profit : j'ai voyagé a travers le monde. Et je suis venu pour transmettre ce message : vous n'avez pas fini d'en baver.

-C'est a peu près ce que le vieillard a dit, non? demanda Théodren.

-Il se trompe, fils, annonça le père. J'étais un guerrier comme toi avant. Je me suis battu contre les républicains. Je les ai vaincus, mais j'y a laissé tous mes amis et je l'ai très mal vécu. Mais ce n'est pas a cause d'eux que nous allons souffrir.

-Tout cela pour dire que le vieillard a brisé une chaîne de haine, mais j'ai bien peur que les dieux ne nous en amènent une autre... Durant mon voyage, j'ai découvert un temple magique. Quand j'ai pénétré a l'intérieur, j'ai été transporté a travers les cieux et je me suis retrouvé en face de monstres en armure. Quand ils m'ont asséné un coup, j'ai été violemment propulsé vers l'arrière et je me suis de nouveau retrouvé dans notre monde..." expliqua Iliar. Théodren regardait tour a tour Iliar et son père avec admiration. Si il pouvait être aussi forts qu'eux ! Il remarque qu'Ailina le regardait avec insistance. Il s'approcha d'elle et elle l'attira vers un coin de la pièce.

"Théodren... maintenant que mon rêve est fini, je dois retourner a la réalité.

-Pff déjà que j'avais du mal a comprendre ce que racontait Iliar, toi...

-Je veux dire que je dois retrouver ma vie normale. Mais je n'ai rien qui en fait partie. Je vais avoir besoin de toi.

-Veux tu être ma femme?

-Oui !" dit-elle en rougissant. Ils s'embrassèrent.


***

 

Quand le jeune couple voulut revenir vers leurs compagnons, ils furent étonnés de ne plus les voir, sauf Philitus qui mangeait une cuisse de poulet sur un banc en regardant les tapisseries un peu éprouvées par le combat.

"Ou sont-ils tous partis?" Philitus haussa les sourcils et dit dans un soupir :

"Iliar est parti a la capitale annoncer sa trouvaille, Armeno a décidé de prendre sa retraite et est rentré chez lui dans le Royaume écarlate, Willam t'attends pour que vous rejoigniiez la capitale pour continuer a exercer vos fonctions, ton père t'attend dehors mais il était gêné de te voir avec une jeune fille, Shayana a suivi Iliar.

-Ils ne nous ont pas attendus pour le retour?!

-Non. Ils se sont demandés ce qu'ils allaient faire maintenant et comme ils n'avaient plus rien à faire ici, ils sont partis, comme ça, fuuuiiit !" A vrai dire, maintenant, tout semblait banal pour Théodren. Il avait l'impression d'être un moins que rien. Tout ce qu'il avait fait depuis le début, n'était rien d'autre que subir le fléau républicain. Les trois jeunes adultes décidèrent de sortir de cet amoncellement de cadavres. A la sortie, son père l'étreignit et dit :

"Joyeux anniversaire !

-Ah?

-Oui... je n'ai pas de cadeaux!

-J'ai eu ma dose de joie pour la journée, dit Théodren en regardant Aïlina qui rougit. Au fait, je ne t'ai pas vue du combat...

-Je me suis sentie mal en essayant de lancer un sort. Je crois... que je n'aurait pas dû être là. Je me sens lâche de m'être retournée contre ceux qui m'ont protégé si longtemps...

-Tu es toi aussi une mage?!

-Oui... la magie devient facilement accessible."
 Théodren se tourna vers son père.

"Père... je vous ai vus fuir notre village. La famille va bien?

-Non, mon fils. Elle croit que nous avons tous deux étés corrompus par les bandits. Impossible de leur expliquer le contraire.

-Oh !

-Je vois que je ne serai pas la seule a avoir du mal a me réintégrer a la société." fit remarquer Aïlina. Randolphe la rassura :

"Le royaume est au coeur de tels troubles que vous pourrez reintegrer facilement la capitale en venant chez nous. L'armée ne peut pas recenser tous les rebelles qui ont étés vus... Je crains une chose : que la mort des dirigeants des rebelles n'empire la situation. On risque de voir de nouveaux dirigeants sanguinaires."


CHAPITRE XXI : LA MAGIE MOLECULAIRE



"J'aurais voulu n'avoir combattu les bandits qu'une seule fois, dit le père de Théodren. J'ai failli y laisser ma peau, puis j'ai pensé a ta mère et j'ai réussi a me sauver du danger. D'autres ont terminé le travail. Je vois qu'il ne sera jamais vraiment terminé." La sortie de la caverne se profilait dans un rayon de lumière aveuglant.

"Tu ne crois pas si bien dire..." résonna une voix de femme dans l'antre. Théodren pâlit et essaya de voir a la sortie celle qu'il ne voulait pas reconnaître.

"Lania ! Mais...

-Ahahahaha ! Vous avez cru que nous étions aussi faibles ? Ma magie est assez puissante pour reconstituer des corps... ou en déplacer. Bon, je l'avoue, j'ai du puiser dans l'énergie d'Aïlina, et être aidé par ce cher Nictolion. Et maintenant, suis je encore un faux double de moi même?" Elle repartit dans un rire féroce. Son corps se profila dans la lumière.

"Je t'ai laissé assez de chances de te rattraper Théodren." Elle fit apparaître une flamme au creux de sa main.

"Il est amusant de voir comme la magie évolue chaque jour... je peux vous incinérer grâce a un double magique... C'est vraiment superbe. Merci Nictolion, pour votre don d'énergie." Théodren aperçut le vieillard en arriere qui tenait son baton en l'air. Une forte lumiere exhalait du cristal.

Les dents de Théodren crissèrent. Il vit son père faire un pas vers l'arrière. Aïlina sortit des dessous de son ample robe un bâton surmonté d'un cristal.

"Quant a toi Aïlina, je vois que tu m'as volé l'homme que j'aimais." Théodren frissonna et chargea. Hervor, ou un double d'Hervor, caché dans l'ombre, s'interposa, mais le choc contre Théodren l'envoya dans les airs en direction de Lania. Les deux fraternels s'écrasèrent. Théodren ne se contrôlait plus du tout, et Philitus tira Aïlana vers l'arrière pour éviter la fureur de Théodren.

Le coté berserk de Théodren repéra une poutre en bois. Il la prit avec violence. Cette poutre soutenait le plafond... Un éboulement massif s'écrasa sur lui. Aïlina se retourna et cria.

Mais en dessous, Théodren, tous muscles contractés, avait encaissé le poids et entreprenait son dégagement. Quand il réussit a s'extirper, aidé de son père et de Philitus, il s'effondra. Un de ses bras était retourné de façon étrange. Shayana réapparut alors.

"Mince alors, il faut qu'il contrôle son coté berserk. Sa constitution ne lui permet pas de faire ce que ce coté veut lui faire faire..."

Lania réapparut un peu plus loin.

"Et de un, sans rien faire ! La magie est vraiment très forte !" Théodren serra une pierre qui éclata en morceaux dans sa main. Philitus dégaina son glaive : une troupe de bandits s'approchait. Quant a Aïlina elle envoya de l'énergie dans le bras de Théodren, qui commença a se ressouder. Théodren observa son bras avec étonnement. Son bras palpitait mais il avait de moins en moins mal.

"Remercie les elfes." murmura Aïlina. Théodren se releva avec fierté et observa la troupe de plus en plus nombreuse qui entourait Aïlina.

"Bien ! Il est temps de se dégourdir les bras, n'est ce pas Phil?" Philitus acquiesça.


CHAPITRE XXII : THEODREN LE BANDIT



Derrière une colline, des soldats royaux, des survivants du désert, aperçurent les bandits. Ils virent Théodren brandir le poing avec fierté, comme haranguant la troupe de bandits.

"Sergent, on a un chef !

-Allons l'attaquer avant qu'il ne parte ! Evaluez nos chances de réussite.

-Ils sont peu pour nos compétences." La petite compagnie, une dizaine de soldats, chargea les bandits. Théodren sourit et s'assit, attendant d'être sauvé. La charge fut brutale et dévastatrice, les bandits furent vite mis en déroute. Lania avait disparue de nouveau... Théodren s'étonna d'être encerclé par les soldats.

"Qui êtes vous ?" cria le sergent.

"Je suis Théodren De Mentios, soldat d'Eselphys.

-Moi Philitus Brutal, soldat aussi,et voici ma sœur, Aïlina, qui est euh...

-Shayana, espion réputée d'Eselphys, coupa l'assassine.

-Connais pas ! rugis un soldat.

-Normal, je suis des servives secrets...

-Et toi, tu es Randolphe De Mentios le retiré? demanda le sergent au père de Théodren. Je ne pensais pas que tu étais tombé aussi bas.

-Comment cela? demanda Randolphe.

-N'essayez pas de vous défendre. Nous allons tous revenir sagement a la capitale d'Eselphys et on vous met sous les verrous !

-Quand on va dire qu'on a capturé des traîtres ! gloussa un soldat.

-Bandes de fourbes ! Vous venez de nous sauvez de ces bandits ! Nous n'étions pas avec eux !

-On verra ça plus tard !" beugla l'officier.

 Le cercle se referma sur eux...

 

 ***

 

La troupe approchait des portes de la capitale, aprés une marche de plusieurs mois ou Shayana ne cessa d'essayer de s'enfuir. Mais leurs gardes étaient des vétérans, et le manque de nourriture et d'eau de leurs prisonniers les aidaient beaucoup.

"Il est quand même bon d'être de retour en un point sécurisé." dit Philitus. Shayana, qui s'était débattu durant tout le voyage, rugit :

"Vous verrez ce que vous dira Faelgins quand il se rendra compte de votre erreur !" Seulement Faelgins n'apporta pas l'aide espérée : il était devenu général de la cité et n'avait plus confiance en personne. Si il le pouvait, il mettrait tout le monde en prison pour régler l'affaire. Les compagnons furent envoyés en prison, dans de mauvaises conditions, et séparés...

Théodren se trouvait dans une cage avec une dizaine d'hommes. Un des hommes semblait diriger les autres et était habillé de façon faussement notable, avec une moustache travaillée et lissée. Quand il vit Théodren, ses yeux pétillèrent et il eut un sourire cruel. Théodren pensa que la vie dans les prisons n'allait pas être de tout repos.

"Voila un autre gaillard, mes amis ! Nous pourrons bientôt nous évader... Théodren soupira.

-J'ai hâte de voir ça... L'homme grimaça.

-Nous n'avons pas le choix. Les gardes nous laissent crever sans scrupules. Et si nous voulons garder notre dignité de rebelle, nous devons retourner coûte que coûte dans le désert." Il était désormais clair pour Théodren que la vie était meilleure auprès des rebelles. L'armée royale était trop en difficulté pour pouvoir répondre a une vie satisfaisante. Et si il trahissait vraiment le royaume?

Toute la journée, il observa si la cellule était ouverte par des gardes, mais il comprit vite que les prisonniers survivaient uniquement grâce au cannibalisme et a une cruche d'eau chaque matin, donnée a travers les barreaux... La cage puait l'humidité et Théodren se demanda si il survivrait le deuxième jour. Le lendemain matin, le "chef" de la cellule réveilla tous les hommes, sauf un qui était mort quelques instats plus tôt...

Il désigna trois hommes qui approchaient de la cellule.

"Ils amènent un prisonnier : ils ont la clef de la cellule ! Cette fois on est prêt a leur voler ! murmura t-il. Ne regardez pas dans leur direction, sinon ils vont se douter de notre dessein." Théodren vit Willam dans le trio. Il murmura des injures. Faelgins lui avait épargné la prison, lui ? Il avait bien peur que cela signe la mort de ce brave compagnon...

Des que la cellule fut ouverte, les prisonniers sautèrent sur les trois soldats, et les bastonnèrent a mort.  Théodren resta en retrait. Le "chef" le regarda avec un sourire.

"Tu ne participe pas a la fête? C'est le début de notre libération, mon gaillard !Tu le comprend, ça?

"Contrôle toi Théodren, ne devient surtout pas berserk, contrôle toi contrôle toi contrôle toi !" Il serra les poings. Une clameur s’éleva dans la prison. Le "chef" prit frénétiquement les clefs mais elles n'ouvraient que leur cellule. 

"Tant pis, on va ouvrir les autres cages par la force." Tous les prisonniers se mirent a tordre les barreaux, et bientôt un flux de prisonnier s'écoula dans les couloirs de la prison. On aurait dit des morts vivants.

Théodren décida de s'approcher des gardes exécutés pour voir si ils n'avaient rien d'intéressant sur eux, mais les prisonniers les avaient déjà entièrement dépossédés de leurs biens. Théodren s'étonna de ne pas voir le cadavre de Willam.

"Il y a un de ces batards qui s'est enfui, mais peu importe." expliqua le dirigeant. De toute façon, que le roi soit prévenu maintenant, ou plus tard...

Une troupe armée ne tarda pas a venir sur les lieux.


Chapitre XXIII : EVASION



Théodren était assis, les mains ensanglantées, entouré d'un cercle de cadavre, le "chef" a ses cotés. Le chef souriait, tenant un casque d'officier royal fêlé entre ses mains. Il s'amusait a s'en couvrir la tête et le retirer sans cesse comme si il se couronnait. Des rats furieux se partageaient les cadavres le long des couloirs de la prison. L'ambiance était encore plus malsaiine qu'à l'intérieur de leur ancienne cellule. Théodren n'aurait pas été étonné de voir des créatures glauques sortie de la pénombre étouffante.

"Ces salauds ont fermé les portes menant a l'extérieur, expliqua le chef.

-Ils nous ont coupé du monde extérieur... comment allons nous faire?

-Notre situation ne diffère pas d'hier au final...

-Pour commencer je vais chercher mes amis enfermés ici.

-Si ils ne sont pas morts !" Un frisson parcourut Théodren. Il pria les dieux de lui ramener ses amis vivants. Il marcha tout la journée, côtoyé par des prisonniers cherchant des vêtements et des objets utiles sur les cadavres. Il trouva Philitus et Aïlina le soir, qui le cherchaient, mais ni son père ni Shayana. Les trois compagnons se blottirent dans un coin calme sans cadavre. Il n'y avait aucune fenêtre dans la prison et cela oppressait Théodren qui pensait a son père. Il vit Philitus ricaner en l'observant.

"Qu'est ce que tu as? 

-C'est ta tête... on dirait un... hmmm... un mendiant.

-Toi aussi tu sais. Tes cheveux sont encore plus sales et mal coiffés qu'a l'ordinaire." Philitus toussa et indiqua que parler lui faisait du mal. Aïlina s'allongea sur les genoux de Philitus et Théodren se sentit un peu jaloux. Il décida de dormir.

 

 ***

 

"Debout ! Debout !!!" Le père de Théodren secouait les trois compagnons avec mollesse.

"Père !

-Shhht ! J'ai été soldat autrefois, tu sais. Je connais une porte que toi et Philitus pourriez peut être enfoncer...

-Et moi, dit Aïlina, je crois qu'il me reste assez d'énergie pour créer une onde de distorsion sur la porte.

-Mais bien sur ! J'avais oublié que tu étais mage. Mais alors, tu pourrais aussi extraire l'humidité de l'endroit sous forme d'eau? Non, je délire un peu là, non?

-Non, je pense que je pourrais le faire. Il faut juste en avoir l'idée ! Mais cela me demanderait beaucoup d'énergie..." Le père effectua une petite danse.

 

***

 

La porte dont parlait le père de Théodren était en fait une sorte de trappe ou l'on faisait passer la nourriture des prisonniers. Aïlina réussit rapidement a détruire celle ci a l'aide de son bâton. Le cœur de Théodren battait a tout rompre. Il ne s'était jamais aussi senti proche de la mort au cours de son aventure, et pourtant il l'avait été. La nouvelle ouverture vers le monde extérieur était une galerie rocheuse taillée a la hâte. Les quatre compagnons se dépêchèrent de parcourir la galerie. Une petite échelle montait vers une autre trappe. Un rayon lumineux en émanait. Randolphe s'agenouilla et joint ses mains en une prière.

Ils laissèrent Aïlina passer la première. La trappe était bloquée. Théodren poussa de toutes ses forces et elle céda. La lumière fut si vive que Théodren lâcha l'échelle et s'écrasa sur la roche, mais les courbatures qu'ils stockait depuis quelques temps l'avaient habitué a la douleur. L'ouverture amenait a une caserne. Une trentaine de soldats eurent tôt fait d'entourer les évadés. Ils restèrent immobiles pendant une dizaine de minutes, jusqu'à l'arrivée de Faelgins, qui semblait épuisé et pâle.

"Randolphe, j'aurais du savoir que vous mettre sous les barreaux ne servait a rien. Il regarda les mines des quatre compagnons et un morceau de son cerveau lui rappela qu'ils étaient de bons soldats.

"Rebouchez la sortie, soldats, et laissez les tranquille. Je les emmène avec moi." Faelgins se retourna et partit. Les quatre compagnons, encore un peu sous le choc, le suivirent. Ils arrivèrent dans les bureaux de Faelgins, qui s'assit nonchalamment sur un siège de velours.

"Bien, vous allez m'être utiles. Théodren, votre rapport sur votre mission d'espionnage s'il vous plait. Les autres, vous pourrez compléter ses propos. Ensuite, je vous considèrerait comme mes alliés." Théodren soupira et raconta tout en détail. Faelgins semblait de plus en plus embêté. Il se rendait compte que la capitale n'allait pas tarder a s'effondrer a son tour si les bandits continuaient a monter en puissance si rapidement...


CHAPITRE XXIV : UN COURT REPOS



Théodren observait son reflet dans un puits de la capitale. Il était enfin rasé et coiffé. Ses traits avaient durcis et sa mâchoire semblait crispée. Il se rejeta en arrière et baissa les yeux sur sa nouvelle armure. C'était une armure en fer de sergent. Malheureusement Théodren tenait cet équipement de qualité grâce aux nombreux soldats morts durant les combats dans le royaume. Faelgins s'était rendu compte que Théodren commençait a être expérimenté et son récit semblait véridique. Il méritait le rang de sergent, mais Faelgins n'avait aucune troupe a mettre sous ses ordres. Philitus quant a lui était promu au rang d'espion, ce qui ne servait absolument à rien dans de telles circonstances, à part qu'on ne lui demandait jamais de rapports. Théodren décida de consacrer sa première journée au calme non pas avec Aïlina qui parcourait les boutiques de la cité mais a l'écriture d'un journal recensant ses aventures. Il partit à la caserne de la capitale chercher une table. Il n'y avait que des tales destinées à la nourriture qui étaient réservées aux soldats, mais Théodren s'en contenta.

"On ne sait jamais, j'en ai déjà eu tellement d'aventures que je risque de ne pas m'en rappeler plus tard."  Il commença par dessiner une carte des endroits qu'ils connaissaient, pour sresituer tous les évènements qu'il avait vécus, puis commença à écrire un résumé de son aventure. Il en avait marre d'écrire et eu la flegme de faire de vraies phrases. Il prit sa tête dans ses mains et sentit sa tête lui lancer. Il ressentait une poigne dans son cœur. Il avait toujours été pour les monarchistes, mais était-ce vraiment le bon choix?

Philitus, qui savait toujours ce que pensait Théodren, s'assit a coté de lui en souriant.

"Le bon choix, c'est la difficulté. Pourquoi choisir quelque chose qui ne nous fait pas évoluer?

-Tu as raison Philitus. Nous pouvons être fiers d'être soldats. Nous sommes dignes et nous ne faiblissons pas.

-Il faut toujours prendre le parti des faibles, sinon on ne s'amuse pas. De plus, nous avons fait le serment de défendre le royaume lors d'une grande menace, même devant la mort. Si nous faillons à notre devoir, les dieux nous refuseront à leurs côtés." Théodren sourit et et ferma son journal.

"J'ai les yeux fatigués. Je vais me coucher tôt ce soir. Et puis, dormir pour de vrai, ça me fera du bien, ça fait longtemps que je ne dors pas bien. Déjà que je ne dors pas beaucoup habituellement...

-Tu veux que je dise a Aïlina de te rejoindre a la caserne?

-Oh, oui !" Théodren baissa les yeux. J'ai l'impression que tout est fini. Je crois que je n'ai plus envie de combattre.

-Pas moi. Je veux retourner dans les prisons voir si Shayana y est toujours.

-Tu es complétement fou ! Tu en es amoureux, rassure moi, pour tenter ça.

-C'est une héroïne, Théodren. Elle a plus de valeur que moi, donc elle mérite que je meure pour elle. Si je la sauve, c'est comme si je répondais à mon devoir de soldat. Tant qu'elle sera vivante, je pourrais me reposer car les dieux considèreront que le travail qu'elle fait est grâce à moi.

-Eh, je ne vais pas te laisser faire ça tout seul ! 

-Je sais." Philitus sourit et donna une tape sur l'épaule de Théodren.

"Pourquoi crois tu que je suis venu? Demain, a l'aube, on va s'infiltrer dans les prisons par la trappe que les soldats ont bouché très superficiellement... sans armure. On fera semblant d'être là depuis longtemps.

-Mais je suis lavé et reposé...

-Peu importe, les prisonniers ont sans doute trouvé de quoi améliorer leur niveau de vie sur les cadavres de soldat.

-Je te suis. Et quand compte tu y aller?

-Maintenant, tiens ! Chaque seconde qui passe augmente la chance qu'elle trépasse !

-Du coup... ne dis pas a Aïlina de me retrouver ce soir.

-Bien sur ! Je ne suis pas sot. Allez retire ton armure, on y va ! Euh, sergent !

-Oui, c'est moi qui donne les ordres maintenant!"  dit-il en montrant son nouveau collier de sergent.



CHAPITRE XXV : L'INVASION DES PRISONS



Philitus et Théodren brisèrent les serrures de la trappe grace a un outil a répercussions. Seulement, Faelgins dormait dans une chambre proche, et il n'arrivait pas à dormir. Il sentit les vibrations, se dit que ce n'était pas son problème, mais la curiosité l'emporta.

Il vit les deux jeunes hommes s'engouffrer dans le tunnel.

"J'espère que vous avez une bonne explication, souffla t-il. Théodren ne sursauta même pas.

-Oui. On fait ça pour nous sauver tous, vous y compris. De toute façon, c'est vous qui avez accepté que nous devenions soldats, vous devriez nous faire confiance.

-J'accepte a une condition.

-Avec vous, nous nous attendons au pire, souffla Philitus.

-Je viens avec vous pour vous surveiller.

-Vous en personne? Le grand général de la capitale?

-Plus maintenant. J'ai cédé ma place a Iliar. Il remonte le moral des troupes, et je suis las d'avoir une telle responsabilité, une telle pression sur les épaules, j'en ai aussi ma claque de voir les royalistes céder ou mourir un à un. Et puis j'ai la bonne tenue, j'ai mis un vieux vêtement de nuit.

-Bon bah euh... on y va !" balbutia Théodren. Ils'infiltrèrent dans le couloir sombre. Il sentait la mort.

"Et donc, allez vous me dire ce que vous allez faire la dedans?

-Nous allons tenter de retrouver Shayana.

-Oh ! J'ai bien fait de venir. Êtes vous surs qu'elle est encore de notre coté? Je connais les espions... ils ont tendance a faire ce qui les arrange.

-Mais oui, elle est avec nous ! C'était votre meilleure agent ! répondirent ensemble les deux amis.

-Je reconnais que j'ai fait des bêtises. Il était temps que je quitte ce rôle trop important. Allons la récupérer !" Avant de s'engouffrer dans le tunnel, Faelgins fit une priere devant la statue du Dieu Fornatu, dieu de la chance.

 

***

 

Ils marchaient sans se faire remarquer au milieu des centaines de prisonniers survivants, qui étaient tristes a voir. Ils retrouvèrent au final Shayana assez vite, accrochée comme une chauve souris en haut d'une cage. Elle ne semblait pas trop mal en point, seulement sale et fatiguée. Quand elle aperçut les trois hommes, elle sauta a terre et dit :

"Je savais que vous ne pourriez me garder ici longtemps sans avoir du remords, général !" Elle leur fit signe de se cacher dans la pénombre.

"Un rassemblement est mal vu ici. Je ne vous ai pas vus depuis longtemps. Ou étiez vous?

-Nous avons trouvé une sortie ! Il faut que nous partions d'ici au plus vite !" Des cris retentirent plus loin et les prisonniers qui en avaient l'énergie se précipitèrent voir ce qui se passait. Une goutte froide coula le long de la tempe de Théodren, qui sortit de sous ses vêtements un glaive. Les cris semblaient inhumains. Les quatre monarchistes avancèrent a pas prudents vers la source des cris. Ils étaient aigus et criards. Au loin, Théodren vit un petit monstre arracher la jambe d'un prisonnier a terre. Ses compagnons dégainèrent leurs armes a leur tour. Faelgins dit avec lassitude :

"Nous sommes quatre héros. Ce ne sont pas ces vilains kobolds qui sortent du fin fond de la terre sans jamais avoir vu le soleil qui vont nous faire peur !

-Ils ont toujours attendu que la situation de Brisevent se détériore pour monter a la surface. Ils doivent sentir un échec proche." expliqua Shayana.

Théodren sans attendre chargea un premier kobold. Il frappa de toutes ses forces sur son cou. La peau du monstre était rude et sèche, mais la tête mi-cheval-mi souris de la créature s'envola, ce qui causa des cris de mécontentement de la part de certains de ses camarades. Un grand nombre de Kobolds envahit alors le couloir en sautant dans tous les sens. Théodren, reposé, esquivait avec grâce les masses a pointes et les crocs des Kobolds. Philitus était quant a lui plus porté sur une posture offensive consistant a trancher tout ce qui s'approche. Faelgins et Shayana préféraient se poster au milieu du couloir et pourfendre les kobolds qui s'approchaient. Ils semblaient être les quatre derniers combattants du coté de ce couloir.

Au bout d'une dizaine de minutes, un Kobold de taille humaine escalada la masse de Kobolds morts. Il cria a ses adversaires :

"Lez homineurs vaincrrront ! Glarrrrre a l'allianze des Homineurrrrz et dez Rrrrrochevivants !" Shayana lui lança une masse kobold dans la tête. Il prit très mal cet affront et se jeta sur elle dans un cri horrible; Théodren en eut un frisson. Le Kobold tomba en deux morceaux aux pieds de Shayana. Les kobolds se regardèrent surpris de la mort de leur grand compagnon. Ils poussèrent des cris et s'enfuirent. Théodren put enfin voir si il restait des prisonniers de l'autre coté. Il y avait effectivement le "chef" de son ancienne cellule et sa bande. Quand ce dernier l'aperçut, il leva les bras avec un grand sourire :

"Vous vous êtes enfin décidés a vous battre ! Nous sommes maintenant les rois de la prison ! Nous pouvons nous évader comme on veut, avec toutes les ressources laissées par les prisonniers et les Kobolds a notre disposition ! regardez ça, dit-il en prenant un outil pointu sur un Kobold. C'est une pioche peu élaborée, peut être, mais on va pouvoir creuser jusqu'à l'extérieur. Ce n'est pas génial ?" Ses hommes poussèrent un cri de joie. Mais Théodren remarquait que les Kobolds se réunissaient un peu plus loin en observant ce qui restait de leurs adversaires.

"Attention, nous sommes peu, ils vont sans doute lancer une nouvelle attaque." Théodren ne croyait pas si bien dire : les créatures chargèrent de nouveau... et Théodren comprit alors le message du grand Kobold. Les "Homineurs" étaient les Kobolds et les "Rochevivants" des créatures grinçantes et totalement difformes semblables a des blocs de roche. Faelgins se mit soudainement a plat ventre, l'oreille collée contre le sol.

"Une grosse armée marche au dessus de nous, et j'entends des cris ! déclara t-il d'une voix inquiète. Il faut vraiment que l'on sorte d'ici !

-Pour l'instant, on ferait bien de courir, les gros cailloux s'approchent de nous ! cria Philitus en s'éloignant.

-Jamais ! Il ne faut pas reculer devant une menace ! Pour la République ! » cria le chef des prisonniers. Un «Rochevivant » l'écrasa d'un de ses membres rocheux.

 

CHAPITRE XXVI : THEODREN L'UNIQUE



Ils couraient avec les kobolds a leur poursuite, mais ils découvrirent que les homineurs avaient creusés des galeries un peu partout dans la prison et ils furent encerclés devant la porte d'entrée de la prison. les créatures semblaient vouloir leur laisser un instant de répit avant de les tuer. En tout les cas, ils criaient en agitant leurs masses et en formant un cercle autour d'eux.

"On est coincés !" Une violente secousse ébranla la porte. Puis une deuxième.

"Qu'est ce qui se passe? On vient nous libérer?" Une troisième secousse fit exploser la porte en mille morceaux, qui se fichèrent dans les murs et les kobolds. Shayana prit un morceau dans le torse et murmura : "Non.. Je ne peux pas mourir comme ça..." et elle s'écroula. Faelgins avait un éclat dans le ventre. Il regarda la tâche rouge sur son ventre d'un air hébété, puis tomba et se tordit de douleur au sol. Philitus s'agenouilla auprès de Shayana mais se rendit vite compte qu'ils étaient venus la sauver pour rien.

Théodren regarda son corps pour vérifier qu'il n'avait lui même aucune blessure.

"Je ne mourrais donc jamais !

-Regarde, Théodren, les Kobolds s'enfuient !" Mais le visage victorieux de Philitus se décomposa quand il vit Lania apparaître dans l'encadrure de la porte.

"Tiens donc, mes adversaires préférés... Quand vous verrais-je enfin a terre? Vos alliés meurent les uns après les autres, Théodren, mais votre tour viendra. Au fait, vous avez perdu, Brisevent est entre nos mains. La République va être mise en place ... mais attendez, quand j'y pense... que faites vous en prison? Vous n'auriez pas encore changé de camp... Non, je pense plutôt que notre roi détrôné est devenu fou et a jeté ses sujets les plus royaux sous les barreaux. Ai-je raison? Ah, au fait, j'oubliais... désolé pour ta chère Aïlina, je l'ai tuée de mes propres mains"

Philitus et Théodren poussèrent en même temps un cri de désespoir et de rage. Il se jetèrent sur Lania qui se volatilisa et réapparut un peu plus loin, devant une troupe de bandits. Théodren s'étonna : son coté berserk n'avait pas pris le dessus mais il était assez furieux pour profiter des améliorations physiques de sa fureur. En vérité, la mort d'Aïlina avait tant désespéré son esprit que son côté berserk et son côté normal avaient fusionnés, peut être pour toujours. Il sortit avec Philitus de la prison en regardant Lania droit dans les yeux. Philitus lui donna un coup de coude. Iliar était assis en sur une corniche. Il semblait en pleine forme mais triste. Son épée était brisée. Voir un héros encore en vie réconforta Théodren, même si celui ci semblait passif. théodren se souvint que dans les histoires, les plus grands héros vivaient toujours une terrible tristesse avant de devenir de grands guerriers.

Iliar aperçut Théodren et lui sourit tristement en haussant les épaules.

Philitus ne put retenir sa rage plus longtemps. Il se jeta sur les rebelles, qui étaient maintenant des citoyens. Il en tua une bonne vingtaine avec une rapidité fulgurante avant de se faire pourfendre par une montagne de muscles torse nu.

"Noooooooooooon !" Faelgins s'approcha de Théodren en murmurant :

"Fuis. Iliar t'aidera, j'en suis sur. Et ensuite, rejoins le royaume écarlate au Nord. Ils t'accueilleront. Je crois qu'une grande partie des citoyens est morte durant la bataille que nous avons raté. Cherche quand même ta famille. Tu m'as compris? Ici, ce sera l'anarchie ! Le mal ! Tu le sais comme moi. Adieu. Fuis !" Il s'allongea et eut un hoquet, puis devint livide. Des rebelles agressifs se rapprochaient de Théodren l'arme dégainée. Il regarda le ciel. Il était enfumé par les maisons brûlées. "Fuis ! Fuis! Fuis !" Les dernières paroles de Faelgins résonnaient dans sa tête.

"Ce n'est pas un beau jour pour mourir, conclut Théodren.

-Si tu veux, on peut te faire tenir jusqu'à l'été ! lui lança un homme a la voix grasse.

-Encore faudrait-il que vous mêmes teniez jusque la." ses veines palpitaient de plus en plus, sa vision commençait a s'obscurcir. Il lança un cri de guerre, et les rebelles se jetèrent sur lui. Avant qu'il ne devienne à moitié fou de haine, Théodren pensa à Morrie qui s'était lui aussi jeté de désespoir dans la masse des bandits. "Je te vengerais ! Je ferais ce dont aucun de vous n'a encore été capable ! »

  Toutes les troupes présentes dans la ville furent informés du combat et se précipitèrent pour voir Théodren se faire bastonner. Mais a leur arrivée, ils furent étonnés de le voir balayant de ses bras tout homme qui s'approchait. Iliar quant a lui prit un arc et s'amusa a tirer des flèches un peu au hasard dans la masse grandissante des rebelles, sans que personne ne le remarque. Bientôt plus de 5000 hommes furent réunis autour de Théodren qui ne fatiguait pas encore. Il marchait sur une montagne de blessés et de cadavres, secouant ses bras dans des gerbes de sueur et de sang. Seuls les bandits les plus valeureux osaient maintenant le combattre. Théodren essayait des techniques de combat que lui permettaient sa nouvelle force berserk. Il soulevait des cadavres pour les balancer sur ses adversaires, ou jetait un rebelle dans les airs. Il pensait a tous ceux qui étaient morts, et tous ceux qui restaient, peut être, c'est a dire sa famille.


Quand le soleil se coucha, il s'écroula sans le vouloir d'épuisement et il perdit conscience. Il entrevit le visage flou d'Iliar, puis il se sentit soulevé.



Chapitre XXVII : AU COEUR DE L'ENNEMI



Théodren s'étonna de pouvoir ouvrir les yeux. Il reconnut la place principale de Brisevent, dont la fumée des combats empestait encore l'air.

Il avait un goût immonde dans la bouche. Il remarqua alors que certains passant lui crachaient dessus.

« Je suis debout ? » Il essaya de bouger et compris : on avait utilisés les machines d'humiliation de la capitale contre lui. Il était attaché à une planche. Sûrement un coup de Lania...

Il aperçut un jeune garçon près de lui qui regardait les passants anxieusement.

« Leoned ? » Le garçon se retourna.

« Mon frère ! » Il se leva et vint serrer la jambe de Théodren.

« Il y a plein de méchants ici ! Il faut partir ! Aide nous !

-La famille va bien ? Les citoyens ont étés épargnés ?

-Oui, comme toi. Il y a un monsieur royaliste qui a été accepté dans le nouveau système pour tempérer les méchants rebelles !

-Tu connais son nom ?

-Oui, il s'appelle Iliar. Il a dit qu'il voulait seulement humilier les perdants. Mais les rebelles ne sont pas d'accord pour le cas du roi. Dis... nous avons vraiment perdu ?

-Oui Leoned. La famille va bien ? » Le petit se mit a pleurer.

« Papa... il est mort... sinon... on a un nouvel oncle qui s'appelle Armeno. Le reste de la famille va bien, mais maman n’arrête pas de pleurer. Et moi aussi, quand je pense à père...

-Évidemment... détache moi s'il te plaît. » Théodren se rendit compte que son tempérament berserk disparaissait avec le temps : il était énervé et désespéré mais aucune force ne venait à lui. Et quand il pensait à la mort d'Aïlina, ses épaules s'affaissaient. Il voulut forcer sa prison mais il ne sentait aucun de ses muscles. Son petit frère, le roi des bidouillages, fut tout fier de montrer à Théodren comment le détacher. Les passants ne s'inquiétèrent pas de sa libération. Leoned avait apporté un crochet avec lequel il découpa le bois. Théodren avait toujours des chaînes accrochées au poignets et aux chevilles mais il allait mieux sur le sol. Léoned ne put que desserrer légèrement les menottes avec deux pointes métalliques.

« Ne t’inquiète pas petit frère, je suis la maintenant, pour remplacer papa. » Le petit s'accrocha de nouveau a la jambe de Théodren.

"Allons trouver la famille."

***



Léoned conduit Théodren jusqu'à un hôtel pour voyageurs.

« C'est la que nous nous sommes réfugiés lors de l'attaque des bandits . »

L’hôtel était bondé. Léoned disparu dans la masse et Théodren décida de rester dehors. Léoned revint quelques minutes plus tard avec leur mère les larmes aux yeux, suivie de deux jeunes filles.

« Oh, Théodren ! Pourquoi tant de mal ? » Elle enfouit sa tête dans l’épaule de son aîné. Elle releva la tête.

« Et pourquoi ton père n'a rien fait contre les bandits ? Toi, je le conçois, tu étais trop jeune pour faire quelque chose, mais ton père s’était déjà battu contre eux !

-Il avait peur de ne plus pouvoir te revoir. A mon avis, il n'est pas mort sans s’être battu. Êtes vous sures qu'il est mort ? Elle baissa la tête.

-Nous l'avons enterré, Théodren. C'est fini. Estimons nous heureux, la famille Piailla a eu plus de quatre morts je crois bien. Partons d'ici Théodren, je t'en prie... » Théodren aperçut alors Aïlina tituber vers lui. Elle avait une grande marque rouge au cou et sa robe était souillée de sang. Elle s’écroula dans les bras de Théodren qui dut lâcher sa mère.

« Théodren... J'ai survécu... pour toi.

-Aïlina ! Nous... nous sommes hors de danger maintenant. Lania t'a fait du mal?

-Peu importe. Que vais je faire maintenant? Je ne veux pas rester ici. Je veux te suivre.

-Qui est elle ? S’étonna la mère.

-C'est... ma femme. » Aïlina sourit et sembla s'endormir. Elle entrouvrit les lèvres et lâcha :

« Phil... ou est il ? »

 

CHAPITRE XXVIII : LE ROI



Théodren avait oublié Phil. Il était sûrement mort après s’être fait dominé par le colosse. Un clameur grimpa sur un poteau et hurla :

« Le roi a été trouvé ! Sa garde d'élite le protège dans un souterrain creusé dans ses jardins ! Sus au roi ! »

***



Théodren décida d'aller trouver Iliar pour lui demander conseil. Il se rappela qu'il avait toujours des chaînes. Il tendit ses poignets a Aïlina qui soupira.

« Je suis trop épuisé, mon amour, et Lania a brisé mon bâton. Je ne peux plus rien faire pour toi.

-Oh... cela n'est pas très important. Je pourrais peut être essayer moi même... Armeno a dit que je pouvais devenir mage. » Aïlina éclata d'un rire saccadé et difficile.

« Tu n'as pas idée de la préparation mentale et de l'intelligence qu'il faut acquérir avant de pouvoir utiliser la magie ! » Elle s’écroula alors de fatigue. Il semblait pourtant à Théodren qu'Aïlina lui avait dit que la magie était de plus en plus accessible.

Théodren confia Aïlina a sa mère.

« Ou vas tu, Théodren ? Nous devons partir au plus vite !

-Certainement pas. Je n'en ai pas fini avec les rebelles." 

 

***

 

Théodren se dirigea vers le Palais royal qui était sûrement devenu le centre politique rebelle. Une poignée de rebelles costauds en barraient la porte. « Ce sont maintenant des citoyens », pensa Théodren. Il ne savait pas trop comment rentrer mais il s'approcha des gardes. L'un d'eux regarda ses chaînes et lui demanda :

« Que voulez vous ?

-Oh, euh, je souhaitais juste me plaindre auprès de mon ancien ami Iliar du fait de m'avoir mal traité après avoir combattu vaillamment. On s'est certainement trompé a mon sujet, j’étais du coté des rebelles.

-Pfff, je te reconnais toi. Tu es celui qui s'est battu contre nous toute une soirée. Je t'ai vu. T'es un sacré ptit bout d'homme ! Tu as l'air petit, comme ça, mais tu es solide ! Théodren fronça les sourcils. Mais passe. Tu ne pourras rien faire contre nous maintenant. Je vais juste accrocher tes chaînes aux poignets. » Théodren acquiesça. Mais le garde lui mit un grand coup dans le ventre pour avoir tenté de les abuser, et aussi rabattre le sentiment de force que Théodren portait depuis son combat de la veille.

Théodren rentra haletant dans le bâtiment. Le bâtiment était magnifiquement propre et de grandes statues d'or ornementaient les cotés des couloirs tapissés. Théodren comprenait pourquoi les rebelles désapprouvaient la richesse du roi, mais il était étonné que le palais n'ait pas été saccagé. Un homme a l'allure fière passa devant lui. Théodren voulut l'attraper mais il se rappela que ses mains étaient enchaînées.

« Eh ! Mon sire ! L'homme se retourna.

-Quoi donc, citoyen ? Théodren fronça un sourcil.

-Euh... citoyen, d'accord, je ne m'y habituerait pas. Pourriez vous me dire ou trouver mon ami Iliar ?

-Oh, il va et vient un peu partout sans avoir d'endroit attribué. Je suis désolé. Il est souvent en ville...

-N'y a t-il aucun moyen de le joindre ?

-Vous n'avez qu'a crier son nom dehors. Pas a l’intérieur, surtout. Bon, vous m'excuseriez d’être pressé....

-D'accord... qui dois je remercier ?

-Je ne peux vous le dire. » Il regarda les chaînes qui pendaient aux pieds de Théodren.

« Vous étiez royaliste ?

-Je... le suis toujours.

-Alors a vous je peux vous le dire. Je suis Connétan, le premier conseiller du roi. J'allais le chercher pour nous enfuir. Il faut que je fasse vite si cela ne vous dérange pas.

-Je peux peut être vous aider ? Si vous défaisiez mes liens..."



CHAPITRE XXIX : LA FUITE



Théodren était un peu embêté de s'être encore fourré dans une histoire alors que la situation s'était calmée et qu'il pouvait enfin vivre en paix. Une multitude d'hommes armés entouraient une sortie de tunnel cachée entre deux arbres. Des hommes plaisantaient en comparant leur traque a une chasse au lapin.

Connétan s'était vivement caché derrière un arbre. Un vieil homme encapuchonné s'approchait du tunnel. Théodren le reconnut, c’était le vieillard magicien. Il tapa sur le sol et de la fumée sortit de la terre.

« Nous devons sortir le roi au plus vite avant qu'ils ne le délogent ! » Théodren fronça les sourcils et s'avança vers le trou.

« Je vais le déloger, moi ! » Les hommes rigolèrent. Boltor était là lui aussi, avec le nez cassé apparemment, et le présenta a ses camarades, et en fit son éloge, en ami.

« C'est ça, c'est ça... j’espère qu'il t'épargneront ! » Théodren descendit le tunnel tout fier de lui quand il se demanda si la garde d’élite allait le laisser passer. Il s’arrêta quand il vit de la lumière.

« Oh eh ! Je suis un royaliste ! » il entendit un cliquetis et il s’écrasa contre une paroi.

« Je ne suis pas armé, mais je sais me battre a mains nues ! » Une flèche partit et se ficha sur le sol devant lui.

« Puisque je vous dis que je suis un allié ! Seigneur Connétan a voulu m'accompagner mais des rebelles gardent la sortie. Je suis Théodren de Mentios.» Comme Théodren n'entendait plus rien, il s'avança discrètement. Il risqua un regard vers un tournant et vit Philitus entouré d'hommes en armes.

« Votre ami Philitus dit que vous êtes un fervent royaliste . » expliqua un garde. Philitus acquiesça. Il se tenait le ventre.

« Mais au moindre mauvais geste, nous vous exécutons sans sommation, ainsi que votre ami.

-Oh, je n'y vois pas de problème. » Une grande flamme jaillit de la sortie du tunnel.

« Ou mène ce tunnel ? Hurla Théodren.

-Nulle part, nous n'avons pas fini de creuser !

-Mais le roi va mourir !" Théodren aperçut le roi qui le regardait intensément. Que pouvait-il penser en ces heures sombres? Théodren ne l'avait vu que lors d'une cérémonie ou il semblait éclairer la foule de son regard et de sa tenue. Ici, caché dans son trou sombre, il ressemblait à un paysan sans âge, voûté et las.

Le roi ne mourra pas ! Nous nous battrons plusieurs jours durant pour protéger le roi s'il le faut. » Théodren comprit que la garde d'élite était composée de brutes épaisses destinées a tuer. Il ne savait plus trop quoi faire et ne se rappela plus pourquoi il était venu se fourrer ici . Il vit Philitus, appuyé contre une paroi.

« Toi ! Je vais au moins te sauver, imprudent ! Quant a vous, gardes, il va y avoir de plus en plus d'hommes a la sortie. Alors bonne chance. » Un brouhaha s’élevait au dessus d'eux. Théodren prit Philitus par le bras, mais Philitus s’écroula dans un soupir. Théodren le souleva et le mit sur son épaule. De la fumée s'accumulait vers le haut du tunnel et une nouvelle flamme apparut. Théodren se demanda comment il allait sortir, lorsque une onde le propulsa contre le plafond. Il s’étonna de rester si longtemps écrasé contre le plafond lorsqu'il comprit qu'il était dans les airs, entouré de morceaux de terre. Il n'avait pas lâché Philitus. Il vit en bas deux gardes aider le roi à s'extirper du trou formé par l'onde, aussitôt coursés par les rebelles. Puis Théodren commença a retomber vers le sol. Il ne put s’empêcher de crier et lâcha Philitus malgré lui. Ils tombèrent dans un bassin. Le choc contre l'eau fut terrible et Théodren sentit une douleur fulgurante au cou. Il nagea vers Philitus et le ramena a la surface. Théodren chercha le roi des yeux. Un homme lança de toutes ses forces un pavé vers le roi, mais il ne toucha que sa couronne qui roula à terre. le roi ne s'arrêta pas pour la ramasser. Bientôt Théodren ne vit au loin qu'un grand groupe de rebelles suivi d'un nuage de poussière. Cela fit rigoler Théodren car cette scène lui rappelait un roman que lui racontait son père autrefois... L'histoire d'un méchant roi chassé par ses sujets. 

«Les histoires de mon père seront toujours dans mon coeur.» conclut Théodren en espérant qu'il allait enfin pouvoir se reposer et que tous ses amis en vie étaient regroupés. Il doutait qu'un miracle ait sauvé ses autres amis, tels que Maëline, Hectron, son maitre d'armes... Il avait l'impression de se rappeler de vieilles connaissances. Théodren songea que finalement, il s'était battu pour un système dirigé un homme qu'il ne connaissait même pas.

Il avait l'impression d'avoir gagné la guerre. Les rebelles ayant eu la flegme de pourchasser le roi souriaient et chantaient. Boltor rejoint Théodren et l'aida à allonger Philitus sur le sol.

C'était enfin la paix, et Théodren fut heureux comme il ne l'avait jamais été durant ces longs mois de guerre. Toute la pression qu'il avait accumulé s'envola et il se rendit compte que son coeur avait été lourd de tristesse et de haine. Il sourit et commença à rire, et il continua même lorsqu'il aperçut Lania à qui il fit un signe.

Lania fut trés étonnée et rougit. Il était heureux d'être toujours en vie à la fin de la guerre, tout simplement. Même si son camp avait perdu. Avait-il eut réellement un camp? La guerre n'était peut être pas faite pour lui.


CHAPITRE XXX : UN NOUVEAU DEPART

 

Une ombre sur la route traînait les pieds, suivi d'une famille tremblante. Cette ombre enroulée dans une longue cape noire portait un lourd fardeau : un homme épais et une jeune femme aux longs cheveux blonds. Le groupe avait l'air mal en point. Un passant s'enfuit même en courant en les voyant en hurlant qu'il avait vu le dieu de la mort emmenant des gens aux Enfers.

Iliar, a Brisevent, était devenu ministre de l'ordre public, permettant ainsi par son coté royaliste un équilibre de vie satisfaisant. Les rebelles formèrent une faction a part entière au passé lourd de charges. Les autres royaumes l’appelèrent le "royaume rebelle", malgré son fonctionnement démocratique. La population humaine avait nettement baissée, et les elfes en profitèrent pour récupérer du territoire au sud.

A Brisevent, devenue la "Capitale des mages", on détecta une source magique puissante émanant du temple qu'avait décrit Iliar. Le temple semblait s'énergiser, ce qui était inquiétant. Son côté mystérieux n'arrangeait rien à l'affaire.

L'homme a la cape releva son visage vers le soleil. Il se sentait bien et souriait. Son pere etait mort dans l'attaque de Brisevent mais il avait retrouvé sa famille, son meilleur ami et sa femme, même si ils étaient mal en point.

Une fois au royaume écarlate, on leur donnerait les meilleurs soins.

 

***

 

"Hmmm, vous dites que Faelgins me conseille de vous prendre? demanda un officier prétentieux en armure dorée, assis confortablement dans sa chaise de velours rouge.

-Tout a fait. Il y a une semaine, j'ai tué plus de cinq cent rebelles a moi tout seul. Vous voulez que je vous raconte de nouveau mon histoire et que je vous ré-explique pourquoi Faelgins me conseille à vous ? Je commence a en avoir légèrement assez.

-Bon, étant donné que vous étiez sergent, je vous prends en tant que sergent, ça vous va? Proposa l'officier peu crédule.

-Ce sera suffisant. De toute façon je n'ai plus d'objectif dans la vie. La hiérarchie, tout ça... je me suis rendu compte que ça n'avait aucune importance.

-Alors laissez moi vous en donner un, d' objectif. Vous allez participer au corps expéditionnaire du royaume écarlate qui a pour mission d'explorer le temple inconnu, là, le temple magique ou je ne sais quoi, qui se trouve au Nord et dont tout le monde parle. Vous voyez de quoi je parle ?

-Celui dont émane l’énergie? je vois trés bien de quoi vous parlez, j'ai été le premier mis au courant.

-Bien. Je vous tiendrais au courant lorsque l'expédition se préparera. Quant a votre ami, je verrais son cas aussi. Mais pour l'instant, blessé comme il est, il ne me sert a rien... Rompez, Théodren."

-Alors laissez moi vous en donner un, d' objectif. Vous allez participer au corps expéditionnaire du royaume écarlate qui a pour mission d'explorer le temple inconnu, là, le temple magique ou je ne sais quoi, qui se trouve au Nord et dont tout le monde parle. Vous voyez de quoi je parle ?

-Celui dont émane l’énergie, ou je ne sais quoi de magique?

-Tout a fait. Je ne me suis pas trop informé sur cet évènement qui me dépasse, mais je tiens à ce que vous sachiez vers quoi vous avancerez. Je vous tiendrais au courant lorsque l'expédition se préparera. Quant a votre ami, je verrais son cas aussi. Mais pour l'instant, blessé comme il est, il ne me sert a rien... Rompez, Théodren."

Théodren se leva et quitta la caserne, puis sortit un vieux parchemin d'une petite bourse accrochée à sa ceinture. C'était la liste des survivants.

ANNEXE

 

Un petit mot pour préciser les survivants que Théodren a retrouvé : 

-Aïlina qui a survécu à ses blessures, est devenue prêtresse du temple ou elle a étée soignée.

-Philitus qui est toujours soigné dans ce même temple.

-Artor de feu, leur maitre d'armes, a survécu lui aussi.

-Armeno héberge la famille de Théodren ainsi que Philitus et Aïlina. Il a du faire aggrandir la maison.

-Maëline, l'amie de Théodren et de Philitus, est elle aussi encore en vie. Elle a fuit trés tot vers le royaume écarlate, ou elle s'est fait embaucher en tant que soldat.

-Iliar a envoyé une magnifique dague à Théodren.

-Connétan Le Second veut voir Théodren pour une mission spéciale. Théodren hésite a revenir à Eselphys pour le voir.

-Willam est vivant aussi, et a gardé contact avec Philitus.

 

Hectron, l'apprenti trés costaud est mort en défendant son village natal, Lobon.

 

Pour commencer l'annexe, quelques anecdotes sur la vie de Théodren :

 

-An 197 : Randolphe, le père de Théodren, est de retour chez lui après son long devoir de soldat. Il quitte l'armée et achète une grande ferme dans le village de Mentios.

-An 200 : Naissance de Théodren dans le village de Mentios.

-An 204 : Théodren commence à travailler aux champs avec son père. Chaque semaine, son père lui invente une histoire fantastique mettant en scène des héros contre des armées immenses ou des monstres terribles.

-An 206 : Randolphe, le père de Théodren, remarque ce dernier se battre contre un ennemi imaginaire dans les champs au lieu de travailler. Très vite, Théodren se bat avec ses amis.

-An 207 : Théodren taille du bois pour lui donner une forme d'épée.

-An 208 : Naissance de son petit frère et d'une sœur. Théodren construit des épées de plus en plus perfectionnées.

-An 210 : Naissance de sa dernière petite sœur.

-An 211 : Théodren joue avec son petit frère à la guerre, qui semble être aussi passionné que Théodren au combat.

-An 212 : Balbuzar le forgeron du village recrute Théodren. Il se révèle assez doué dans la forge. Il est remplacé aux champs par son petit frère. Théodren prie son père de lui payer une formation de soldat, mais son père refuse. Théodren insiste en lui désignant son inutilité auprès de lui.

-An 213 : Balbuzar ferme sa forge et la vend au père de Théodren. Randolphe espère ainsi obliger Théodren à rester. Ce dernier passe ses jours et ses nuits à forger, et Randolphe pense avoir réussi.

-An 214 : Théodren a réussi à se faire assez d'argent pour se payer une formation seul. Randolphe comprend qu'il n'y a rien à faire, et que Théodren deviendra un soldat quoi qu'il arrive. Il décide alors de payer une formation militaire pour l'anniversaire des 14 ans de Théodren.

 

Les années sont basées sur le calendrier humain le plus répandu : le calendrier de Médivh. Le roi Médivh est un digne descendant de Barback. Il décida de créer quelque chose qui permette de se repérer dans le temps, et passa des années à observer le ciel et les saisons. Des écrits parlaient déjà de calendriers elfiques et inspiré par ces écrits Médivh fonda son propre calendrier.

 

Le calendrier elfique en était alors à sa 2673e année, et celui des nains à son 7532e événement (les nains changent de dater à chaque événement notable)

 

 

Maintenant, je dois vous raconter l'histoire du monde de Marivelnia, car vous avez remarqué la présence d'êtres fantastiques, qu'il faut bien expliquer ! Mais comment se repérer dans le temps? Il faut se baser sur le calendrier elfique, qui est le plus ancien.

 

-Environ 25 milliards d'années avant l'an 0 : 10 dieux apparaissent dans le néant. Ils se baladent au hasard, sans but ni pensée. Cinq d'un sexe, cinq d'un autre.

-Environ 24 milliards d'années avant l'an 0 : deux des dieux se rencontrent et marchent côte à cote. Un troisième les rejoint plus tard. Quelques centaines de milliers d'années plus tard, un des trois découvre quelque chose en lui : la magie. C'est en fait une partie de lui qui s'envole dans le néant et crée des amas, des étoiles, puis des galaxies... Cela fait rigoler le trio qui ressent sa première émotion. Leur esprit s'ouvre. Les deux autres ne tardent pas à découvrir la magie. Ils parcourent le néant en créant des planètes qui les émerveillent.

Un jour, ils décident d'unir leur pouvoir pour faire une planète géante. Une énorme explosion d'énergie parcourt une immensité inconcevable, attirant les sept autres dieux, appelé par notre civilisation « le Big Bang ». Les 10 dieux vont alors se retrouver, puis faire des enfants. Une civilisation « déïque apparait » Je ne vous en dirait pas plus pour l'instant.

-Environ 5 milliards d'années avant l'an 0 : Le dieu Kénerion, ayant atteint la majorité déïque, reçoit la permission de créer sa propre planète. Son frère Soleil a une idée de génie et à eux deux ils forment le Soleil et la planète Kénerion, la planète vivante.

En effet, Soleil a étudié les eaux et a découvert la présence de différentes formes d'eau selon leur situation. Sa préférée est l'eau liquide. Il demanda donc à Kénerion de placer sa planète pas trop loin de son étoile.

-Environ 4 milliards d'années avant l'an 0 : Kénerion a enfin constitué sa planète. Malheureusement, elle se recouvre de glace et non d'eau. Sans attendre la permission des autres dieux, soleil envoie une pluie de météores sur Kénerion pour déplacer la planète vers le Soleil. La planète s'en sort presque indemne : un bloc important la constituant s'envole un peu plus loin. Kénerion la lègue à son petit frère Lune.

-Environ 2 milliards d'années avant l'an 0 : Soleil et Kénérion, après avoir remarqué l'aspect étrange de la planète, découvrent des êtres mouvant. La planète devient très vite un sujet de débat et d'étonnement.

Le dieu Satan souhaite sa destruction, par peur, et la majorité des dix dieux originels sont d'accords avec lui. Kénerion l'enferme alors au cœur de la terre de Kénerion, ou personne ne le trouvera jamais. Des volcans apparaissent alors à la surface : Satan fait brûler le cœur de la planète, qui perd une grande partie de sa surface maritime.

-Environ 1 milliard d'années avant l'an 0 : Kénerion, émerveillé par les êtres de sa planète, se reproduit avec deux d'entre elles. Cela donne naissance aux Titans, ancêtres des humains, et aux elfes. Les Dieux s'intéressent de prés à cette planète incroyable et Kénerion accepte leur observation, voire participation à la vie de la planète. 4 Dieux puissants prirent possessions des éléments principaux qui composèrent la planète : le feu, l'air, la terre et l'eau, et surveillent leur équilibre au sein du monde. Kénérion créé ainsi une nouvelle société avec des Dieux mineurs, dont la plupart se présentèrent plus tard aux hommes pour être vénérés. Les dieux aussi ont des défauts.

 

Les Titans, trouvant insuffisant l'air et la nourriture en hauteur, devinrent plus petits de générations en générations. Certains Titans purent ainsi vivre dans des cavernes, trouvant leur nourriture dans les champignons et ils s'adaptèrent aux mondes souterrains : cela aboutit à la race des nains.

 

Quant aux elfes, d'abords êtres sauvages des bois, ils apprirent rapidement à utiliser des outils et à former une civilisation dans la forêt, très liée à la nature.

 

-An -200 000 : Les Nains se séparèrent très vite. Certains revinrent à la surface et devinrent une race prônant les inventions et l'artisanat. D'autres partirent dans les hauteurs des montagnes et leur peau bleuirent sous le froid. Brenn est lui même un de ces nains. D'autres encore se sont encore plus enfoncés dans les profondeurs de Kénerion. Ils devinrent les Sombrenains à la peau noire. Sans le vouloir, ils creusèrent tant qu'ils libérèrent Satan. Ce dernier décida de se venger. Il emporta une partie des Sombrenains, habitués à la chaleur et au manque d'oxygène, et il les emmena sur sa planète brûlante pour en faire des guerriers. Ils devinrent des orcs.

 

-An -100 000 : Les elfes découvrent leur héritage magique, provenant de leur ancêtre Kénerion. Les Titans sont désormais appelés « hommes » dans le langage elfique récemment créé.

-An -50 000 : Les hommes découvrent l'utilisation des outils.

-An -25 000 : Les hommes sont besoin de beaucoup plus d'espace. C'est une race qui vit de façon extrêmement brève et qui se reproduit très vite, comme les animaux. Les elfes sont obligés de développer leur art de la guerre pour se protéger. Leur société se divise alors en morceaux : les elfes pacifistes qui refusent de faire la guerre s'enfuient durant la nuit de la paix. On les appelle désormais les elfes nocturnes pour rendre hommage à cet événement. Ces elfes se réfugièrent au Nord Est de Marivelnia et devinrent très doué dans le voyage maritime.

-An -20 000 : Les elfes se divisent encore devant la progression des hommes qui deviennent de plus en plus nombreux et habiles. Les elfes décident de ne garder que les elfes forts pour se reproduire et ainsi créer une population forte. Les plus faibles sont nommés les Déshérités. Ils sont lâchés dans les forêts les plus sombres. Une majorité de ces elfes ont décidé de se venger. Ils deviennent les elfes noirs.

-An -10 000 : Les hommes rencontrent certains Dieux et leur vouent un culte.

-An -5000 : Les elfes tentent de créer une ville pour rassembler les elfes. Cela fonctionne bien au départ, mais les elfes sont toujours divisés et quelques conflits persistent. Cette cité devint la capitale de tous les elfes et un lieu de paix. Aucune arme n'y est autorisée. Cette règles est compensée par des constructions en hauteur difficilement atteignables par les hommes.

-An -2000 : De grands cataclysmes ébranlement Kénérion : Satan a dangereusement abimé la planète de l'intérieur et les dégâts se sont amplifiés avec le temps.

 

 

Passons désormais au calendrier. Nous faisons un saut dans le temps, car les hommes restent des hommes assez sauvages. Et la situation entre les Elfes et les Hommes se stabilise.

 

-An -625 : Naissance de Barback l'Explorateur (nom elfique, car les hommes ne parlent encore que par grognements) , originaire de la civilisation humaine, fils du seigneur d'un clan.

-An -612 : Barback connait très tôt un amour démesuré pour la savoir et l'exploration. Il passe ses journées à dessiner sur le sol. Il a 13 ans quand son père meurt et qu'il devient le chef du clan. Il fait voyager son clan à travers le Marivelnia.

-An -600 : Barback découvre un village d'elfes nocturnes. Une grande partie des elfes s'enfuient dans les arbres mais plusieurs elfes assez âgés voient en lui une grande paix. Barback laisse ses hommes en arrière pour ne pas inquiéter les elfes. C'est ainsi que commença le long apprentissage pour son clan de la civilisation. Les elfes nocturnes prirent un grand plaisir à enseigner la civilisation et à tisser des liens avec cette race, un peu comme un jeu. Quand les elfes originaux ( que nous appellerons désormais Elfes sylvains pour les différencier) apprirent ce lien, ils attaquèrent les Elfes Nocturnes, qui furent si en colère qu'ils décidèrent cette fois d'apprendre l'art de la guerre...

-An -573 : Barback revient vers le centre de Marivelnia et entreprend la construction d'une nouvelle civilisation.

-An -570 : Barback meurt. Son fils Dondur continue le travail de son père sans vraiment comprendre, inventant un langage et construisant des forteresses.

-An -534 : Dondur nomme le royaume « Ecarlate », en raison des murs des maisons en argile rouge..

-An -520 : Des hommes partent de nouveau voir les Elfes nocturnes.

-An -500 : Ces hommes sont de retour et décident d'instaurer un nouveau système politique ou en plus d'un seigneur il y a des conseillers pour l'aider. Dondur accepte sur son lit de mort.

-An -499 : Les inventions humaines sont nombreuses. La nouvelle civilisation s'est énormément étendue et un nouveau royaume apparaît : le royaume d'Eselphys.

-An -477 : Construction de Brisevent, qui devient très vite la capitale d'Eselphys en raison de la forte source qui la traverse et sa position protectrice au sommet d'une montagne à falaise.

-An -456 : Une nouvelle vague de cataclysmes secoue Kénérion. Les elfes nocturnes se retrouvent sur une ile séparée du reste de Marivelnia, non loin des côtes heureusement, une grande partie des montagnes naines dérivent désormais vers le Nord, un grand nombre d'autres territoires moins importants sont séparés de Marivelnia et forment de grands archipels le Nord de Marivelnia, surtout désertique, est divisé par quatre fleuves immenses. Ainsi, les hommes découvrent la navigation.

 

Je saute toutes les inventions qui profusèrent à cette période de l'humanité, comme les canaux, les moulins, les tours,... Toutefois une invention est extrêmement importante :

 

-An -400 : Découverte du fer. Heureusement, les hommes sont trop occupés dans leurs inventions pour faire la guerre, même si grand nombre d'armes et armures sont expérimentées.

-An 0 : Medivh, ancêtre de Barback, invente un calendrier. Satan créé un portail magique téléporteur absolument incroyable qui permet de se téléporter d'une planète à l'autre. Il compte l'utiliser pour envoyer ses armés orques sur Kénérion et montrer que lui aussi il peut créer des choses incroyables, et plus fortes, et bien sûr surtout pour se venger de son emprisonnement.

Il décide d'attendre un peu de voir l'évolution des hommes pour adapter les techniques de ses guerriers.

-An 198 : Le père de Lania meurt exécuté par le roi Namian le Loup, roi d'Eselphys, pour avoir tenté de corrompre sa population. Lania décide de venger son père et réunit ses frères et sœurs pour renverser le roi.

-An 213? : le village de … est incendié par des brigands. Aïlina rejoint ces brigands par peur tandis que son frère Philitus veut venger ses parents morts dans l'incendie en devenant soldat.

 

 

Maintenant, je dois vous décrire à quoi ont abouti toutes les inventions.

Tout d'abord, dans le domaine de la guerre :

 

-Armures : La plupart sont des peaux tannées, découpées et liées avec de la corde pour faire des tuniques. Les plus riches et les soldats plantent des lames de métal sur ces tuniques avec des clous, et ajoutent des plaques de métal un peu partout accrochés avec de grosses lanières en cuir durci.

 

-Casques : Les casques sont assez simples et forgés grâce à un moule grossier. On rajoute parfois des cornes que l'on attache en faisant couler un rajout de métal sur le casque.

 

-Armes : Les armes sont extrêmement diverses et étudiées chez les humains. Chez les nains, on utilise des haches ou des masses les plus lourdes possibles. Chez les elfes, des arcs ou des dagues très raffinés. Les hommes utilisent n'importe quel objet avec du métal pour s'en servir d'une arme : on voit des tridents, des ceinturons à piques, des fléaux, des masses, des tridents rotatifs, des arcs, des lances... Les épées sont très utilisées mais les hommes ont du mal à les faire longues et solides, on utilise surtout de courts glaives larges et lourds.

 

-Armes de siège : Les humains sont bien les seuls à construire des remparts de pierre. Ce sont aussi les seuls à utiliser des machines pour les abattre. Les elfes utilisent des grappins et les Nains creusent de tunnels. Chez les humains, on voit des échelles et des béliers, parfois en métal et enflammés. La révolution du siège se fit durant la révolution d'Eselphys avec l'invention de la catapulte, de la baliste et de la poudre par les rebelles qui étaient confrontés à des défenses énormes.

 


Maintenant, au niveau de la vie de tous les jours :

 

-Constructions : Les constructions ne sont pas très évoluées, puisque les hommes utilisent toujours du bois, de la pierre ou de l'argile sans faire de sélection des meilleurs matériaux. Toutefois l'homme a appris à faire des constructions rapides et efficaces, peu en hauteurs, et avec dans certaines villes une taille très perfectionnée des pierres. Les toits sont plats et souvent très rudimentaires, laissant passer la pluie. Les ponts levis sont tels qu'on peut en voir au moyen âge, les portes à battants n'existent pas encore en Kénerion et on utilise des petits ponts levis pour les maisons. De même, le verre n'existe pas, et la nuit il arrive qu'il fasse très froid. C'est une des raisons pour lesquelles ces humains sont bien plus robustes que nous. Une autre raison est la présence de nombreux monstres sauvages. Les elfes eux n'utilisent que du bois solide et des feuillages qu'ils renouvellent sans cesse. Les Nains se contentent de creuser des galeries et de meubler leurs habitats par de simples pierres et cheminées.

 

-Machines : Les puits n'existent pas encore, et on construit des canaux dans les villages pour retenir l'eau. En cas de sécheresse, les cultures humaines et le niveau de vie deviennent catastrophiques, comme dans le royaume de l'Ouest qui est devenu un grand désert à cause des nombreux fleuves déviés par le royaume d'Eselphys. Les machines agricoles n'existent pas, on utilise encore des faux et des râteaux pour s'occuper des champs. La forge est assez développée pour répondre aux besoins de la guerre et chaque forgeron utilise une multitude de moules. On utilise des montes charges pour les constructions plus en hauteur et les systèmes de construction sont assez nombreux.

 

 

Il me faut aussi expliquer la magie : la magie est une simple manipulation moléculaire faite par le mage et par le biais d'un cristal très spécial appelé « orbe ». Il faut toucher un objet pour pouvoir manipuler un élément, sauf si on apprend la magie du mouvement. Il n'y a pas de mage nain, car aucun ne comprend cette pratique. Pour eux, la magie correspond au travail de la forge avec la transformation d'éléments ou leur fonte.

 

-Terre : On peut déplacer la terre et le roc si on sait sentir sa composition. Tout ça n'est qu'un jeu de l'esprit.

 

-Feu : Le feu est très dur à contrôler car dangereux. Si on utilise de l'air en même temps, on peut obtenir une sorte de souffle brûlant, voire une explosion.

 

-Eau : L'eau, un élément peu martial, mais pratique pour la survie. On peut extirper chaque molécule d'eau de n'importe quelle matière.

 

-Air : très facile à manipuler, il suffit de faire bouger les molécules ambiantes pour obtenir un souffle. Si on manipule l'air avec puissance, on peut créer une onde sur le sol, ou une vague de terre.

 

-Glace : Si on utilise de l'air et de l'eau en même temps, on peut former de la glace.

 

-Foudre : Si on utilise les quatre éléments ci-dessus (nécessitant un pouvoir très grand), on obtient de l'électricité. Nictolion dispose d'un pouvoir assez grand pour faire envoyer de l'électricité à distance, comme sur ses golems (un courant électrique part de lui jusqu'à ses golems, mais les héros ne l'ont pas remarqué). Il est aussi le seul mage à savoir contrôler le sable, étant le seul à avoir cherché à le contrôler pour l'instant.

 

-Nature : On peut utiliser la nature en communiant avec leurs éléments. On peut ainsi faire bouger les plantes, les fortifier, les tuer... Les anciens chamans elfiques utilisaient uniquement cette magie, toujours utilisée par les elfes. Seul le maitre chaman apprenait aussi la magie du feu, de l'eau, de l'air et de la terre.

 

-Mouvement : Permet de déplacer des molécules de loin, nécessitant plus d'énergie. N'est pas nécessaire pour la magie de l'illusion.

 

-Illusion : C'est le pouvoir qu'utilise Lania pour faire une copie des enveloppes des corps. Il permet de faire apparaître des images grâce à la pensée, que l'orbe restitue de façon matérielle.

 

-Reconstitution : Le pouvoir de constituer un corps. Il faut en connaître sa composition complète et avoir une concentration extrême. Ce n'est pas ce pouvoir qu'utilise Lania pour apparaître plusieurs fois.

 

-Hypnose : Ce n'est pas vraiment une magie, mais une technique de regard. On peut utiliser la magie pour plus d'effets. On peut aussi aspirer des éléments d'un corps pour l'affaiblir ou se régénérer.

 

Maintenant, vous pouvez comprendre tous les points d'ombre du roman. Il reste juste quelque chose que vous ne connaissez pas : les noms des Dieux, et les coutumes de chaque race. Dans cette annexe je ne raconterai que celles des humains, car ce sont les seules que Théodren connaisse.

 

-Saphros est le dieu qui s'occupe de l'élément du feu. Les Hommes et les Nains le considèrent comme le dieu de la forge et des armes.

-Isenldar est le frère de Saphros, le dieu des minerais, véritable patron de la métallurgie.

-Glorion est le dieu de l'honneur. Il ne s'occupe de rien, il se contente d'observer le comportement des êtres pour son plaisir. C'est le dieu lié à Eselphys.

-Nascritur est le dieu qui a inventé l'écriture chez les Dieux. Kénérion a décidé d'enseigner aux Elfes le même écrit. Seuls les Elfes le vénèrent en tant que Dieu de la civilisation.

-Kenerion est le surnom donné par les Elfes pour nommer le créateur de la planète du même nom.

-Soleil est le frère de Kenerion, doué d'une énergie trés puissante.

-Mar est le dieu des océans, un grand ami d'Egëa, qui s'amuse à tourmenter l'eau.

-Egëa est le dieu de l'eau. Il est aussi considéré par les Hommes et les Elfes comme le dieu de la vie.

-Soue est le dieu de l'air. Les Hommes le vénèrent en tant que dieu du vent.

-Terra est le dieu de la terre et des roches. Il essaye d'empêcher l'agrandissement des dégâts causés par Satan.

-Fulgar est le dieu de la foudre. Il n'est vénéré que par une secte d'humains peu recommandables. Ce dieu s'amuse, avec la permission de Kénérion, à faire peur aux Hommes, pour observer leurs réactions et l'évolution de leur sagesse.

-Fend est le dieu des glaces et de la neige. Il contrôle le froid sur Kénerion.

-Craor est le dieu de la débauche et du plaisir, qui en réalité ne fait qu'observer l'humanité comme tant d'autres dieux. Il est vénéré par les bandits et les voleurs, ou toutes sortes de canailles qui pensent que la vie ne devrait pas connaître tant de lois.

-Fornatus est le dieu de la chance. En vérité, il s'est beaucoup présenté sur kénerion et a influé dans un certain nombre d'évènements auprés des elfes, qui le considèrent comme un bienfaiteur.

-Tamaris est un arbre géant vénéré par les Elfes comme le dieu de la nature. Cet arbre est en vérité une création du dieu Lune.

-Satan est le dieu ennemi des des autres dieux, a la mentalité instable, rongé par la jalousie. Il voudrait que les dieux entreprennent des projets magnifiques au lieu d'essayer de stabiliser leur société.

 

 

Les hommes construisent des temples sans toits pourvus de grandes colonnes très travaillées. Le centre est constitué d'un niveau supérieur accessible par des escaliers de chaque cotés. Les prières diffèrent selon le dieu, ainsi que les décorations. Par exemple, les hommes éclairent de bougies et de bûchers un temple consacré à Saphros. Les hommes vont prier dés qu'ils se sentent mal ou qu'ils ont des problèmes. Ils sont ensuite pris en charge par un prêtre, formés pour apaiser l'esprit. Théodren refuse d'être soumis à cette perte de temps. les seules fois ou il est allé voir un prêtre, il a trouvé son discours abstrait. Il a ses propres techniques d'apaisement. La société humaine n'oblige pas d'être croyant, même si les dieux sont bien réels ! Certains hommes considèrent juste que les Dieux ne s'occupent pas des hommes, et ont déjà assez de soucis dans leur propre monde.

Quand on construit une ville, dont le territoire est préalablement acheté par un homme riche qui devient alors seigneur, le premier bâtiment créé est le domaine du seigneur. Le deuxième est le temple du dieu choisit par le seigneur. Le seigneur a toujours assez d'hommes en raison du grand nombre de paysans errants. Les constructions humaines sont extrêmement rapides mais souvent celles-ci s'écroulent. Les Hommes ont ainsi peur de construire en hauteur et préfèrent s'étaler sur de vastes espaces, au contraire des Nains. Ils sont alors obligés de raser des forêts entières, ou se trouvent souvent des Elfes. C'est pour cela que de nombreux territoires humains sont attaqués par des Elfes.

Pour se protéger des nombreuses créatures sauvages, les hommes construisent alors en vitesse une palissade de bois. Les paysans ont alors le loisir de construire leur maison. Souvent ceux-ci sont peu doués en construction, et certains se contentent de monter des tentes en peau.

Les hommes en difficulté financière deviennent généralement des "rôdeurs" qui chassent pour se nourrir. Généralement il y assez d'hommes pour assumer chaque travail nécessaire dans une ville. Sinon on va en chercher dans les domaines des seigneurs voisins, qui acceptent généralement d'aider les les nouveaux venus.

Les hommes suivent les règles de leur seigneur, qui sont généralement peu nombreuses, et se limitent aux services à rendre et à la justice. Les soldats sont nombreux, la plupart étant des pauvres sans travail qui décident de rejoindre la milice seigneuriale.